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vendredi, 11 mai 2012 15:13

L'Islam chiite (79)

 
Grâce au Nom de Dieu le Tout-Miséricordieux et Très-Miséricordieux, chers auditeurs, cela fait maintenant deux vendredis que notre émission hebdomadaire consacrée à la présentation de l’islam shiiteavait laissé la place à une émission sur le symbolisme du Hadj. Avant cette interruption, nous allions aborder certaines différencesréelles et importantes entre les conceptions imamites et sunnites de la Révélation, de la Prophétie et de la biographie du Sceau des Prophètes, Mohammad, Dieu le bénisse lui et les siens.

 

Nous avions commencé par préciser que, contrairement à ce qu’évoque spontanément le mot « prophétie »en français, l’idée de « prédiction d’événements à venir » n’est impliquée par aucun des termes coraniques qui sont à l’origine de la vision islamique de la « Prophétie », en particulier :

• Le mot nabî, traduit par « Prophète », qui désigne une personne recevant une révélation divine, sans précision quant au contenu de cette information ni nécessité de la communiquer.

• Le participe passé morsal, qui signifie « envoyé » et implique la communication d’informations révélées à un groupe plus ou moins important.

• Enfin, les nomsrasûl, signifiant « messager », et risâla, qui désigne soit le « message » transmis soit la « mission » de le porter.

 

Au-delà des divergences secondaires entre les prophétologies sunnites et shiites, la question fondamentale qui les distingue radicalement est celle de la ‘isma, terme qui implique tout à la fois les deux notions d’infaillibilité théorique et d’impeccabilité pratique.

Brièvement dit, la question qui se pose est de savoir si un Prophète peut être sujet à l’erreur ou à la faute, en particulier par rapport à la Révélation qu’il reçoit et transmet. Si un homme se dit guidé par Dieu et avoir pour mission de guider d’autres humains appelés à le suivre et prendre pour modèle, on a toutes les raisons de se demander ce qui garantit que ce qu’il dit et fait est bien l’expression de la vérité et de la volonté divine ?

Les réponses sunnites à cette question se contentent pour la plupart d’une garantie minimale, à savoir que le messager n’est préservé de l’erreur pour ce qui relève de la transmission du message divin dont il est chargé. Un Prophète peut dès lors fort bien,selon eux,avoir commis des erreurs ou des fautes avant d’avoir reçu sa mission, voire continuer d’en faire durant sa mission, du moment qu’il n’est pas porté atteinte à l’intégrité du message. Certains ont même été jusqu’à admettre que des erreurs aient pu intervenir dans le message sous l’effet d’oublis ou d’inspirations sataniques, l’authenticité de la Révélation ayant par la suite été rétablie par des interventions divines.

 

Le problème principal que pose une telle vision est que l’on en est réduit à un fidéisme aveugle. En effet, le seul et unique argument en faveur de la justesse du message transmis est qu’on le croit tel tout simplement en raison de la confiance qu’on a en celui qui le transmet, laquelle confiance n’est elle-même justifiée par rien d’autre qu’un pur acte de foi, que l’on doit de plus faire quand bien même on constateraitdes erreurs dans les propos ou les actes de cette personne.

Pis encore, pour ne pas porter atteinte à la toute-puissance divine, les théologiens sunnites considèrent que Dieu est entièrement libre de faire transmettre son message par qui Il veut, sans aucune condition préalable que ce soit, et que Dieu suffit comme garant de Sa révélation dès lors qu’Il en a décidé ainsi. Là encore, nous n’avons donc aucun moyen de nous assurer d’un minimum de crédibilité du transmetteur et du message transmis et nous devons nous en remettre à un pur acte de foi.

Pour les shiites, une telle vision est non seulement inacceptable parce qu’en contradiction avec l’attribut divin de justice, préalablement établi par la raison, elle doit aussi être rejetée d’office parce qu’irrationnelle et donc contraire au critère premier dont Dieu a doté l’homme pour chercher la vérité et la distinguer de l’erreur. À leurs yeux, il faudrait être dépourvu de toute raison pour engager sa vie et son devenir posthume sur la base d’une foi aussi dépourvue de raisons.

 

En effet, il serait totalement absurde et injuste de la part d’un Créateursensé être sage et juste de doter l’être humain de raison pour qu’il puisse discriminerle vrai du faux et le juste de l’injuste, puis d’attendre de lui qu’il fasse un choix fondamental et lourd de conséquences en renonçant à sa raison, pour finalement le condamner s’il a préféré s’en tenir à la raison et au choix raisonnable plutôt qu’agir irrationnellement.

