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mardi, 21 décembre 2010 19:23

L'Islam chiite (18)

 
Grâce au Nom de Dieu le Tout-Miséricordieux et Très-Miséricordieux, chers auditeurs, comme on a eu l’occasion de le voir dans nos dernières émissions, en islam shiite, conformément aux enseignements de la Révélation coranique et des Gens de la Demeure prophétique, la Paix soit avec eux, qui en sont les porteurs et dépositaires, tout commence par l’intelligence, premier argument de Dieu envers les êtres humains et premier Prophète missionné pour guider l’humanité, chacun ayant finalement à rendre des comptes à la mesure « à la mesure, dit un hadith, de l’intelligence qui lui a été donnée. »

 

Les versets 17 et 18 de la sourate 39 disent ainsi :

Annonce la bonne nouvelle à Mes serviteurs qui sont attentifs à ce qui se dit et en suivent le meilleur. Voilà ceux que Dieu a guidé et ceux qui sont doués de cœurs intelligents.

En écho, un hadith de l’Imam Sâdiq, la Paix soit avec lui, le sixième Imam, précise :

La première des choses, leur principe, leur force et leur édification, sans laquelle on ne saurait tirer profit de rien, est l'intelligence, dont Dieu a fait une parure et une lumière pour Ses créatures : c’est par l’intelligence que les serviteurs connaissent leur Créateur et [savent] qu’ils sont créés, qu’Il est Celui qui les gère et qu’eux sont gérés, qu’Il subsiste et qu’eux s’éteignent. Grâce à leurs intelligences, ils raisonnèrent sur ce qu’ils voyaient de la création – le ciel, la terre, le soleil, la lune, la nuit, le jour… –, déduisirent qu’elle et eux avaient un Créateur et Organisateur qui est depuis toujours et sera à jamais, connurent le bien du laid, surent que les ténèbres étaient dans l’ignorance et la lumière dans la connaissance… Voilà ce que l’intelligence leur montre.

Comme on l’a vu, il existe de nombreuses voies pour établir l’existence et l’unicité du Principe de l’univers, les plus accessibles à toutes les intelligences étant celles qui partent de la constatation de la finitude et de l’ordre du monde pour en induire la nécessité d’un Créateur et Ordonnateur, voies inductives remontant de la création au Créateur, qui peuvent connaître bien des variantes sans que cela modifie pour autant la démarche fondamentale.

Cette démarche est la suivante. Une des premières connaissances de l’intelligence est la loi de causalité, à savoir que rien n’existence sans qu’il y ait une ou plusieurs causes à son existence. L’intelligence connaît ce principe par évidence et non pour l’avoir déduit ou démontré à partir d’un autre, pour la simple raison qu’une telle déduction ou démonstration impliquerait d’employer le principe de causalité lui-même – puisqu’une déduction est une forme de causalité – et que ce serait donc une pétition de principe, c’est-à-dire à l’emploi d’une conclusion dans un raisonnement devant établir cette conclusion même.

L’intelligence induit donc de l’existence des choses l’existence de leurs causes et des causes de leurs causes et ainsi de suite. En considérant alors cette chaîne de causes à effets, on ne peut envisager que trois éventualités, dont deux s’avéreront impossibles, ne laissant aucune alternative à la troisième :

1. Soit cette chaîne de causes à effets se prolonge à l’infini sans jamais aboutir à une ou plusieurs cause(s) première(s).

2. Soit cette chaîne de causes à effets forme un cercle vicieux, la ou les première(s) cause(s) étant un ou des effets des derniers effets de la chaîne.

3. Soit, enfin, cette chaîne aboutit à une ou plusieurs cause(s) première(s). Ce cas de figure implique évidemment que cette ou ces cause(s) première(s) ne soit l’effet d’aucune autre cause, car sinon on serait ramené au premier cas de figure. Étant sans être l’effet d’aucune cause, cette ou ces cause(s) première(s) existe nécessairement par elle(s)-même(s).

Les deux premiers cas de figures, la régression à l’infini et le cercle vicieux, sont impossibles, comme on le démontre en logique. Pour faire comprendre la chose simplement, représentons la chaîne des causes à effets par une ligne de soldats en rang l’un derrière l’autre à qui on donne l’ordre d’avancer tous d’un pas. Chaque soldat ne peut faire ce pas que si le soldat précédent avance lui-même d’un pas, et s’il ne le fait pas, le soldat suivant ne pourra non plus le faire.

Selon le premier cas de figure, cette ligne de soldats l’un derrière l’autre n’aboutirait jamais à un premier soldat et il y aurait toujours un autre soldat précédent. L’ordre d’avancer d’un pas ne pourra donc jamais être réalisé, puisque tous attendent qu’un premier soldat fasse le premier pas en avant, mettant en action la chaîne de causes à effets et entraînant le pas en avant de tous les autres. Or, un tel premier soldat n’existant pas selon cette hypothèse, il n’y aura jamais de premier pas, ni de pas suivant et la chaîne de cause à effet n’existera jamais. Or, cette chaîne de cause à effets existe et donc cette hypothèse est fausse.

Dans le second cas de figure, les soldats ne formeraient plus une ligne, mais un cercle. Chaque soldat attendant que le précédent fasse le premier pas et chaque soldat étant toujours précédé par un autre soldat, puisqu’ils forment un cercle, ce cercle ne se mettra jamais en mouvement et il n’y aura donc non plus jamais de chaîne de cause à effet. Et comme cette chaîne existe, c’est l’hypothèse qui est nécessairement fausse.

Ce n’est que le troisième cas de figure qui permet à la chaîne de causes à effets d’exister et donc cette chaîne aboutit nécessairement à une ou plusieurs première(s) Cause(s) qui n’est/ne sont elle(s)-même(s) l’effet d’aucune cause et qui existe(nt) donc par elle(s)-même(s) et par conséquent éternellement, depuis toujours et à jamais, puisque l’existence lui est / leur son intrinsèque et non advenue par une cause extérieure. Cette ou ces cause(s) première(s) sont donc un ou des « être(s) nécessaire(s) ».

Si ce raisonnement permet d’établir la nécessité d’une ou plusieurs cause(s) première(s), il ne permet pas de déterminer si il n’y en a qu’une ou s’il existerait une pluralité de cause(s) première(s) totalement indépendantes les unes des autres – car si elles n’étaient pas totalement indépendantes les unes des autres et si certaines d’entre elles dépendaient d’une manière ou d’une autre de certaines autres, elles ne seraient plus des causes premières, mais des effets de ces autres causes. Ainsi, si certaines d’entre elles avaient en commun un ou plusieurs élément(s) et se distinguaient par un ou plusieurs autre(s) élément(s), cet ou ces éléments serai(en)t une ou des causes nécessaires à leur existence.

Il faut donc recourir à un autre raisonnement pour trancher entre l’unicité de la cause première ou une multiplicité de causes premières, ce que l’on verra dans notre prochaine émission.

 

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