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lundi, 03 décembre 2012 07:46

Une rétrospective des relations médicales franco-iraniennes

 
Les relations médicales entre la France et l’Iran ont une histoire jalonnée de vicissitudes, s’étendant sur plusieurs siècles. Nous en mentionnons les événements les plus marquants.

En 1667, le Père François Angélus arriva à Ispahan. Fréquentant les pharmacies traditionnelles iraniennes, il publiera en 1681, à Paris, un ouvrage sur les médicaments iraniens de cette époque. Un peu moins d’un siècle plus tard, en 1750, le Père Damian, originaire de Lyon et arrivé en Iran quelques années plus tôt, devint le médecin de Nâder Shah.

Ce n’est cependant qu’en 1846 que la médecine française se fera véritablement connaître en Iran, et ce grâce au Professeur Ernest Cloquet. Dès son Arrivée à Téhéran, il devient le médecin du roi qajar, Mohammad Shah. Cloquet épousa une jeune arménienne d’origine iranienne. Il fut aussi le premier médecin étranger à enseigner la nouvelle médecine et la chirurgie à l’École Dar-ol-Fonoun, fondée par Mirza Taqi-Khan Amir-Kabir, l’illustre chancelier de Nasseroddin shah. Le Professeur Joseph Désiré Tholozan, agrégé du Val-de-Grâce remplaça Cloquet fut envoyé en Iran par le Roi de France suite à la demande de Mohammad Shah qajar. Tholozan vivra quarante ans en Iran et deviendra responsable national de la santé publique. Il est également à signaler que Nâsseroddin Shah lui décerna le titre de "Jenâb", jusque-là réservé aux seuls membres de la Cour impériale, en reconnaissance des innombrables services qu’il rendit à la nation iranienne. Tholozan décéda en 1897 et fut enterré au cimetière d’Akbar-Abâd de Téhéran.

En 1858, quarante-deux jeunes iraniens furent pour la première fois envoyés en France. Cinq d’entre eux y étudièrent la médecine.

En 1891, le docteur Schneider succéda à Tholozan et restera en Iran jusqu’en 1907. Il donna une nouvelle impulsion à l’École Dar-ol-Fonoun et remettra à Nâsseroddin Shah un projet destiné à rénover la Section médecine de l’École Impériale Polytechnique de Téhéran. L’enseignement de la plupart des matières médicales dispensées dans cette École fut confié aux Dr Major Georges, Major Galley, Danton et au Dr Olmer, tous de nationalité française. Les docteurs Danton et Olmer auront même l’honneur de signer les diplômes de médecin décernés aux jeunes iraniens au terme de leurs études. Cependant cette liste de médecins français enseignants à Dar-ol-Fonoun n’est pas exhaustive, il faut également citer entre autres : Les professeurs Mont, Odigier, et Boneville, ainsi que les docteurs Porak et Rolland.

En 1907, le Major Coppin, médecin de Mohammad Ali Mirza, prince héritier, devint le médecin personnel du Roi. Il s’agissait cependant des cinq dernières décennies qui constituèrent l’apogée de cette riche coopération entre les communautés médicales iranienne et française ; unique à la fois de par sa qualité, sa continuité, sa réputation, son ancienneté ainsi que par l’impact qu’elle avait à l’époque, et dont les effets se font encore sentir de nos jours. En effet, cette période fut fortement marquée par la contribution scientifique française et aboutit à la fondation de la Faculté de Médecine de l’Université de Téhéran en 1935, puis celle de Mashhad en 1948. Ces deux facultés de médecine, qui sont les plus anciennes dans ce domaine en Iran, furent créées grâce aux efforts continus du Professeur Charles Oberling, qui est sans doute la personnalité médicale française qui a le plus marqué la médecine iranienne. Son action remarquable a permis de perpétuer ainsi cette longue tradition de présence médicale française en Iran. En 1939, Le Professeur Oberling, agrégé de pathologie de la Faculté de médecine de Paris, fut nommé Doyen de cette nouvelle Faculté de médecine de Téhéran, poste qu’il occupa pendant six ans. L’une de ses œuvres essentielles a notamment consisté à rattacher aux facultés de médecine tous les hôpitaux publics iraniens. Le résultat de cette heureuse initiative fut de permettre d’améliorer la qualité des soins dispensés aux patients ainsi que la formation pratique pour les étudiants de médecine. Son dévouement, son influence morale, son impulsion scientifique et ses efforts sans relâche pour implanter la nouvelle médecine en Iran, ainsi que ses qualités humaines et son attachement à ce pays, a valu au Professeur Charles Oberling l’estime, la considération et le respect de l’ensemble de la communauté médicale iranienne.

L’Institut Pasteur d’Iran

L’immense contribution scientifique de la France dans la création de l’Institut Pasteur d’Iran marque également une étape importante de l’histoire de la médecine franco-iranienne. En 1920, Ahmad Shah demanda au Professeur Roux, alors directeur de l’Institut Pasteur de Paris, de contribuer à la fondation d’un institut Pasteur à Téhéran. Ce dernier chargea le Dr Joseph Mesnard d’apporter sur place son concours aux responsables iraniens pour créer l’Institut Pasteur d’Iran. Il devint ainsi le premier directeur de l’Institut Pasteur de Téhéran. Il eut comme successeurs les docteurs Kerandel, Legroux et Marcel Baltazard, qui rendirent d’innombrables services dans le domaine de la santé publique en Iran, et ce jusqu’à nos jours. Fort de l’appui que l’ambassade de France, le prestigieux établissement est également soutenu moralement et scientifiquement par l’Institut Pasteur de Paris où ses doctorants et chercheurs s’y rendent chaque année.

 

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