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samedi, 30 mai 2015 06:24

Climat : les religions de France unies pour préserver la Création en danger

Climat : les religions de France unies pour préserver la Création en danger
IRIB- Le Palais du Luxembourg a accueilli en son sein les représentants des principales religions de France et leurs fidèles engagés pour le climat. Une première en France. Autour de la question de l'écologie et du développement durable, catholiques, protestants, orthodoxes, bouddhistes, juifs et musulmans ont été invités a détailler la position de leur culte en vue de la 21e Conférence internationale des Nations Unies sur le changement climatique (COP21), organisée cette année à Paris du 30 novembre au 11 décembre.

Faire participer les religions au combat pour l'écologie, c'était l'idée de Nicolas Hulot. « Quand j'ai pris cette mission, il m'a semblé évident, nécessaire de créer des passerelles avec des autorités religieuses. Que n'ai-je pas entendu au début de cette démarche ! Je voyais bien ces sourires narquois... On disait : "Hulot va au Vatican, il est tellement déprimé qu'il cherche un miracle..." Au passage, je suis preneur ! », lance l'envoyé spécial du président de la République pour la préservation de la planète, déclenchant des rires complices dans l'assistance. Car faire appel officiellement aux religions dans le débat public pour des questions qui ne concerne ni la laïcité, ni des polémiques de bout de tissu, est devenu assez rare pour être souligné.

Une bataille commune de l'esprit

Et Nicolas Hulot de reprendre dans un ton plus grave : « Nous sommes dans une grave crise de civilisation, il y a quelque chose de profondément intime qui ne fonctionne plus dans nos sociétés. (...) Pour moi, il y a une nécessité absolue de mener la bataille de l'esprit, l'âme du monde est profondément malade. » Il dénonce le brouhaha de la société de communication actuelle qui place souvent des sujets graves comme le dérèglement climatique au même plan que d'autres, beaucoup plus futiles. « Vous pouvez nous aider, vous et d'autres, à placer cette crise à un niveau supérieur et à faire en sorte que l'humanité n'esquive pas ce rendez-vous critique à laquelle elle est confrontée », interpelle l'envoyé spécial.

Un appel qu'acceptent volontiers les religieux, fiers de se retrouver au Sénat pour un sujet si important. « Ce colloque est un moment à la fois particulier, originale et un moment sans doute heureux bienvenu. L'objectif de manifester notre intérêt et notre engagement », explique le pasteur François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France (FPF) et président de la Conférence des responsables de culte en France (CRCF).

Préserver l'indispensable rôle du gardien
Chaque représentant a pris le soin de rappeler que sa religion, en lien avec la Création, est en phase avec l'écologie. Du moins dans les Textes sacrés. Dans le Coran, source première des musulmans, il est clairement fait mention, et à plusieurs reprises de la préservation de la nature. « L'humain est considéré comme le vicaire de Dieu sur Terre, al-Khalifa, le gardien de cette Terre qui est de sa responsabilité. Il sera jugé sur son utilisation de cette ressource qui ne lui appartient pas », explique Tarik Bengarai, théologien, chercheur en droit musulman également expert en finance.

Dans le récit prophétique également, l'importance de la nature est telle que « si la fin du monde venait à survenir, alors que l'un d'entre vous tenait dans sa main une plante alors s'il peut la planter avant la fin du monde, qu'il le fasse », cite Tarik Bengarai. Lors de ces regards croisés avec les autres religions, ce hadith selon Mouslim fait écho à une référence du Talmud : « Si tu es en train de planter un arbre, et qu'on t'annonce la venue du Messie, et bien le Messie attendra », cite Michaël Azoulay, le rabbin de Neuilly-sur-Seine. « Une phrase très importante quand on connait l'importance de l'espérance de la venue du Messie dans la tradition juive » précise-t-il.

Un plaidoyer commun à remettre à François Hollande
Tous les textes religieux sont nourris de références à la terre et bannissent le gaspillage et la démesure. Le respect de ce patrimoine commun est donc une obligation religieuse pour le fidèle. De tous les cultes, cette prise de conscience de la responsabilité humaine est fortement ancrée du côté bouddhiste où l'on considère que « l'homme, son environnement et la nature ne font qu'un », rappelle Olivier Reigen Wang Genh, président de l'Union bouddhiste de France. Sensibiliser, faire de la pédagogie et être un relais, c'est la principale mission des représentants religieux. S'ils se sentent impliqués, ils déplorent que les moyens à mettre en œuvre restent encore flous. « Il faut faire un grand travail de formation sur le terrain, dans nos mosquées notamment » esquisse Tarik Bengarai.

Cette journée de réflexions et de débats, suivi d'un temps d'échanges sur les actions concrètes qui peuvent être menées, était appelée à nourrir un plaidoyer commun pour le climat, un texte qui sera présenté à François Hollande le 1er juillet à l'Elysée. Ce même jour, des religieux ont décrété qu'ils jeûneraient pour participer au mouvement du jeûne pour le climat. Les musulmans seront alors en plein Ramadan. « Nous réfléchissons même à l'idée d'inviter François Hollande à jeûner avec nous ce jour-là », lance le président de la CRCF. Plus important encore : que de nouveaux engagements puissent être pris pour que l'action politique française contribue, avec la société civile, à accompagner un changement des comportements devenu nécessaire.

saphirnews

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