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lundi, 10 décembre 2012 07:22

Histoire de l’astronomie iranienne de la période sassanide aux premiers siècles de l’islam (1)

 
Les connaissances les plus anciennes sur l’astronomie mathématique de l’empire perse se sont développées en Mésopotamie. Sous les Achéménides les théories planétaires, lunaires et solaires babyloniennes furent étudiées et peu à peu assimilées par les Perses. Ainsi, durant la période achéménide, outre l’astronomie, les Perses adoptèrent simultanément la littérature babylonienne des augures astraux et transmirent l’ensemble de leurs découvertes à l’Inde vers la fin du Ve siècle ou au début du IVe siècle avant Jésus-Christ.

 

Il n’existe cependant pas de preuve directe qui témoignerait de l’état d’avancement de l’astronomie iranienne durant cette période. Certains documents remontant à la période parthe révèlent la qualité des études perses consacrées à l’astronomie mathématique babylonienne ainsi qu’à l’apport indien dans ce domaine, ces derniers ayant commencé à être influents. Au IIIe siècle, les premiers souverains sassanides parrainèrent la traduction du grec et du sanscrit des ouvrages d’astronomie et d’astrologie en pahlavi. Parmi ces textes, il y avait notamment des traités d’astrologie de Dorotheus de Sidon, Vettius Valens ainsi que l’Almageste (Syntaxis mathematike) de Ptolémée.

La version pahlavi de ces ouvrages n’a pas été conservée. Des traductions arabes des versions pahlavis de Dorotheus de Sidon et d’un traité astrologique sassanide intitulé Ketâb-e Zaradosht reflète l’esprit syncrétique des savants sassanides. Ces traductions arabes comprennent de nombreux fragments perdus concernant l’astronomie et l’astrologie pahlavi. Il est probable que les scientifiques sassanides aient transmis certaines théories indiennes en Syrie. Selon plusieurs passages d’une compilation du IXe siècle, des anciennes données intitulées Bondahesh, il est possible de déduire une idée de la nature de l’astronomie sassanide. Les principes astronomiques du Bondahesh sont rudimentaires et essentiellement issus des savants indiens. Ayant été considéré comme l’encyclopédie populaire de l’époque, ce livre contient des explications sur la cinématique des planètes selon laquelle leurs mouvements sont affectés par des cordes cosmiques.

Il faut toutefois noter que les principes de bases de l’astronomie sassanide ont survécu jusqu’au milieu du IXe siècle. Cela était dû au fait qu’un grand nombre des astronomes musulmans du VIIIe et IXe siècle étaient Iraniens et utilisaient les ouvrages d’astronomie écrits en pahlavi.

Vers la fin du IXe siècle, grâce aux efforts d’Al-Battani et d’autres savants syriens, l’astronomie islamique fut influencée par Ptolémée. L’Almageste devint alors l’ouvrage de référence dans tout le Moyen Orient. Certains paramètres furent néanmoins soumis à des modifications en raison des nouvelles données acquises lors des observations. Les mathématiques furent améliorées ; notamment en trigonométrie rectiligne et sphérique. Le calcul des fonctions circulaires de sinus, cosinus et tangente fut introduit en trigonométrie. Les méthodes de projection issues des sources indiennes furent introduites en trigonométrie sphérique et l’usage des tables astronomiques devint plus pratique.

A cette même époque, le De caelo et la Métaphysique d’Aristote, bien qu’en contradiction avec les principes de Ptolémée, formaient généralement les bases de l’astronomie physique. De 850 à 1240, les astronomes perses appliquèrent les méthodes ptoléméennes. Leurs innovations se limitaient au développement de ce modèle tout en introduisant les apports indiens et sassanides retrouvés dans des anciens manuscrits arabes.

Dans la Perse antique, notamment à l’époque de l’empire sassanide, l’astrologie et l’astronomie formaient souvent une seule discipline dont l’objectif était de répondre aux deux questions suivantes :

1- Comment peut-on définir le mouvement du soleil, de la lune et des étoiles ?

2- Quelles fonctions ont ces mouvements ?

Comme on le remarque, la première question traite de l’aspect astronomique et la deuxième de l’aspect astrologique. Durant toute la période sassanide, les Perses considéraient les astres comme des divinités vivantes, révéraient le soleil, la lune et les étoiles selon la coutume de leurs ancêtres. La religion et le culte de la majorité de la population de l’époque étaient basés sur des doctrines astrologiques.

Dans le manuscrit le plus ancien de l’Avesta, il n’y a aucune trace d’astronomie scientifique mais on y trouve en revanche des indications sur l’astronomie d’observation au sujet du soleil, de la lune et de certaines étoiles.

L’Avesta dépeint le champ de l’existence comme un complexe d’êtres vivants mortels et divins engagés dans un conflit cosmique contre des démons dont le point de mire est la terre et sa fertilité. Les pré-zoroastriens perses croyaient en l’existence des déités visibles et offraient des sacrifices aux astres, au soleil et à la lune pour assurer leur protection et leur soutien. Le mouvement du système solaire et en particulier des planètes ne pouvait à ce stade poser de problèmes pour ceux qui ne s’en rendaient même pas compte. Le ciel était vu comme une zone de démonstration du rythme des jours, des mois et des années, le passage desquels donnait un sens aux activités productives de l’homme. Ce guide divin du cycle annuel fut représenté plus tard sous forme de calendrier.

À suivre…

 

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