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jeudi, 10 mai 2012 06:40

L'Islam chiite (56)

 
Grâce au Nom de Dieu le Tout-Miséricordieux et Très-Miséricordieux, chers auditeurs, nos dernières émissionsnous ont donné l’occasion de redresser certaines fausses représentations ayant cours à propos de l’islam et plus particulièrement de l’islam shiite, comme l’accusation infondée que les shiites placeraient ‘Alî au-dessus du Prophète Mohammad, Dieu le bénisse lui et les siens, voire le diviniseraient et l’adoreraient. On a ainsi vu que cette accusation a pour origine la confusionentre divers groupes indistinctement qualifiés de « shiites » malgré tout ce qui les sépare.

 

S’il y eut en effet de manière tout à fait minoritaire des groupes shiites ayant effectivement de telles croyances, l’école shiite qui représente la quasi-totalité des shiites tant à travers l’histoire que de nos jours a sans cesse condamné ces croyances et ceux qui les professent. Pour l’islam shiite majoritaire,le Sceau des Prophètes, Dieu le bénisse lui et les siens, occupe explicitement et sans la moindre ambiguïté le sommet de la hiérarchie spirituelle de l’humanité et les Imams, y compris le premier et le plus vénéré d’entre eux, lui sont subordonnés, même s’ils participent bien d’une seule et même réalité spirituelle.

Aucun Imam ne saurait dès lors être divinisé, le Prophète ne l’étant pas lui-même, comme le Coran le lui fait expressément déclarer au verset 110 de la sourate 18 : « Dis : « Je ne suis qu’un humain comme vous. » La suite du verset précise alors que la seule spécificité distinguant le Prophète est la Révélation qu’il reçoit, Révélation strictement monothéiste dont les prescriptions s’impose à tous, à commencer par lui-même.

 

L’islam shiite qualifie ceux qui professent ces croyances déviantes du terme de gholât, c’est-à-dire « exagérateurs », terme lui-même tiré du Coran où il est appliqué aux chrétiens considérés comme « exagérateurs » dans leur croyance à propos de Jésus fils de Marie, la Paix soit avec eux. Le verset 171 de la sourate 4 dit ainsi :

« O gens de l’Écriture, n’exagérez pas dans votre religion et ne dites sur Dieu que la vérité. Le Christ Jésus fils de Marie n’est que Messager de Dieu, Sa parole projetée en Marie et un esprit de Sa part. Ayez donc foi en Dieu et Ses messagers et ne dites pas « trois ». Cessez pour votre bien. Dieu n’est qu’un Dieu unique. Loin de Lui qu’Il ait un fils : ce qui est dans les cieux et ce qui est sur terre est à Lui et Dieu suffit comme garant. »

Comme on le voit, le reproche fait ici aux chrétiens est d’avoir « divinisé » Jésus-Christ qui, malgré la nature miraculeuse de sa naissance sans père et le fait qu’il soit une réalité spirituelle et la parole ou le « verbe » de Dieu incarné en Marie, n’en est pas moins qu’un messager de Dieu, et non pas son « fils », car tout ce qui existe est création de Dieu, un Dieu unique et non pas triple. Le verset 59 de la sourate 3 laisse par ailleurs entendre que, si une naissance miraculeuse sans père devait être la marque d’une filiation divine, ce devrait l’être a fortiori pour Adam, qui n’avait lui ni père ni mère, alors qu’en fait, pour Dieu, Jésus n’est, comme Adam, qu’une créature terrestre.

 

Le parallèle est significatif : tout comme certains chrétiens, devenus majoritaires, ont exagéré dans leur religion en divinisant l’être humain et messager de Dieu Jésus-Christ, certains musulmans shiites, heureusement restés minoritaires, ont exagéré dans leur religion en divinisant un être humain héritier d’un messager de Dieu, qu’il s’agisse d’Alî fils d’Abû Tâleb ou d’un autre Imam de sa descendance. Le Prophète, Dieu le bénisse lui et les siens, avait d’ailleurs dit à l’Imam ‘Alî que s’il se taisait à propos de certaines de ses qualités, c’était de crainte de voir certains musulmans tomber dans la même erreur que les chrétiens à propos de Jésus.

Une autre erreur des gholât, des shiites « exagérateurs », est susceptible de la même comparaison, à savoir celle qui consiste à se croire dispensés des prescriptions révélées par le fait de connaître l’Imam, puisque l’Imam est l’axe et le cœur de la religion et que les prescriptions n’en sont que les branches et l’écorce : être parvenu au cœur et à l’axe de la religion dispenserait donc d’avoir à se raccrocher à ses branches, comme doivent se contenter de le faire ceux qui n’ont pas la connaissance de l’Imam. L’erreur est ici analogue à celle des chrétiens qui, suivant les enseignements de Paul de Tarse, crurent que la foi en Jésus dispensait de la Loi de Moïse, contrairement à ce qu’enseignait l’église dite « judéo-chrétienne », fidèle à Jacques, frère du Seigneur et évêque de Jérusalem, pour qui la foi en Jésus-Christ accomplissait et parachevait la Loi, mais ne l’abrogeait pas ni n’en dispensait.

Musique

Comme on le voit, les diverses formes d’exagération dans la religion viennent d’une mécompréhension d’enseignements authentiques et véridiques. Ainsi, comme on l’a vu à propos des fondements de l’islam shiite, la wilâya, la dévotion à l’Imam comme cœur et axe de la religion, est bien l’âme qui vivifie la Loi et en fait une foi vivante et sans laquelle la Loi n’est que lettre morte et desséchée, mais cette wilâya ne permet pas de se passer de la Loi, car elle n’est plus, sans elle, qu’une sorte de fantôme désincarné.

De même, les Imams sont bien, comme ils l’ont dit d’eux-mêmes, « la face de Dieu », « la main de Dieu », « la langue de Dieu » et « les plus beaux noms de Dieu », tout comme Jésus-Christ est « Sa parole projetée en Marie et un esprit de Sa part ». Cela signifie que c’est sous leur forme que la Lumière divine resplendit jusqu’à nous, que Dieu Se fait connaître à nous, nous apparaît, nous donne la main et nous adresse la parole, mais cela ne fait pas d’eux Dieu ou des Dieux. Comparaison n’est pas raison et Dieu est sans comparaisons, mais c’est un peu comme si l’on voulait prendre le rayon de soleil qui nous atteint pour le soleil en soi

Enfin, si la Proche-amitié, la wilâya, est bien supérieure à la Prophétie, à la nobowwa, car la Prophétie est une mission passagère tandis que la Proche-amitié est un état indéfectible de l’être qui l’a atteint, c’est une erreur d’en déduire qu’un Proche-ami de Dieu, un walî, serait donc supérieur à un Prophète, un nabî. L’erreur est ici d’oublier que tout Prophète est un Proche-ami de Dieu, qu’il l’est déjà nécessairement avant sa mission prophétique et qu’il le reste tout autant après qu’elle a pris fin, tandis que tout Proche-ami n’aura pas forcément de mission prophétique. Si donc la wilâya est supérieure à la Prophétie, la wilâya du Prophète est supérieure à celle des Proches-amis qui sont ses héritiers tant sous le rapport de la Proche-amitié qu’en tant que dépositaires de son legs prophétique.

 

 

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