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vendredi, 11 mai 2012 15:11

L'Islam chiite (77)

 
Grâce au Nom de Dieu le Tout-Miséricordieux et Très-Miséricordieux, chers auditeurs,pour faire connaissance avec le réceptacle et transmetteur de la Révélation coranique,le Prophète Mohammad, Dieu le bénisse lui et les siens, nous étions partis au cœur de l’Arabie du 6e siècle et y avions suivi les tribulations de la communauté musulmane naissante.Comme bien desaccusations lancées contre l’islam ou le shiisme concernent cette période fondatrice, nous avions ouvert une longue parenthèse pour répondre à certains griefs des plus graves, qui s’avèrent à l’examen ne reposer que sur des préjugés ou desméprises.

 

Il en va ainsi, avons-nous vu, des reproches faits aux shiites de donner aux Imams précellence sur le Prophète,ou même de les diviniser, d’insulter des compagnons et épouses du Prophète, Dieu le bénisse lui et les siens, ou de ne pas avoir le même Coran que les autres musulmans. Toutes ces accusations reposent sur des généralisations et confusionsplus ou moins volontaires qui attribuent à tous les shiites les actes de certains ignorants ou les croyances spécifiques de sectes minoritaires rejetées par la majorité et pour la plupart éphémères et disparues depuis longtemps ou qui font des sources scripturaire du shiisme une interprétation contraire à celles retenues par les savants shiites eux-mêmes.

Il y a cependant de réelles et profondes différences entre les conceptions shiites et sunnites de la Révélation et de la Prophétie et leurs visions respectives de la personnalité et de la biographie du Prophète Mohammad, Dieu le bénisse lui et les siens. C’est maintenant avec leur examen que nous allons poursuivre notre découverte de l’islam shiite, en rappelant à l’occasion que l’on entend ici par ce terme le courant majoritaire du shiisme, qualifié de duodécimain du fait qu’il reconnaît en tout et pour tout douze Imams successeurs du Prophète.

 

On a vu que les musulmans sunnites reprochent souvent à tort aux shiites de placer les Imams au-dessus du Prophète Mohammad, Dieu le bénisse lui et les siens, au point même de tomber dans l’erreur chrétienne d’en faire des hypostases ou des incarnations de Dieu. On a également dit que les shiites duodécimains condamnaient explicitement et radicalement ces deux thèses, à savoir la supériorité des Imams sur le Prophète et leur divinisation en quelque manière que ce soit. Il n’est pas sans intérêt à ce propos de remarquer que cette double condamnation est également faite par les deux autres branches les plus importantes du shiisme, à savoir les ismaéliens et les zaydites. Cela signifie que ceux qui font ce grief au shiisme sont soit totalement ignorant de ce que professent l’immense majorité des musulmans shiites soit qu’ils entretiennent sciemment la confusion à fins de propagande.

Pour exposer clairement ce que professent réellement les musulmans shiites, il va nous falloir distinguer plusieurs questions :

1. Que sont la Prophétie et l’Imamat et quel rapport y a-t-il entre les deux ?

2. Quel rapport y a-t-il, d’une part,entre le Prophète Mohammad et les Imams de sa famille et, d’autre part, entre eux et les Prophètes et Imams antérieurs, Dieu les bénisse tous et leur donne la paix ?

3. Qu’impliquent ces conceptions pour la vision shiite de la personne et de la vie des Gens de la Demeure prophétique, la paix soit avec eux, et quelles divergences y a-t-il entre cette vision et celle des musulmans sunnites ?

 

On a déjà eu l’occasion d’évoquer la notion de Prophétie à propos des cinq fondements rationnels qui sont pour l’islam shiite comme les racines de l’arbre de la religion. Il nous faut cependant y revenir pour apporter certaines précisions et distinctions.

Il faut d’abord préciser en quoi la notion islamique de Prophétie se distingue de ce que ce terme désigne en français courant et dans la Bible, qui sont les emplois les plus familiers pour des francophones.

Pour ce qui est de l’emploi courant, il suffit de se référer à n’importe quel dictionnaire français pour voir que le mot « prophétie » réfère uniquement à des prédictions concernant l’avenir, que le mot désigne l’action de faire ces prédictions ou leur contenu et que ces prédictions soient considérées comme une inspiration surnaturelle ou soient le fait de conjectures. L’idée de « prédiction » vient donc naturellement à l’esprit de tout auditeur francophone lorsqu’il entend parler de« prophétie » ou de « prophète », même si le grand Robert donne plus largement comme premier sens de ce dernier mot celui de « personne qui proclame la volonté divine ».

C’est aussi l’idée de prédiction qui domine l’occurrence du terme dans la Bible : les livres de l’Ancien Testament qualifiés de « prophétiques » sont ceux qui comportent des prédictions sur l’avenir et les « prophètes » sont les inspirés qui « prophétisent » des événements à venir, les principaux étant Daniel, Ézéchiel, Isaïe et Jérémie. Et si Moïse y est bien « le Prophète » par excellence, au sens premier de celui « qui proclame la volonté divine », Adam, Noé ou Abraham de même que David et Salomon n’y sont ainsi pas désignés comme « prophètes », mais comme « patriarches » pour les premiers et rois pour les seconds.

 

Cette idée de prédiction n’est au contraire aucunement constitutive de la notion islamique de « Prophétie », même s’il peut fort bien se faire que certaines révélations faites à un « Prophète » concernent des événements à venir. Le terme arabe que l’on traduit par « Prophète » est nabî – qui dérive de la racine na-ba-’a,ayant pour sens premier la notion d’« information » – et rien d’autre n’est impliqué dans la notion islamique de « Prophétie » que le fait de recevoir une révélation divine, sans précision quant au contenu de cette révélation et sans condition non plus de la transmettre ou proclamer, comme on aura l’occasion de le voir dans notre prochaine émission.

 

 

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