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lundi, 07 mai 2012 03:33

L'Islam chiite (55)

L'Islam chiite (55)
 
Grâce au Nom de Dieu le Tout-Miséricordieux et Très-Miséricordieux, chers auditeurs, nos dernières émissions, au cours desquelles nous nous sommes transportés dans l’Arabie du 6e siècle pour y suivre le prophète Mohammad, Dieu le bénisse lui et les siens, et la communauté musulmane naissante, nous ont donné l’occasion de redresser certaines fausses représentations qui ont souvent cours à propos de l’islam, de son Prophète et du Coran.

 

Nous avons ainsi vu que, loin d’être une sorte de code civil et pénal, le Coran n’aborde des questions juridiques que dans moins de 150 de ses 6600 et quelques versets, ce qui représente une proportion d’environ 2%. Nous avons également vu que loin de prôner la violence, l’islam ne la tolère qu’en situation de légitime défense, en la restreignant qui plus est à une riposte proportionnée et en interdisant tout excès.

Les conquêtes effectuées après la mort du Prophète par les Califes usurpateurs sont ainsi, pour les shiites, illégitimes comme toute guerre d’agression. D’ailleurs, l’Imam ‘Alî fils d’Abou Tâleb, seul Calife légitime à leurs yeux, et qui était au premier rang de toutes les batailles du vivant du Prophète, ne participa jamais à la moindre conquête et ne livra de combat qu’en défense contre des agressions déclenchées contre lui.

Enfin, nous avons vu que les accusations d’antisémitisme et de génocide imputées au Prophète et à l’islam étaient entièrement infondées et que l’attitude de Mohammad face à la trahison et aux complots des tribus arabes judaïsées de Médine fut exemplaire tant au regard des prescriptions de la Loi juive que des normes de comportement en vigueur à l’époque.

 

On pourrait encore corriger et dissiper de la sorte bien des fausses représentations et des méprises à propos de l’islam, mais cela nous conduirait à de trop longues digressions par rapport au thème de cette série d’émissions, consacrée à la présentation de l’islam chiite. C’est pourquoi il nous faut nous concentrer et nous restreindre autant que possible à des erreurs et illusions portant proprement sur le chiisme.

Dans cet ordre d’idée, puisque nous en sommes à évoquer la vie du Prophète Mohammad, Dieu le bénisse lui et les siens, et avant même de passer à l’évocation des Gens de sa Demeure, il nous faut insister autant que nécessaire sur certains « soupçons » ou « accusations » erronés et infondés largement répandues parmi les musulmans sunnites mal informés. La première accusation infondée, qui comporte des variantes plus ou moins « dures », est que les shiites placeraient ‘Alî au-dessus du Prophète Mohammad, Dieu le bénisse lui et les siens, voire le diviniseraient et l’adoreraient.

Cette accusation a pour origine une confusion, plus ou moins entretenue et même exagérée, entre divers groupes qui sont indistinctement qualifiés de « shiites », alors qu’ils n’ont rien d’autre en commun que de se réclamer de l’Imam ‘Alî, tout ou presque les séparant en dehors de cette référence. C’est un peu comme si l’on attribuait à tous les chrétiens une croyance professée à un moment de l’histoire par une église gnostique qui n’a de commun avec les autres églises chrétiennes que le simple fait de se réclamer de Jésus-Christ ou encore comme si l’on attribuait à tous les soufis les erreurs ou exagérations de certains d’entre eux, pourtant condamnées et rejetées par tous les autres.

 

Il y a en effet bien eu au cours de l’histoire et il existe encore aujourd’hui des groupes qui se réclament de l’Imam ‘Alî et le considèrent comme supérieur au Prophète ou voient même en lui une « incarnation » ou « manifestation » de Dieu. Mais il importe de préciser aussitôt que ces groupes ont toujours été extrêmement minoritaires parmi les shiites et que les écoles shiites majoritaires sont unanimes à les considérer comme hérétiques et à les qualifier de gholât, c’est-à-dire d’« exagérateurs ».

L’école qui représente la quasi-totalité des shiites tant à travers l’histoire que de nos jours est celle dite « imamite » ou « duodécimaine », c’est-à-dire reconnaissant « douze » Imams. Pour eux, en effet, le douzième Imam, né en 869, est le dernier Imam et le Mahdî annoncé par le Prophète. Il vit depuis près de onze siècle dans l’incognito le plus total et sa vie est miraculeusement prolongée jusqu’au jour promis — mais sans date annoncée — où il se montrera au grand jour pour « remplir la terre de justice et d’équité après qu’elle fut remplie d’injustice et d’iniquité », comme l’énonce un hadith.

C’est de cette école qu’il est question quand on évoque « le shiisme » ou « les shiites » sans plus de précision, car leur importance historique et numérique est sans commune mesure avec celle des autres groupes, même les deux plus importants, qui ont certes connu de grands moments historiques, mais sont aujourd’hui considérablement réduits, à savoir les shiites « ismaéliens » et « zaydites ».

 

Pour les shiites duodécimains, donc pour l’écrasante majorité des shiites à travers toute l’histoire et plus encore de nos jours, le Sceau des Prophètes, Dieu le bénisse lui et les siens, occupe explicitement et sans la moindre ambiguïté le sommet de la hiérarchie spirituelle de l’humanité. Les Imams, y compris le premier et le plus vénéré d’entre eux, lui sont donc subordonnés, même s’ils participent bien d’une seule et même réalité spirituelle, comme ils l’exprimèrent en disant : « Le premier d’entre nous est Mohammad ; celui du milieu est Mohammad ; le dernier d’entre nous est Mohammad ; nous sommes tous Mohammad. »

Il va de soi, dès lors, qu’aucun Imam ne saurait être divinisé, le Prophète ne l’étant pas lui-même, comme le Coran le lui fait expressément déclarer au verset 110 de la sourate 18 : « Dis : « Je ne suis qu’un humain comme vous ; il m’est inspiré que votre dieu n’est qu’un dieu unique ; qui donc espère rencontrer son Maître fasse œuvre de bien et n’associe personne au culte de son Maître. »

La seule spécificité distinguant le Prophète est ainsi que le plus strict monothéisme lui est révélé par inspiration, avant d’être confié après lui aux Imams. Il s’ensuit donc que le respect de cette Révélation strictement monothéiste et de ses prescriptions s’impose à tous, nul ne pouvant prétendre en être dispensé sous le fallacieux prétexte d’une quelconque connaissance ésotérique, pas plus le Prophète lui-même que les Imams et a fortiori leurs fidèles.

 

 

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