This Website is discontinued. We changed to Parstoday French.
jeudi, 10 mai 2012 06:46

L'Islam chiite (60)

 
Grâce au Nom de Dieu le Tout-Miséricordieux et Très-Miséricordieux, chers auditeurs, le survol de la vie du prophète Mohammad, Dieu le bénisse lui et les siens, nous a déjà donné l’occasion de corriger plusieurs erreurs courantes à propos de l’islam shiite. On a ainsi vu combien il était injuste, inconséquent et superficiel, aux yeux des shiites, de vénérer quasiment à pied d’égalité au titre de « Compagnons du Prophète » des fidèles de la première heure sortis la tête haute de toutes les épreuves et des convertis de la dernière heure dont les actes démentent les paroles, voire qui ont reniés après la mort du Prophète leurs engagements envers Dieu et Son messager.

 

Dénoncer alors les fautes de ces prétendus Compagnons, voire de certaines épouses du Prophète, et même les maudire quand ces fautes l’exigent, n’est en rien une insulte ou une injure, puisque Dieu lui-même le fait explicitement dans la Révélation. Dénoncer et condamner l’erreur et l’injustice est au contraire un devoir inséparable de celui de prôner la vérité et la justice.

On a enfin vu que cette surestimation de la valeur de certains « Compagnons » s’accompagne d’une dépréciationde la famille du Prophète et de son rôle, non pas tant de sa famille au sens large, qui comprend tous les descendants de ses oncles paternels, mais de ceux qui sont désignés par l’expression de « gens de la demeure », ahl al-bayt et dont le Coran dit, au verset 33 de la sourate 33 : « Dieu ne veut qu’éloigner de vous la souillure, ô gens de la demeure, et vous purifier totalement. »

 

Comme l’indique l’expression, cette famille restreinte est celle qui provient de la demeure même du Prophète, ou plus justement celle qui partage avec lui la même demeure, non pas tant au sens physique qu’au sens moral et spirituel. Elle comprend donc exclusivement, en sus de Mohammad lui-même, sa fille Fâtima, son cousin ‘Alî — qu’il éleva lui-même, dont il fit ensuite son frère et auquel il maria sa fille — et de leurs descendants, qui constituent en fait l’unique descendance du Prophète, voire de certains d’entre eux seulement.

Cette spécificité est indiquée par la Révélation elle-même et ses circonstances. Ainsi, lorsque le verset 33 de la sourate 33, que l’on vient de citer, fut révélé, le Prophète réunit sous une même cape sa fille Fâtima, son époux ‘Alî et leurs deux fils Hassan et Hosseyn et fit la prière suivante :

O mon Dieu, ceux-là sont les gens de ma demeure, écarte donc d’eux la souillure et purifie les totalement.

Certains récits précisent par ailleurs qu’une épouse du Prophète qui était présente demanda à se joindre à eux sous la même cape, mais que le Prophète ne le lui permis pas. Suite à cette révélation, le Prophète s’adressait dans plusieurs situations à ces quatre personnes en usant de ce qualificatif. Il les appelait par exemple à la Prière de l’aube en se tenant devant la porte de leur modeste demeure, une partie de la mosquée de Médine accolée à sa propre chambre, et en disant : « La Prière, ô gens de la demeure, la Prière. »

 

Plus important encore est l’épisode connu sous le nom de mobâhala ou « ordalie » de Médine, que l’on a déjà eu l’occasion d’évoquer à propos des principes de la religion et auquel fait référence le verset 61 de la sourate 3.

Une délégation de Chrétiens venus du sud de l’Arabie, de la région de Najrân, vint à Médine pour, en quelque sorte, « tester » le Prophète, Dieu le bénisse lui et les siens, et ils lui demandèrent de prendre position sur le fait que Jésus-Christ était, considéraient-ils, « l’unique fils de Dieu ».

La Révélation coranique, on l’a vu, récuse une telle « filiation » ou « affiliation » divine de Jésus-Christ, qu’elle nomme expressément « le Christ Jésus fils de Marie » et qu’elle compare à Adam : si le Christ devait être « fils de Dieu » pour n’avoir pas de père humain, Adam devrait l’être à plus forte raison, puisqu’il n’eut, lui, ni père ni mère. Si donc Adam n’en reste pas moins « créature » et « humain », il en va de même de Jésus-Christ fils de Marie.

Comme la délégation chrétienne ne se montrait pas convaincue et entendait en débattre à coup d’arguments théologiques, la Révélation proposa de trancher la question par une ordalie, dite mobâhala en arabe, en ces termes :

Dis: « Venez, appelons nos fils et vos fils, nos femmes et vos femmes, nous-mêmes et vous-mêmes, puis implorons et appelons la malédiction de Dieu sur les menteurs. »

 

À l’unanimité des témoins, rapporteurs et chroniqueurs de cet événement, le Prophète se présenta pour l’ordalie accompagné de ses deux petits-fils Hassan et Hossayn, de leur mère Fâtima, fille de Mohammad, et de leur père ‘Alî fils d’Abû Tâleb, le jeune cousin que Mohammad avait lui-même élevé et dont il avait fait son frère. Il importe alors de préciser qu’étaient pourtant bien présents à Médine des épouses du Prophète telles que ‘Aïsha et Hafsa, leurs pères, et donc beaux-pères du Prophète, Abou Bakr et ‘Omar, et même des parents de plus haut rang encore selon la hiérarchie familiale des tribus arabes, tel ‘Abbâs, le dernier oncle paternel du Prophète encore en vie. Il faut donc bien admettre que les quatre personnes prises avec lui par le Prophète pour cette ordalie avaient bien avec lui un lien plus important que n’importe qui d’autre.

En prêtant alors attentivement attention aux termes mêmes du verset, on se rend compte que :

1. Fâtima fille de Mohammad répondait à la demande d’appeler « nos femmes » et était ainsi la seule à représenter « les femmes de la famille du Prophète », à l’exclusion de ses propres épouses ;

2. les deux petit-filsde Mohammad, Hassan et Hosseyn, répondaient à la demande d’appeler « nos fils » et étaient donc bien considérés comme étant les « fils »du Prophète ;

3. reste alors ‘Alî fils d’Abû Tâleb, qui ne pouvait répondre ni à la demande d’appeler « nos femmes » ni à celle d’appeler « nos fils », mais bien à la demande d’appeler « nous-mêmes » ; ‘Alî est donc considéré, et il est absolument seul à l’être, commel’alter ego du Prophète, quelqu’un à qui s’applique tout autant qu’à Mohammad la désignation par « nous-mêmes ».

Pour l’islam shiite, de tels événements,évoqués par le Coran et rapportés unanimement et sans divergence fondamentale par de nombreux témoins et transmetteurs, déterminent clairement qui sont ces Gens de la Demeure prophétique, la Paix soit avec eux, que la Révélation garantit préservés de toute souillure et totalement purifiés.

 

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir