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samedi, 01 septembre 2012 02:45

Râzi, figure de proue de la médecine moderne (3)

Râzi a mis en place des thérapeutiques nouvelles

 

Râzi a introduit l’utilisation des préparations chimiques en médecine. Il utilisait par exemple un onguent contenant du mercure pour accélérer la cicatrisation de la peau dans certaines dermatoses. Râzi a également été le premier médecin à utiliser des spécialités pharmaceutiques telles que des collyres ou des pommades pour les yeux, en particulier pour prévenir l’infection ophtalmique dans les cas de variole et de rougeole. Il a également fabriqué un onguent à base de carbonate de plomb dont il se servait pour cicatriser les plaies et à qui il a donné son nom : on l’appelle l’onguent blanc de Rhazès ou Blanc Rhasis.

Dans son livre sur les calculs du rein et de la vessie, Râzi a décrit les instruments chirurgicaux qu’il avait inventés et qu’il utilisait pour l’extraction des calculs non éliminés après le traitement médical. Dans d’autres livres, il a décrit les instruments qu’il avait construits pour la chirurgie des paupières en cas de fistules lacrymales et pour l’extraction des dents.

Certaines pratiques introduites par Râzi en médecine existent encore de nos jours

Certaines des pratiques introduites par Râzi en médecine ont été très longtemps utilisées par les médecins dans le monde. Par exemple, Râzi a été le premier médecin à utiliser du coton dans ses gestes médicaux. Il mettait du coton (ou un tissu très fin) sur les éruptions de variole pour que les éruptions ne se rompent pas quand les malades se grattaient. Il mettait également du coton imbibé d’eau de rose et de camphre dans les narines des malades atteints de variole pour empêcher l’extension de la maladie au niveau des voies respiratoires. Pour arrêter le saignement d’une artère, il mettait du coton au niveau de la plaie et imprimait une pression sur l’artère avec les doigts, ce qui est encore pratiqué de nos jours. Râzi utilisait également du coton dans les opérations chirurgicales. Râzi est également le premier médecin à avoir préconisé l’utilisation de la corde de harpe pour les sutures dans la chirurgie viscérale, et les crins de chevaux pour la suture des plans cutanés. Il a inventé le séton, qui était utilisé pour les drainages en chirurgie jusqu’au début du XXe siècle.

Avant d’utiliser un nouveau traitement pour traiter les malades, Râzi faisait des essais sur les singes, et il semble qu’il ait été le premier médecin à avoir fait des expérimentations sur les animaux pour les nouveaux médicaments.

Râzi a été également le premier médecin dans le monde à avoir instauré la rédaction d’un compte rendu journalier pour les patients hospitalisés dans les hôpitaux qu’il dirigeait ; cette pratique a été généralisée et existe encore de nos jours dans les hôpitaux du monde entier.

Un autre aspect exceptionnel de Râzi est sa méthode d’enseignement, qui est assez proche de celle pratiquée de nos jours : Râzi et ses étudiants se réunissaient dans une salle, on faisait entrer un patient, les étudiants les moins expérimentés commençaient à l’examiner et prononçaient un diagnostic, puis venait le tour des étudiants plus expérimentés, et Râzi donnait son avis en dernier.

Pour Râzi, la déontologie et les vertus humaines étaient importantes

Râzi pensait que les malades méritent d’avoir un médecin digne de confiance. Ses écrits et les témoignages de ceux qui l’ont connu montrent que c’était un homme aimable, bon et généreux. Il faisait attention à ses patients et n’abandonnait pas ses efforts tant qu’il ne découvrait pas leur maladie. Il avait pour principe de donner de l’espoir au malade même quand il pensait lui-même que sa guérison était peu probable. D’après les historiens, Râzi utilisait la suggestion pour guérir les malades. On peut même considérer que Râzi était un pionnier de la médecine psychosomatique car il pensait que l’état du corps obéit à la psyché et que pour traiter les maladies corporelles, le médecin doit guérir les problèmes psychoaffectifs du malade.

Râzi était bienveillant envers les pauvres et leur venait en aide, et les gens l’aimaient et le respectaient pour cette raison. Il donnait gratuitement les médicaments aux nécessiteux et fournissait leur nourriture dans certains cas. Il a écrit un livre intitulé Teb-ol-Fogharâ (La médecine des pauvres) comme guide d’automédication pour les gens qui n’avaient pas la possibilité d’avoir recours à un médecin. Son but n’était pas de s’enrichir et il ne s’est pas enrichi dans sa vie. Il était le médecin des gens ordinaires et avait peu de relations avec les cercles du pouvoir. Il n’a apparemment rencontré le gouverneur de Rey, Mansour Ibn Eshâgh, que quand celui-ci était malade.

Râzi était également aimable envers ses étudiants. Les historiens ont écrit qu’à la fin de la journée de travail, quand il sortait de l’hôpital, ses étudiants l’accompagnaient jusque chez lui et continuaient à lui poser des questions scientifiques chemin faisant, et Râzi leur répondait.

Il accordait de l'intérêt à l'observation clinique relative à l'évolution de la maladie en fonction du médicament dispensé, ainsi que l'évolution du malade et le résultat du traitement.