Loin de Lui conférer la Toute-puissance, accorder à Dieu le droit d’agir aussi déraisonnablement réduit Sa volonté au niveau du caprice, du jeu ou de toute autre futilité.La Toute-puissance du Sage par excellence consiste certes bien à pouvoir faire tout ce qu’Il veut, mais cela n’équivaut pas à dire qu’Il pourrait faire n’importe quoi, car le Sage ne saurait vouloir en toute chose que le mieux à la mesure des capacités de cette chose.

Il serait aussi carrément contreproductif d’arguer alors que la Sagesse divine peut fort bien avoir des raisons dépassant la raison humaine, car ce serait du même coup ouvrir grand la porte à toutes les déraisonssans jamais plus pouvoir en écarter aucune. N’importe qui pourrait dès lors user de cet argument pour justifier les plus absurdes superstitions sans qu’on n’y puisse rien redire.

 

Il peut effectivement se faire que la raison humaine doive admettrequelque raisonqui la dépasse et s’effacer devant elle, mais pour accepter d’abdiquer ainsi sa faculté de jugement, une saine raison exigera au préalable une bonne raison de le faire. C’est ainsi, par exemple, que la raison accepte d’un médecin des remèdes dont elle ne comprend pas les raisons d’être, parce qu’elle a de bonnes raisons de penser que le médecinles comprend, et elle cesserait d’ailleurs de faire ainsi confiance si elle devait douter de ces raisons.

Pour pouvoir raisonnablement exiger de la raison qu’elle s’incline, il faut donc bien lui fournir d’excellentes raisons de le faire, sauf à manquer de sagesse ou de justice, ce qui ne saurait être le cas de Dieu, car un être aussi peu sage et juste ne mériterait pas la vénération d’un être de raison et n’aurait donc aucun droit à prétendre l’être.

 

Ensuite, il serait injuste de la part de Dieu d’exiger de l’homme un acte contraire à sa raison, puis de le juger coupable d’avoir agi conformément à sa raison plutôt que d’y avoir renoncé au profit de n’importe quel aveuglement.

 

et donc injuste

Retour au Prophète (diff. sunnites / shiites)

‘isma et kholq ‘azîm / oswa hasana

Aussi pour les autres Prophètes : exemples de David, de Lot, de Noé

Fin de la vie du Prophète (Prise de La Mecque, etc.)

Ghadîr Khomm, jaysh Osâma et coup de la Saqîfa

Question de sa mort dans les bras de qui, de son enterrement, de la succession, …

 

‘Alî et Fâtima

(Question famille)

Famille = génétique + éducation

(comparaison aussi avec Jésus, sa famille, ses Apôtres et les autres, dont Paul)

 

Les révélations divines ayant été parachevées par celle reçue et transmise par le Prophète Mohammad, Dieu le bénisse lui et les siens, qualifié dans le Coran de « Sceau des Prophètes », comment est assurée la Guidance après lui ? Pour les musulmans non-shiites, le Coran remplirait ce rôle à lui seul. Pourtant, comme tout texte susceptible de lectures multiples, le Coran est compris de manières contradictoires, chacun y trouvant des arguments confortant sa propre lecture. Pour l’islam shiite, il ne saurait donc être un Argument définitif aussi longtemps qu’un Interprète infaillible ne sera pas garant de sa compréhension.

Ainsi, quelques mois avant sa mort, au retour d’un Pèlerinage à La Mecque qui réunit la plupart des musulmans de l’époque, le Prophète Mohammad, Dieu le bénisse lui et les siens, dernier Prophète suscité pour l’humanité tout entière, désigna comme successeur son cousin et gendre ‘Alî, la Paix soit avec lui, garantissant aux fidèles qu’ils ne s’égareraient point tant qu’ils s’attacheront aux deux trésors indissociables qu’il leur laissait : le Coran et sa proche parenté, les Gens de sa Demeure, parmi lesquels se trouvera toujours l’Argument de Dieu explicitant et accomplissant la Parole divine.

Grâce au Nom de Dieu le Tout-Miséricordieux et Très-Miséricordieux, chers auditeurs, nous avons vu que pour l’islam shiite, une conséquence des fondements rationnels de la religion est que la désignation d’un successeur fait éminemment partie de la mission des Prophètes et des Imams, puisqu’elle est l’unique moyen de préserver la Révélation de toute déviation et qu’il serait aussi peu sage et juste de la livrer à la déviation que de ne pas la révéler du tout.

