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vendredi, 11 mai 2012 15:08

L'Islam chiite (74)

L'Islam chiite (74)
 
Grâce au Nom de Dieu le Tout-Miséricordieux et Très-Miséricordieux, chers auditeurs, dans nos dernières émissions, consacrées à faire le point sur le chemin parcouru ensemble jusqu'ici, nous avons d'abord rappelé les cinq principes rationnels qui, pour l'islam shiite, fondent et justifient la Révélation : l'unicité divine, la justice divine, la Prophétie, l'Imamat et le Jugement posthume.

 

Nous avons ensuite redit que la « vraie religion » est pour l'islam shiite la reconnaissance de tous les Guides divins porteurs de la Révélation à tous les peuples à travers toute l'histoire, à condition que cette reconnaissance soit vivifiée parl’adhésion constante au Guide vivant de chaque époque, car sans ce lien, la religionn’est plus qu’un arbre privé de sève eten voie de fossilisation.

Si les fondements de la religion sont des principes relevant exclusivement de la raison, l’attitude de l'homme vis-à-vis des dépositaires de la Révélation, quelles que soient ses justifications, est en définitive un acte de volonté, une décision d'accepter ou rejeter, de faire confiance et d'avoir foi ou au contraire de réfuter et de mécroire.

Le cœur de la foi shiite est constitué par les dépositaires et garants de la Révélation coranique, quisont le Prophète lui-même, Dieu le bénisse lui et les siens, sa fille Fâtima et son époux ‘Alî, cousin du Prophète, leurs deux fils Hassan et Hossein, et neuf descendants de Hossein, le dernier étant l’Imam Mahdî, qui vit depuis plusieurs siècles dans l’incognito le plus total en attendant d’accomplir la mission d’instaurer pour l’humanité entière un règne de justice et de bonheur.

Ces quatorze Garants infaillibles et impeccables sont les "Gens de la Demeure prophétique" : ils participent d’une même réalité spirituelle, nommée« lumière de Mohammad », apparaissant sous quatorze formes, comme cela ressort du hadith disant : « Le premier d’entre nous est Mohammad ; le dernier d’entre nous est Mohammad ; celui du milieu est Mohammad ; nous sommes tous Mohammad. »


C’est pour faire connaissance avec ces manifestations terrestres des Gens de la Demeure prophétique, la Paix soit avec eux, que nous nous étions transportés dans un monde fort éloigné de celui que nous connaissons : l’Arabie du 6e siècle de l’ère chrétienne, plus particulièrement une cité nommée Mekka, La Mecque, construite autour de la source de Zamzam, une source dont il est dit qu'elle est miraculeusement apparue pour sauver de la mort Ismaël, le fils aîné du patriarche Abraham, et sa mère Agar, chassée par la jalousie de Sarah, mère d'Isaac. C'est en ce lieu désolé et torride que le « père des croyants » les avait confiés à la miséricorde du Seigneur et c'est là que, par la suite, au cours d'une de ses visites à ce fils et à sa mère, ils avaient réédifié la Kaaba, un simple édifice cubique de pierres grossièrement taillées, à l’endroit même où le père de l’humanité avait dresséle premier Temple voué au culte du Dieu unique. Et c'est encore Abraham et son fils aîné quiétablirent les rites du Pèlerinage du Temple, le Hadj, que les musulmans perpétuent.

À l’origine, ce Temple consacré au Dieu unique transcendant toute forme et représentation, était entièrement vide, mais au fil du temps, la tribu arabe de Qoraysh, qui était la gardienne de La Mecque, l’avait remplide tout un panthéon d’idoles et fait du Hadj une sorte de kermesse à la gloire du commerce et de l’arabité.

Au 6e siècle, cependant, tous les arabes n'étaient pas païens.Individuellement ou par clans et tribus, nombre d'entre eux avaient embrassé des religions introduites au cours des âges : juifs et chrétiens de diverses obédiences, manichéens, zoroastrienset d’autres religions aujourd’hui complètement ou quasiment disparues faisaient alors de l'Arabie une véritable mosaïque de cultes.Et au cœur même de la cité sacrée paganisée, une lignée quasi-sacerdotale aussi pauvre que prestigieuse restait discrètement fidèle à la foi originelle d’Abraham. C’est dans cette lignée des "fils de Hâchem" qu'aux alentours de l'an 560 naquit un certain Mohammad fils de ‘Abd Allâh.

 

Nous avons alors suivi celui qui devint "le Prophète", Dieu le bénisse lui et les siens, et le petit groupe de ses premiers fidèles, en tête desquels venaient son épouse Khadîdja, une riche et respectée commerçante, et son jeune cousin ‘Alî, qui grandit dans le foyer prophétique et épousa par la suite leur fille Fâtima. Nous avons vu la communauté naissante subir des années durant les persécutions de l’establishment mecquois puis, à la mort de Khadîdja et du père de ‘Alî, ses deux indéfectibles soutiens politique et économique, trouver refuge, dix ans après le début de la Révélation,auprès des habitants d'une oasis située quelque 400 kilomètres au nord, qui devint ainsi Médine, "la cité" du Prophète.

Pendant la première dizaine d'années mecquoises, la Révélation visait à susciter, alimenter et préserver le feu de la foi, pendant la dizaine d’années médinoises, elle devait en outre former la personnalité et organiser la vie familiale et sociale des fidèles à travers les événements que vivait la communauté. Malheureusement, le lien intime de la Révélation avec le vécu de la communauté naissante n’apparaît pas clairement dans le Coran dont nous disposons, car il est réorganisé selon un ordre qui n’est pas celui de sa révélation.

Cela dit, le Coran ne se présente pas non plus, contrairement à ce que beaucoup pensent, comme une sorte de code législatif de la shari'a. En réalité, moins de 150 versets sur plus de 6600 sont des prescriptions légales,soit quelque 2% du Coran seulement, et de plus elles règlementent pour la plupart le culteet non pas la juridiction civile, pénale ou politique. On a également vu à cette occasion que le Coran, loin de prôner la violence, comme on l'entend souvent dire, interdit au contraire toute agression et ne légitime la guerre qu’en défense à une agression, qui plus est en la restreignant à une riposte proportionnée et en interdisant tout excès.

 

Nous vîmes encore l'inanité de bien d'autres préjugés répandus à propos de l'islam en généralet combienle Coran et le Prophète apportèrent d'amélioration tant au regard des Lois bibliques que des usages et normes en vigueur dans les sociétés de l'époque. La correction de ces préjugésnous conduisit à examiner et rectifier aussi diverses erreurs et confusions fondamentales concernant plus particulièrement l'islam shiite, la plus grave étant l'illusion que les musulmans shiites n’auraient pas le même Coran que les sunnites ou ne reconnaîtraient pas l'authenticité du Coran actuellement commun à tous les musulmans.

 

 

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