- il fut le premier à s'intéresser à l'aspect psychosomatique dans le diagnostic des maladies, constatant, par exemple, que certaines maladies abdominales étaient suscitées, en premier lieu, par des causes psychosomatiques.

- Les diagnostics de la variole et de la rougeole sont parmi les réalisations médicales les plus importantes d'al-Razi. Sa description minutieuse et détaillée des différentes phases éruptives au cours de la variole et leur méthode de traitement est un modèle qui permet de le classer parmi les cliniciens de génie. Il décrit la différence clinique entre les deux maladies de façon si frappante que rien depuis n'y a été ajouté. C'est un chef d'œuvre de la médecine clinique (Browne 1962).

- Il insistait sur l'importance que revêtent la pratique, l'expérience et l'expérimentation dans le traitement des malades. En outre il expérimentait les nouveaux remèdes sur les animaux avant de les prescrire aux malades.

- Les occidentaux reconnaissent les innovations de Rhazes en gynécologie et obstétrique, ainsi que dans les maladies vénériennes et en chirurgie des yeux.

- Il avait abordé, par ailleurs, le problème de la paralysie faciale et cherché à en identifier les causes. Il a pu distinguer, ainsi, entre la paralysie provoquée par une cause propre au cerveau et celle d'origine locale.

- Râzi a décrit également les ramifications des nerfs dans la cage thoracique.

- Il a décrit les différents types de fièvres, qui comprennent l'état continu, la rechute, et la fièvre agitée. Il a déclaré que la fièvre peut être le symptôme d'une maladie ou une maladie en soi.

- Il semble être le premier à décrire le ver de Médine.

- Au plan thérapeutique: il a présenté le mercure comme substance thérapeutique notamment pour la préparation de pommade pour la première fois dans l'histoire, thérapie qui fut plus tard adoptée en Europe.

- Excellent anatomiste et chirurgien réputé, il distingua, le premier, le nerf laryngé du récurrent et pratiqua plusieurs fois l'opération de la cataracte.

- Il fut le premier à utiliser le boyau de chat dont il appréciait la souplesse, la résistance et le pouvoir de résorption pour différents types de sutures. Il pratique les sutures avec un fil et 2 aiguilles, enfin les sutures sous dermiques qui ne laissent après elles aucune cicatrice.

- Râzi serait parmi les premiers à utiliser les compresses humides et tièdes pour couvrir les intestins au cours des interventions chirurgicales sur l'abdomen.

- Il s'est rendu compte que, d'une manière générale, les hommes ne souhaitent pas tomber malade, et souhaitent récupérer aussitôt que possible lorsqu'ils le sont. Cependant, si un patient n'a pas la volonté ou le désir d'aller mieux, les mains du médecin sont liées et il ne peut lui être d'aucune aide.

- En chimie: Il pratiquait l'extraction de l'alcool par distillation des substances amylacées et glucidiques fermentées, qu'il utilisait en pharmacie pour la production des médicaments et des remèdes. Il est, en outre, le premier à avoir mentionné l'acide sulfurique, qu'il appelait «l'huile de vitriol» ou «vitriol vert». Il est aussi parmi les premiers à appliquer les connaissances chimiques à la médecine et à rattacher la guérison du malade à une réaction chimique dans son corps.

- Il a insisté sur l'importance d'une éducation scientifique continue du médecin. Il a conseillé aux médecins de consigner leurs propres observations. Il les encouragent à se rencontrer avec d'autres médecins pour discuter des problèmes médicaux. Il a recommandé aux médecins d'essayer de résoudre leurs problèmes plutôt que déléguer aux autres la découverte des solutions.

Ses observations personnelles sont d'une grande pertinence et d'une profonde sagesse :

"Quand Galien et Aristote sont d'accord sur un point, les médecins peuvent aisément prendre une décision; mais quand leurs opinions divergent, il est bien difficile de les mettre d'accord. Qui consulte plusieurs médecins commettra plusieurs erreurs!"

La thérapeutique se sépare de l'astrologie avec Râzi pour s'appuyer sur l'expérimentation. "Si le patient peut être traité par le régime, éviter les médicaments, les associations de médicaments; et s'il peut être traité par des médicaments simples, éviter les associations de plusieurs médicaments."

On doit également à Râzi des écrits pertinents sur les ictères par rétention, les pyuries fébriles et la lithiase rénale. Râzi fut l'un des premiers cliniciens qui a préconisé les bains froids dans le cas de brûlures, méthode moderne qui a l'avantage de soulager les douleurs et de réduire les fuites plasmatiques chez les brûlés,

La découverte de l'asthme allergique (Shammyeh.). Il fut aussi le premier à découvrir et à décrire dans le détail la séméiologie du rhume allergique et la relation avec l'odeur des roses dans sa "dissertation sur les causes du coryza au printemps, quand les roses sentent bon." Il donne des conseils sur les médicaments à éviter et les prescriptions conseillées en cas d'aggravation de la toux et des signes respiratoires.

Chaque année le 27 août les Iraniens rendent hommage à cet éminent scientifique qui a approfondi les connaissances humaines en médecine, en chimie et en pharmacie, et a mis en place des pratiques médicales et chirurgicales qui sont restées des références dans ces domaines pendant de nombreux siècles.

 

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