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jeudi, 10 mai 2012 06:44

L'Islam chiite (58)

 
Grâce au Nom de Dieu le Tout-Miséricordieux et Très-Miséricordieux, chers auditeurs, notre survol de la vie du prophète Mohammad, Dieu le bénisse lui et les siens, nous a donné l’occasion de corrigercertaines fausses représentations courantes à propos de l’islam shiite, qui proviennent généralement d’une confusionentre divers groupes indistinctement qualifiés de « shiites ».On a ainsi vu que l’école shiite duodécimaine, qui représente la quasi-totalité des shiites à travers toute l’histoire et encore plus de nos jours,a sans cesse condamné ceux qui professaient la supériorité d’un Imam sur le Prophète ou la divinisation d’un Imam ou le fait de se croire dispensé des prescriptions de la Révélation au prétexte d’une connaissance ésotérique ou encore, c’était le thème de notre dernière émission, ceux qui se permettent d’insulter les Compagnons, voire les épouses du Prophète, Dieu le bénisse lui et les siens.

 

Il n’en demeure pas moins, avons-nous alors rappelé, que l’islam shiite considère comme impératif de dénoncer et condamner tout ennemi de Dieu, de Ses prophètes et de Ses proches-amis.Or, pour les musulmans sunnites, toute personne qui a connu le Prophète et l’a suivi de son vivantdoit être vénérée comme Compagnon, quelle que fut la durée et la qualité de ce compagnonnage et malgré les antagonismes violents et souvent meurtriers entre ces « Compagnons » après la mort du Prophète. Pour les musulmans shiites, par contre, une telle équivalence dans la vénération est autant inique qu’inconséquente, donc contraire aux deux principes fondamentaux de tout l’islam shiite : l’intelligence et la justice.

 

Comment peut-on en effet mettre sur le même plan des fidèles de la première heure, sortis la tête haute de toutes les épreuves, et des convertis de la dernière heure n’ayant fait profession d’islam que lorsqu’ils n’entrevirent plus d’échappatoire ? Comment peut-on vénérer au titre de « Compagnon » un Mo‘âwiya, dont le père fut un chef acharné de l’establishment mecquois qui tortura à mort des mères pour faire apostasier leurs fils, dont la propre mère dévora le foie encore chaud de l’oncle bien-aimé du Prophète, qui ne se convertit lui-même, comme ses parents, qu’après la victoire finale des musulmans, qui déclencha par la suite la première guerre intestine de l’islam,fit la guerre au successeur légitimedu Prophète, rétablit au pouvoir l’establishment mecquois et introduisit en islam le principe dynastique… ?

Pour les shiites, un tel personnage ne mérite pas le titre honorifique de Compagnon, et si un tel qualificatif lui est attribué, il n’a plus aucun sens ni valeur. Si alors l’éthique de l’islam interdit qu’on s’abaisse à l’insulter, la même éthique et le respect de la vérité et de la justice imposent qu’on le dénonceet condamne pour ce qu’il est vraiment, c’est-à-dire un « renégat » et non un « Compagnon ».

 

Le terme de « renégat » ou mortaddne s’applique en effet pas uniquement à ceux qui apostasient littéralement l’islam, mais à toute personne qui « tourne les talons » et « revient sur ses pas » — c’est là le sens littéral de l’expression arabe —, autrement dit toute personne qui trahit ses engagements envers Dieu, Son prophète et ses successeurs. Quand les shiites disent donc de quantité d’apparents « Compagnons » qu’ils ont fini renégats, ils n’entendent pas qu’ils auraient officiellement abjuré l’islam, mais seulement qu’ils trahirent leurs engagements envers Dieu et Son prophète en refusant d’obéir à ses dernières volontés, maintes fois exprimées, concernant sa succession et la continuation de sa mission.

Il ne s’agit pas du tout là d’une insulte, mais bien d’une dénonciation et condamnation, ce qui n’est pas la même chose. Accuser quelqu’un d’un crime et l’en dénoncer, que ce soit à tort ou à raison, ce n’est pas l’insulter. A contrario, on peut tenir des propos insultants et injurieux contre quelqu’un sans pour autant l’accuser de quoi que ce soit. Il importe de distinguer précisément les choses.

Quand, par exemple, des non-musulmansconsidèrent le Prophète comme imposteur, illusionné ou falsificateur, ce n’est pas une insulte et ne saurait être considéré comme une attitude immorale, même si cela déplaît naturellement aux musulmans. Mais il serait par contre insultant et immoral qu’ils usent à son propos ou à propos de sa mère, par exemple, de termes injurieux où d’allusions déplacées.

 

De même, quand des shiites maudissent certains de ces prétendus « Compagnons », dont le reniement est clairement manifesté par leur opposition ouverte, et même violente contre le successeur légitime du Prophète, ils ne font là encore rien qui pourrait être qualifié d’insulte ou considéré comme une attitude immorale. Sinon, il faudrait considérer que Dieu Lui-même « insulte »et serait « immoral » quand Il maudit dans Sa révélation, soit en nommant explicitement certaines personnes, comme dans la sourate 111, soit en disant de manière générale « que la malédiction soit sur » les renégats, les menteurs, les injustes, etc.Dénoncer un prétendu « Compagnon » comme renégat, menteur ou injuste le place automatiquement sous le coup de la malédiction divine et le maudire ouvertement ne fait qu’expliciter cette situation implicite.

Et ce qui vaut pour les Compagnons vaut tout autant pour les épouses du Prophète : si évoquer les fautes de certaines d’entre elles devait être considéré comme une insulte, Dieu Lui-même aura été le premier à le faire dans Sa révélation, puisqu’Il n’a pas hésité, dans la sourate 66, à gravement accuser et menacer deux épouses de Mohammad, ‘Aïcha et Hafsa, et à les comparer à des femmes maudites en disant :

Lorsque le Prophète confia un secret à l’une de ses épouses, […] elle en parla [à une autre] […] — Si vous revenez [toutes deux] vers Dieu repentantes, vos cœurs avaient bien déviés, et si vous vous épaulez contre [le Prophète, sachez] qu’en vérité Dieu est son protecteur […]. Son Seigneur pourrait bien, s’il divorçait de vous, lui donner à vos places meilleures épouses que vous, des musulmanes ayant la foi […], vierges ou ayant connu mari. […] Dieu donne comme exemples de ceux qui mécroient la femme de Noé et la femme de Loth : elles étaient sous l’autorité de deux de Nos serviteurs pieux et les trahirent, et ils ne purent rien leur épargner de Dieu. On [leur] dit : « Entrez dans le Feu [de l’Enfer] avec ceux qui y entrent. »

 

 

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