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mardi, 21 décembre 2010 19:29

L'islam chiite (26)

Grâce au Nom de Dieu le Tout-Miséricordieux et Très-Miséricordieux, chers auditeurs, dans nos précédentes émissions, nous avons vu comment, selon l’islam shiite, la réflexion suffit à établir cinq principes fondant la religion en raison, les deux premiers étant la nécessité qu’il y ait une Cause première unique à l’origine de toute la succession de causes et d’effets qui constituent l’univers et que cette unique Cause première soit absolument juste. De ce second principe découle alors directement le cinquième, à savoir la nécessité d’un monde et d’une vie posthumes où chacun connaîtra à l’identique les effets des pensées, paroles et actions, bonnes ou mauvaises, dont il fut l’auteur en ce monde.

Le troisième fondement, la Prophétie, découle lui aussi des deux premiers, comme nous l’avons vu dans notre dernière émission, et comprend trois impératifs rationnels fondamentaux qui sont : 1. La nécessité d’un intermédiaire entre Dieu et les hommes pour transmettre Sa guidance ; 2. La nécessité que cet intermédiaire soit lui-même humain ; et 3. La nécessité qu’il jouisse par ailleurs d’un état spirituel spécifique dont la marque sont les connaissances et les miracles qui signalent et prouvent aux hommes la réalité de son rôle d’intermédiaire et de sa mission de transmettre la Révélation divine.

Ces impératifs fondamentaux étant rationnels, ils ont une portée universelle et inconditionnelle. C’est pourquoi l’Imam %âdiq, la Paix soit avec lui, le sixième Imam du shiisme conclut à leur propos que : « Cela est établi en tout temps et toute époque […] afin que la terre ne soit pas vide d’un Argument ayant avec lui une connaissance attestant de la véridicité de ses propos et de l’effectivité de sa justice ».

 

L’expression de l’Imam %âdiq, la Paix soit avec lui, « afin que la terre ne soit pas vide d’un Argument » évoque la raison de la nécessité universelle et inconditionnelle de la Prophétie au sens large, autrement dit la nécessité qu’il y ait en toute époque un intermédiaire entre Dieu et les hommes chargé de transmettre Sa guidance, depuis la première apparition de l’homme sur terre et aussi longtemps qu’il y aura des humains. En effet, la justice divine implique qu’aucune période ne saurait être privée d’un tel intermédiaire, parce que sinon, pendant toute cette période, la vérité ne serait pas pleinement réalisée et « incarnée », qu’ipso facto l’erreur ne pourrait plus être distinguée et que, dès lors, les serviteurs pourraient à juste titre faire valoir envers Dieu l’argument que, n’ayant pas été guidés, ils ne sauraient être tenus pour responsables de leurs égarements, la faute en incombant au contraire à celui qui les aurait privés de guidance. Comme le suggère le verset coranique 134 de la sourate 20, ils pourraient alors dire :

« Que n’as-Tu envoyé vers nous un messager, si bien que nous aurions suivi Tes [versets et Tes] signes avant que de connaître opprobre et infamie ! »

Mais Dieu étant nécessairement et éminemment juste, nulle époque ne se trouve privée par Lui de la présence d’un tel intermédiaire, qui est de ce fait l’Argument définitif de Dieu envers Ses serviteurs, justifiant qu’ils aient à rendre compte et à subir en toute justice les conséquences de leurs actes, et les privant au contraire eux de tout argument les déchargeant de leurs responsabilité.

 

Enfin, pour pouvoir être un tel Argument définitif, cet intermédiaire doit être sans faille tant en ce qu’il dit, qui ne doit être que pure vérité, qu’en ce qu’il fait, qui ne doit être que pure justice. Ce serait en effet encore une injustice que d’exiger des hommes qu’ils prennent pour exemple quelqu’un qu’ils verraient proférer des propos mensongers ou erronés ou agir injustement. Il serait en effet évidemment déraisonnable de se fier pleinement et entièrement à quelqu’un dont on a pu constater qu’il a menti, qu’il s’est trompé ou qu’il a mal agi. Et quelle injustice serait alors plus grande que de demander à l’homme d’agir en totale contradiction avec le critère dont Dieu l’a pourvu pour se guider et en fonction duquel il doit juger et être jugé !

L’intermédiaire chargé de guider les humains doit donc nécessairement posséder une connaissance telle qu’elle le rend infaillible sur le plan théorique et impeccable sur le plan pratique, qualité qui est nommée en arabe ‘iùma, celui qui la possède étant ma‘ùûm, c’est-à-dire « préservé », sous entendu « de l’erreur ». C’est ce à quoi fait référence l’Imam %âdiq, la Paix soit avec lui, en disant : « afin que la terre ne soit pas vide d’un Argument ayant avec lui une connaissance attestant de la véridicité de ses propos et de l’effectivité de sa justice ».

Une longue invocation dite « Prière de la lamentation », transmise des Gens de la Demeure prophétique, les saints Imams de la famille de Mohammad, Dieu le bénisse lui et les siens, commence en évoquant cette fonction prophétique et certaines étapes marquantes de son histoire depuis l’apparition de l’homme sur terre, autrement dit depuis Adam, à la fois premier homme et premier Prophète. En voici quelques extraits :

 

O mon Dieu, à Toi la louange pour [tout] ce qui s’est accompli du fait de Ton décret concernant Tes Proches-Amis, ceux que Tu as voulus purement pour Toi-même et pour Ta religion, […] si bien que Tu les agréas, que Tu les rapprochas, […] que Tu fis descendre Tes anges auprès d’eux, que Tu les ennoblis par Ta révélation, que Tu les honoras du don de Ta science, et qu’[ainsi] Tu en fis la voie qui mène à Toi et le moyen d’accès à Ta satisfaction :

l’un [Adam] que Tu installas en Ton Jardin de Paradis, jusqu’au moment où Tu l’en fis sortir ; l’un [Noé] que Tu portas en Ton arche et sauvas de la perdition, par Ta miséricorde, en compagnie de ceux qui, avec lui, avaient la foi ; l’un [Abraham] que Tu pris pour ami intime […] ; l’un [Moïse] à qui Tu parlas depuis un arbre, en vérité, et pour lequel Tu fis, de son frère, une aide et un second ; l’un [Jésus] que Tu fis naître sans qu’il ait eu de père, à qui Tu accordas les preuves évidentes et que Tu assistas de par l’Esprit de Sainteté.

A chacun [d’eux], Tu donnas une Loi et traças une voie, et Tu choisis pour lui des Successeurs nommés, dépositaires vigilants succédant l’un à l’autre, époque après époque, pour maintenir Ta religion et servir d’Arguments envers Tes serviteurs, afin que la vérité ne cesse d’être établie, que sur ceux qui la suivent l’erreur n’ait point d’emprise et que nul n’aille dire : « Que n’as-Tu envoyé vers nous un messager venant [nous] avertir et établi pour nous un signe qui [nous] guide, de sorte que nous aurions suivi Tes [versets et Tes] signes avant que de connaître opprobre et infamie ! »

 

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