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vendredi, 11 mai 2012 15:15

L'Islam chiite (81)

L'Islam chiite (81)
Grâce au Nom de Dieu le Tout-Miséricordieux et Très-Miséricordieux, chers auditeurs, dans notre dernière émission, nous avons vu que la question fondamentale sur laquelle divergent les diverses conceptions islamiques de la Prophétie est la notion de ‘isma des Prophètes, leur infaillibilité et impeccabilité : sont-ils prémunis contre l’erreur et la faute ou sont-ils au contraire, comme tous les humains, susceptibles de se tromper et de fauter ?

Les sunnites se contentent généralement d’une garantie minimale, le Prophète n’étant considéré préservé de l’erreur et de la faute que dans la transmission du message divin. Un Prophète peut donc pour eux commettre erreurs et fautes avant sa mission, voire aussi après, pour qu’il ne soit pas porté atteinte à l’intégrité du message.

Pour les shiites, il serait tout à fait déraisonnable d’admettre sans restriction les propos et de suivre sans réticence les directives d’un être qui s’est avéré faillible. L’idée d’un Dieu sans sagesse ni justice leur étant rationnellement inadmissible, il leur paraît a fortiori irrationnel que Dieu ait doté l’homme de raison pour discriminer le vrai du faux et le bien du mal, puis qu’Il lui demande d’agir en contradiction avec sa raison, récompensant qui le ferait et punissant ceux qui seraient fidèles à leur guide primordial.

 

De l’écart entre ces deux positions de principe découlent naturellement deux visions fort différentes de la personne et de la vie du Prophète Mohammad, Dieu le bénisse lui et les siens, des autres Prophètes évoqués par le Coran et la Tradition, et plus encore des Imams de la famille prophétique, la Paix soit avec eux, puisque les sunnites refusent le ministère divin que leur reconnaissent les shiites.

Pour ce qui est du Prophète lui-même, Dieu le bénisse lui et les siens, la différence des regards portés sur lui est parfois si flagrante que l’on pourrait se demander s’il est bien question d’une seule et même personne. Il existe certes aussi des variantes tant parmi les visions sunnites que parmi les shiites, certaines se rapprochant plus ou moins tandis que d’autres sont radicalement opposées.

Ainsi, chez les sunnites dits « salafistes » ou « wahhabites », le Prophète paraît dépourvu de toute spiritualité et transcendance. Il n’est en tout et pour tout qu’un homme chargé de transmettre un message : seuls comptent ce message et son Auteur, le messager qui l’apporta n’étant rien de plus qu’un facteur apportant une lettre, sa seule utilité étant d’apporter la missive. Sa mission s’étant achevée avec sa mort, Mohammad n’est plus d’aucune utilité pour quiconque, puisqu’il ne reste de lui comme de tout homme que des ossements en attente d’être ressuscités.

 

Quant à sa vie, la version qu’ils en donnent est parsemée de fautes et d’erreurs, tant avant que pendant sa mission prophétique, à l’image de celles que l’Ancien Testament n’hésite pas à attribuer à des personnalités que l’islam compte au nombre des Prophètes, voire des plus grands Messagers divins. La Bible connaît un Noé ivre mort au point de laisser voir ses parties génitales et un Loth saoulé par ses filles pour s’unir avec lui. Sans aller jusque-là, la plupart des sunnites admettent la vision biblique d’un David séduisant et engrossant la femme d’un de ses chefs d’armée intentionnellement envoyé se faire tuer au front !

Quant au prophète Mohammad, Dieu le bénisse lui et les siens, le leur aurait entre autres saoulé le père de Khadidja avant de la lui demander en mariage, pour être sûr de ne pas se la voir refuser, tout comme il se serait fâché contre un mendiant aveugle venu l’importuner quand il était occupé à prêcher du beau monde de l’aristocratie mecquoise ! Leur modèle de prédilection, le Calife ‘Omar, n’hésita d’ailleurs pas, lorsque le Prophète mourant demanda qu’on apporte de quoi écrire pour dicter ses dernières volontés, à s’interposer en disant que la maladie le faisait délirer !

Selon eux, c’est d’ailleurs le Coran lui-même qui évoquerait les « péchés » et « repentirs » des Prophètes les plus vénérés, d’Adam à Mohammad en passant par David et Salomon, leur attribuant des fautes allant pour Abraham jusqu’au culte des astres !

 

Comme on le verra plus en détail dans nos prochaines émissions, les shiites rejettent radicalement pareille vision des Prophètes et Messagers divins, réfutent catégoriquement les faits qui leur sont aussi injustement et déraisonnablement attribués et comprennent tout autrement les passages concernés du Coran.

Parmi les sunnites, les adeptes du soufisme se rapprochent le plus d’eux, reconnaissant aux Prophètes en général et à Mohammad en particulier, Dieu les bénisse tous, une spiritualité précédant la mission terrestre qui en fut le couronnement et une transcendance à jamais vivante au-delà des limites de leur condition humaine. Toutefois, ils n’en admettent souvent pas moins avec une certaine inconséquence bien des médisances que l’on vient d’évoquer, en tentant cependant de leur trouver quelque justification.

Pour finir par un exemple de récit prétendument édifiant, mais particulièrement inepte aux yeux des shiites, les sunnites rapportent à qui mieux mieux, sans jamais trouver à redire, que le Prophète, Dieu le bénisse lui et les siens, aurait recommandé aux Médinois de renoncer à la pollinisation manuelle des palmiers, ce qu’ils auraient bien entendu fait sans discuter le moins du monde. Dépités par une récolte de dattes des plus maigres, ils en auraient demandé la raison au Prophète, qui aurait alors reconnu que pour les affaires de ce monde, ils étaient plus experts que lui.

Je vous laisse jusqu’à notre prochaine émission méditer les profondeurs cachées de ce récit, puis je soulèverai le voile sur l’immensité qu’elle révèle du gouffre séparant les visions sunnite et shiite du Prophète et de ses « Compagnons ».

 

 

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