Ainsi, quelques mois avant sa mort, au retour d’un Pèlerinage à La Mecque qui réunit la plupart des musulmans de l’époque, le Prophète Mohammad, Dieu le bénisse lui et les siens, dernier Prophète suscité pour l’humanité tout entière, désigna comme successeur son cousin et gendre ‘Alî, la Paix soit avec lui, garantissant aux fidèles qu’ils ne s’égareraient point tant qu’ils s’attacheront aux deux trésors indissociables qu’il laissait parmi eux : le Coran et sa proche parenté, les Gens de sa Demeure, parmi lesquels se trouvera toujours l’Argument de Dieu explicitant et accomplissant la Parole divine.

Ne pouvant dès lors plus songer à effacer purement et simplement l’œuvre du Prophète, désormais préservée par un testament attesté par trop de témoins, les dirigeants déchus de l’ordre ancien entendirent à tout le moins prendre le contrôle de la religion et de la société nouvelles en écartant les Gens de la Demeure prophétique et en déguisant cette trahison en fidélité à la Tradition prophétique.

Les « shiites », c’est-à-dire, étymologiquement, les « fidèles partisans » de ‘Alî et des Imams successifs des Gens de la Demeure prophétique, seront désormais une minorité persécutée dont tout l’effort consistera à préserver l’islam authentique des déviations introduites par les ennemis de Mohammad et de sa sainte famille, en attendant l’ultime triomphe annoncé de la vérité sur l’erreur et de la justice sur l’iniquité, l’étendard de l’islam authentique se voyant finalement redressé par le dernier Imam des Gens de la Demeure prophétique, le Mahdî promis par le Prophète lui-même.

 

Jamais cependant, contrairement à ce beaucoup s’imaginent, le Coran ne prit la forme d’un code juridique. Les passages prescriptifs n’y représentent pas plus d’un dixième de ses 6600 et quelques versets, et encore n’y est-il question, pour plus des trois quarts, que de prescriptions proprement cultuelles et religieuses et non de législations sociales, ces dernières se réduisant ainsi en tout et pour tout à environ 2% du Coran, soit moins de 150 versets.

Pourtant, contrairement à ce que beaucoup s’imaginent, le Coran ne prit jamais la forme d’un code juridique : sur 6600 et quelques versets, moins d’un dixième sont des prescriptions, dont plus des trois quarts sont purement cultuelles, ce qui réduit la part de législation sociale à environ 2% du Coran, soit moins de 150 versets.

 

Enfin, nous avons vu que les accusations d’antisémitisme et de génocide imputées au Prophète et à l’islam étaient entièrement infondées et que l’attitude de Mohammad face à la trahison et aux complots des tribus arabes judaïsées de Médine fut exemplaire tant au regard des prescriptions de la Loi juive que des normes de comportement en vigueur à l’époque.

On a ainsi vu que l’accusation de placer ‘Alî au-dessus du Prophète, voire de le diviniser et adorer provenait d’une confusion plus ou moins volontairement entretenue entre divers groupes indistinctement qualifiés de « shiites » malgré tout ce qui les sépare.

On a ainsi vu que l’école shiite duodécimaine, qui représente la quasi-totalité des shiites à travers toute l’histoire et encore plus de nos jours, a sans cesse condamné ceux qui professaient la supériorité d’un Imam sur le Prophète ou la divinisation d’un Imam ou le fait de se croire dispensé des prescriptions de la Révélation au prétexte d’une connaissance ésotérique ou encore, c’était le thème de notre dernière émission, ceux qui se permettent d’insulter les Compagnons, voire les épouses du Prophète, Dieu le bénisse lui et les siens.

Il n’en demeure pas moins, avons-nous alors rappelé, que l’islam shiite considère comme impératif de dénoncer et condamner tout ennemi de Dieu, de Ses prophètes et de Ses proches-amis. Or, pour les musulmans sunnites, toute personne qui a connu le Prophète et l’a suivi de son vivant doit être vénérée comme Compagnon, quelle que fut la durée et la qualité de ce compagnonnage et malgré les antagonismes violents et souvent meurtriers entre ces « Compagnons » après la mort du Prophète. Pour les musulmans shiites, par contre, une telle équivalence dans la vénération est autant inique qu’inconséquente, donc contraire aux deux principes fondamentaux de tout l’islam shiite : l’intelligence et la justice.

 

 

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