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vendredi, 11 mai 2012 15:18

L'Islam chiite (86)

 
Grâce au Nom de Dieu le Tout-Miséricordieux et Très-Miséricordieux, chers auditeurs, à l’occasion de l’exposé des visions opposées sunnites et shiites sur les Prophètes et leur Sceau, nous avons vu qu’elles découlent d’une divergence théologique fondamentale. Pour les sunnites, la Toute-puissance divine implique que Dieu agisse selon un bon vouloir qu’aucune contrainte ne saurait déterminer, tandis que pour les shiites, la justice de Dieu détermine Ses choix qui ne sauraient être arbitraires.

 

Une telle détermination n’est cependant en rien une contrainte, car elle découle au contraire d’une liberté si totale qu’absolument rien ne saurait détourner le choix divin de ce que Son omniscience détermine comme juste et bon. Car la liberté ne consiste en réalité pas à pouvoir tout aussi bien faire ou ne pas faire une chose par un pur acte de volition sans cause ni raison, mais au contraire à la faire s’il y a une bonne raison de la faire et à ne pas la faire s’il n’y en a pas ou s’il y a au contraire une bonne raison de ne pas la faire.

Or, il n’est de meilleure raison que la connaissance du meilleur choix, laquelle est précisément impliquée par l’Omniscience divine, et rien ne peut détourner Dieu de ce choix déterminé par Sa connaissance, tout simplement parce rien en Lui ni hors de Lui ne saurait l’écarter du bien. Un être qui peut se détourner d’un choix qu’il a consciemmentdéterminé comme le meilleur n’est en réalité pas libre, mais au contraire assujetti à des forces capables de le faire agir contrairement à son choix conscient,qu’il s’agisse de ses propres désirs et passions intérieurs ou de personnes et circonstances extérieures.

 

Par ailleurs, on peut encore dire que la conception sunnite d’un « libre choix » consistant en un pur acte de volition totalement dépourvu de cause ou de raison le déterminant est en réalité une pure impossibilité, c’est-à-dire, comme on l’a vu, quelque chose qui n’est rien d’autre qu’une « conception irréalisable ». En effet, il n’est aucun acte de volonté qui ne résulte de rien, car de rien il ne résulte jamais rien, et un choix étant quelque chose, il résulte nécessairement d’autre chose que lui-même, donc d’une cause ou raison qui entraîne son existence.

Si quelqu’un objectait qu’un choix pourrait tout simplement résulter d’un libre choix, il tomberait en fait dans une régression à l’infini, car ce libre choix devrait à son tour résulter d’un autre libre choix et ainsi de suite sans jamais aboutir à rien qui puisse entraîner la réalisation de cet enchaînement de choix. Et si l’objecteur faisait du libre choix une réalité autosuffisante, n’ayant besoin de rien d’autre que lui-même pour exister, soit cela voudrait dire que tous les libre choix sont des réalités éternelles, ce qui est absurde, soit ce serait appliquer à une même réalité deux sens du mot choix, à savoir « ce qui est choisi » et « le fait de choisir », autrement dit confondre le choix choisi et le choix choisissant, alors que rien ne peut être à la fois et sous le même rapport agent et patient, choisissant et choisi.

 

Il faut donc bien, pour qu’il y ait acte de choix, autrement dit pour passer de l’état de non-choix à celui de choix, qu’une cause ou raison entraîne cet acte et ce passage, faute de quoi rien ne quitterait jamais l’état de non-choix. En l’absence totale de raison entraînant un choix plutôt qu’un autre, en effet, qu’il s’agisse d’opter entre deux actes ou de décider d’agir plutôt que ne pas agir, on ne pourrait jamais se décider pour l’un où l’autre et l’on resterait indécis et inactif.

A telle enseigne que, lorsqu’il est impossible de se résigner à l’indécision et à l’inactivité, comme en cas d’hésitation totale entre deux chemins, puisque ne pas en choisir un reviendrait à rester sur place, on recourt pour entraîner la décision à des considérations d’« usage », comme de préférer la droite à la gauche par exemple, voire à des procédures aléatoires de type quasi-divinatoire comme le tirage à pile ou face.

Tout choix, aussi irraisonné, capricieux ou hasardeux soit-il en apparence, résulte doncnécessairement d’une cause ou raison, fut-elle inconsciente, futile ou aléatoire, et un choix purement arbitraire n’est qu’une impossibilité sans la moindre réalité. Dès lors qu’il n’est point de choix sans cause ni raison, il n’y a que des plus ou moins bonnes ou mauvaises raisons de choisir.

Quelle bonne raison pourrait alors avoir un Sage omniscient pour choisir d’agir en contradiction avec Sa connaissance et Sa sagesse, l’Omniscience impliquant qu’il ait connaissance de tout ce qui est possible et de tout ce qui ne l’est pas et la Sagesse consistant dans le choix du meilleur possible, qui est ipso facto le meilleur choix possible. L’injustice ne sachant jamais valoir mieux que la justice, son choix ne saurait jamais prévaloir sur celui de la justice. Et si la réponse adéquate à une injustice paraît parfois en être une autre, ce n’est qu’en apparence, car cette apparente injustice seconde fait partie d’une justice plus totale.

 

 

 

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