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lundi, 20 octobre 2014 07:21

La barbe de l’ascète

IRIB- Un ascète pieux vivait à l'époque du vénéré Moïse ; il vivait en recluse et passait jour et nuit à prier Dieu. Or, il se rendait compte lui-même que ces prières et oraisons ne lui donnait pas l'exaltation qu'il attendait. Parfois il s'oubliait dans une profonde méditation ; tout en peignant sa longue barbe, il se disait : je ne peux pas comprendre où est le problème ? Je n'ai rien en ce monde pour m'y attacher ; mon cœur appartient entièrement à Dieu, alors comment se fait-il que je ne peux pas croire, même moi-même, que Dieu accepte ces prières. Cela se passait ainsi jusqu'au jour, où l'ascète rencontra le vénéré Moïse et lui expliqua son problème : O Moïse voilà mon état ; j'ignore pourquoi je ne sens pas la quiétude après ces prières, pourquoi je suis si angoissé, je ne crois pas à ma vertu ; je t'en supplie, lorsque tu pries Dieu sur le mont Tûr, demandes-Lui pourquoi je ne sens aucune exaltation, pourquoi mes larmes ne coulent pas, pourquoi mon cœur n'est pas comblé de l'amour de Dieu, alors que je prie jour et nuit Dieu, pourquoi cette indifférence ?
Moïse promit : Très bien, je Lui demanderai.
Le vénéré Moïse évoqua à l'heure de la prière le problème de l'ascète et en demanda la cause à Dieu. Il lui est dit : O Moïse, c'est vrai que cet homme est en apparence un homme pieux et ascète, qu'il passe nuit et jour à prier, mais il lui manque une chose : la véracité. La véracité est la condition sine qua none à chaque chose. L'homme doit rester sincère dans sa pensée. La sincérité ne se limite pas à se confiner dans la montagne ou la plaine, il faut être sincère partout. Nombreux sont les gens qui vivent au sein de la société, mais ils sont sincères avec Dieu ; la sincérité donne de la joie, de la ferveur, de l'enthousiasme ; mais le cœur de cet homme n'est pas entièrement avec Dieu, une partie de sa pensée est toujours occupée par sa barbe ; il est toujours en train de peigner sa barbe, lorsqu'il se prosterne, il se demande si sa barbe arrive oui ou non jusqu'à la terre, lorsqu'il reçoit quelqu'un, sa grande préoccupation est de savoir si sa barbe est propre ; lorsqu'il est devant le miroir, il ne Nous remercie pas pour lui avoir donné la faculté de voir, son attention est plutôt concentrée sur sa barbe, dont il prend soin. Il est vrai qu'il adore Dieu, qu'il prie beaucoup et qu'il évite le péché, mais cet intérêt qu'il porte à sa barbe, a pris la place des autres choses ; quelle différence : un quidam ne pense qu'à l'argent, un autre est ambitieux, et un autre s'enlise dans l'hypocrisie ; celui-ci, il ne pense qu'à sa barbe ; il n'est pas sincère dans sa prière et ses invocations à Dieu, son cœur n'est pas sincère, d'où l'absence de ferveur et d'enthousiasme dans sa prière ; c'est justement pour cette même raison qu'il ne croit même pas lui-même en ses prières ; il a raison. »
Lorsque Moïse retourna du mont Tûr, il essaya de faire comprendre par différentes métaphores à l'ascète le problème. « Quand tu pries le Seigneur, il faut que toute sa pensée soit uniquement concentrée sur Dieu. Ecoute mon ami, si tu voulais par exemple t'adonner à la science, tu aurais dû te concentrer uniquement sur ce sujet et ne pas t'occuper de ton apparence ; si voulais prendre plaisir en lisant un beau poème et ou admirant un paysage naturel, tu aurais dû te concentrer sur ce sujet ; bref, tu dois oublier ta barbe, ton problème réside justement dans cette barbe. », lui expliqua Moïse. L'homme pieux en entendant de telles paroles se sentit tout confondu et baissa la tête ; il ne put retenir ses larmes. « C'est vrai, s'exclama-t-il, c'est vrai, je suis hantée par ma barbe : lorsque je prie, je voudrais savoir comment ma barbe s'agite ; cette barbe ne me permet pas de rester sincère. »
L'ascète était si bouleversé qu'il prit sa barbe à pleine main et commença à en arracher les poils ; et tout en pleurant et gémissant, il disait : c'est la faute de cette barbe, je ne veux plus cette barbe, je n'en veux plus...
Le vénéré Moïse fut très touché par les cris de regrets de l'homme, mais à ce moment-là, l'archange Gabriel descendit et lui dit : O Moïse ! Cet homme même, lorsqu'il a compris son problème, ne se détache pas toujours de sa barbe ; jusqu'à présent il n'avait qu'une seule idée : soigner sa barbe et maintenant il ne pense qu'à l'arracher ; mais ce n'est pas la faute à la barbe ; c'est la pensée qui doit être sincère sinon nombreux sont les gens qui portent une barbe mais ce n'est pas leur unique pensée ; ils pensent surtout à accomplir dûment la tâche qui leur incombe ; celui qui s'occupe tout le temps de sa barbe, de son apparence, ne peut plus se concentrer sur sa tâche ; il ne sera donc plus sincère et véridique.
La Conférence des oiseaux du Cheikh Attar de Neishapûr

 

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