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vendredi, 11 mai 2012 14:59

L'Islam chiite (67)

 
Grâce au Nom de Dieu le Tout-Miséricordieux et Très-Miséricordieux, chers auditeurs, la plus grave erreur très répandue à propos des shiites est qu'ils n’auraient pas le même Coran que les autres musulmans.Nous avons vu quela version aujourd'hui admis par quasiment tous les musulmansest que c'est le troisième Calife, ‘Othmân, qui fit constituer un corpus coranique unique et éliminer toutesles variantes existantes. Le problème principal auquel se heurte toute tentative de faire durer l'élaboration de ce corpus jusqu'après la profonde division des musulmans qui suivitl’assassinat de ce calife, aucun groupe n’aurait pu l’imposer aux autres et des versions dissidentes et apocryphes se seraient conservées, ce qui n’est pas le cas.

 

Pour répondre à l'idée que le shiisme aurait d'abord professé l’altération du Coran avant de rejoindre la conception majoritaire, nous avons distingué trois cas.Le premier est l’ajout de passages étrangers au Coran, ce que la tradition shiite rejette unanimement depuis toujours.Le second cas est la disparition de passagesdu Coran : professée par une minorité de littéralistes, elle est contestée par la majorité des savants shiites, qui interprètent les cas évoqués dans les traditions comme une altération du sens de la Révélation, et non de sa lettre. Si d'ailleurs une telle disparition avait eu des conséquences pour la religion, elle aurait nécessairement été signalée et compensée par les Imams infaillibles chargés d’en préserver l’intégrité. On est donc assuré que la religion tirée du Coran et de leurs enseignements est bien infailliblement intacte.

 

Le troisième et dernier cas, qui estla modification de l’ordre des versets coraniques, est moins généralement exclu par les savants shiites, bien des plus respectés considérant même cette modification comme indiscutable tant elle est patente dans des cas comme le verset 3 de la sourate 5.Les sunnites admettent volontiers que le passage central de ce verset n'a aucun rapport avec son début et sa fin, mais ils considèrent qu'il concernerait les rites du Pèlerinage, au cours desquels il fut révélé.

Mais en quoi les rites du Pèlerinage justifieraient-ils de dire :

Aujourd’hui ceux qui mécroient sont au désespoir de votre religion ¬— ne les craignez donc pas et craignez-Moi. Aujourd’hui j’ai parfait pour vous votre religion, accompli Ma grâce envers vous et agréé pour vous la soumission pour religion.

Des qualificationsaussi fortes que "perfection de la religion", "accomplissement de la grâce divine" et "fin de l'espoir des ennemis de l'islam"ne peuvent avoir de sens qu'en relation avec un événement d'une portée considérable, et non avec quelque rite ou autre élément constitutif de la religion. Le seul événement pouvant mériter ces qualifications, disent les shiites, estl’instauration de l'Imamat et la désignation du premier Imam. En effet,après la prise de La Mecque et la soumission de toutes l'Arabie, le dernier espoir de l'aristocratie mecquoise vaincue et de ses alliés était de manœuvrer pour reprendre les choses en main à la mort du Prophète, Dieu le bénisse lui et les siens.La désignation d'un successeur garant de la continuité de l'œuvre du Prophète venait bien à la fois parachever sa mission et achever l'ultime espoir de ses ennemis.

 

Un autre verset de la même sourate 5, le verset 67, est en rapport avec le même événement. Dieu y dit :

Ô Messager, transmet ce qui te fut révélé de la part de ton Maître — car si tu ne le fais, tu n'auras pas transmis Son message — et Dieu te préserve des gens. En vérité, Dieu ne guide pas la gent mécréante.

Là encore, le verset est de manière patente sans aucun rapport avec ce qui le précède et le suit. Là encore, il ne peut avoir de sens à propos d'aucune prescription particulière de la religion, car d'aucune il n'est possible de dire que son omission réduirait à néant toute la mission prophétique. Là encore, enfin, laseulechose pouvant justifier un tel discours est la garantie de la préservation et de la continuation de l'œuvre du Prophète, car sans elle, la Révélation est bel et bien livrée sans défense à la merci des forces hostiles, et donc vouée à disparaître ou à être déviée.

Ce verset laisse ainsi entendre que le Prophète, Dieu le bénisse lui et les siens,bien conscient des hostilités enragées que susciterait la désignation de son successeur, hésitait à la rendre publique et que Dieu l'encouragea en lui signifiant que laisser la Révélation sans garant reviendrait à ne l'avoir pas transmise.C'est pourquoi, le 18ème jour du mois du Pèlerinage à La Mecque, quelques jours après l'accomplissement des derniers rites, alors que les caravanes de pèlerins étaient parvenues au point d'eau ditGhadîr Khomm, dernière étape commune après laquellechaque groupeprendrait sa propre route vers sa région d'origine, le Prophète, Dieu le bénisse lui et les siens, fit réunir tout le monde pour un dernier discours.

 

Au cours de ce discours, le Prophète, Dieu le bénisse lui et les siens, récita ces deux passages du Coran aujourd'hui éparpillés aux versets 3 et 67 de la sourate 5 :

Ô Messager, transmet ce qui te fut révélé de la part de ton Maître — car si tu ne le fais, tu n'auras pas transmis Son message — et Dieu te préserve des gens. En vérité, Dieu ne guide pas la gent mécréante.

Aujourd’hui ceux qui mécroient sont au désespoir de votre religion ¬— ne les craignez donc pas et craignez-Moi. Aujourd’hui j’ai parfait pour vous votre religion, accompli Ma grâce envers vous et agréé pour vous la soumission pour religion.

Le verset 6 de la sourate 33évoque la communauté musulmane comme une famille patriarcale en disant : « Le Prophète a plus autorité sur les fidèles qu’eux-mêmes et ses épouses sont leurs mères… »S'adressant à la foule des pèlerins rassemblés, le Prophète leur demanda donc :

« N’ai-je pas plus autorité sur les fidèles qu’eux-mêmes ? »

Recevant naturellement l’acquiescement de tous, il prit la main de 'Alî fils d'Abû Tâleb, son jeune cousin qu'il avait recueilli et élevé, qui le suivait partout et en tout depuis son plus jeune âge, qui fut le premier à avoir foi en lui et à prier avec lui et son épouse dès le début de sa mission ;celui dont il avait fait son frère de pacte en arrivant à Médine, puis auquel il avait marié sa filleet qui lui avait donné son unique descendance ;celui auquel il avait confié avec succès les missions les plus difficiles et dangereuses et que tous connaissaient pour être toujours sans faillir aux premières lignes des combats.Elevant sa main tenant celle de 'Alî au-dessus de leurs têtes, il annonça alors :

« Celui dont je suis le maître, celui-ci est son maître. O mon Dieu, sois l'ami de son ami et l'ennemi de son ennemi. »

 

 

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