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samedi, 11 août 2012 07:28

Les systèmes de chronologie en Iran, de l'Antiquité à nos jours (1)

Depuis des temps immémoriaux, les Iraniens ont accordé une importance toute particulière à la chronologie, science de la fixation des dates des évènements historiques, à l’établissement du calendrier en tant que système de mesure du temps pour les besoins de la vie quotidienne, et à l’astronomie, science des astres, des corps célestes et de la structure de l’univers. Les grands astronomes de la période islamique étaient les héritiers de cette passion ancienne : Ibn Heysam, Abou Reyhân Birouni, Abou Sahl Vijan ibn Rostam Kouhi, Abou Ma’shar Balkhi, Khâzeni, Khâdjeh Nassireddin Toussi, Omar Khayyâm, Abdolrahmân Soufi Râzi, Abdolali Birdjandi, Ali Qoushtchi, Qiâsseddin Djamshid Kâshâni, Qotbeddin Shirâzi, Kamâleddin Fârsi, Mohammad-Bâqer Yazdi, Mohammad ibn Moussa Kharazmi… comptaient parmi les astronomes les plus célèbres de la période islamique qui ont consacré une partie de leurs œuvres à l’études des systèmes de chronologie, et à la rectification ou à l’invention de calendriers.

Dans l’Antiquité iranienne, l’astronomie était un savoir quasi-religieux administrée en général par les mages zoroastriens. Dans le Dictionnaire Dehkhodâ, le mot « mage » (en persan : « moubad ») est présenté comme synonyme d’« astronome » et « astrologue ». Dans le Shâh-Nâme (Livre des Rois) de Ferdowsi, le mot mage est également utilisé dans ce sens :

« J’ai trouvé ton étoile, d’après les calculs des mages qui déterminent les astres. »

Les noms choisis par les Iraniens de l’Antiquité pour certaines régions de leurs domaines sont également révélateurs et indiquent l’attention qu’ils portaient aux phénomènes astronomiques et à la chronologie : la province du Sistân était alors appelé « Nimrouz » (midi), tandis que le nom de la province du Khorasan signifiait « lever de soleil ».

En ce qui concerne les évolutions des systèmes de chronologie de l’Antiquité iranienne, nous pouvons diviser cette période en cinq parties : période mésopotamienne, période avestique, période achéménide, période arsacide et période sassanide :

1- Chronologie mésopotamienne

2- Chronologie avestique

3- Chronologie achéménide

4- Chronologie arsacide

5- Chronologie sassanide

5-1- Chronologie officielle (nouveau calendrier avestique)

5-2- Chronologie Vahijak

5-3- Chronologie Kharâdji

1- Chronologie mésopotamienne

Les civilisations de la Mésopotamie situées à l’ouest du plateau iranien utilisaient depuis très longtemps des systèmes de division de temps en année. La civilisation babylonienne était sans doute la plus avancée en matière d’astronomie. Le système chronologique babylonien était un système lunaire. Les Babyloniens de l’Antiquité avaient adopté un calendrier constitué de 12 mois lunaires auxquels ils ajoutaient si nécessaire des mois supplémentaires pour conserver une correspondance avec les saisons de l’année. En ce qui concernait les bissextes, les Babyloniens les ajoutaient une fois tous les huit ans ou une fois tous les 19 ans à leur calendrier. Plus tard, les astronomes achéménides s’en sont inspirés pour élaborer leur propre système de l’année bissextile.

2- Chronologie avestique

Pour désigner la période ayant précédé l’établissement de l’Empire perse par les Achéménides, les chercheurs utilisent souvent le terme « avestique » pour insister sur les origines iraniennes de cette période. Cet ancien système iranien de chronologie était un système lunaire-solaire. En d’autres termes, les mois étaient lunaires, tandis que pour adapter le système aux saisons (système solaire), on se servait d’un système de bissextes une fois tous les trois ans. Ce système avestique était également utilisé en Inde. L’Avesta, livre des prières du zoroastrisme en persan ancien, et le Veda, écrits sacrés les plus anciens de l’hindouisme, en sanskrit, indiquent l’un comme l’autre l’existence de ce système de chronologie lunaire-solaire en Iran et en Inde.

L’année avestique commençait le premier jour de l’été (22 juin). Chaque année comptait six saisons de durées inégales. La fin de chaque saison était marquée par un jour de fête. Le tableau suivant présente le nom, la durée et la date de la fête correspondant à chaque saison du calendrier avestique

Les cinq jours complémentaires

Il convient ici d’évoquer l’existence des cinq jours complémentaires dans le système de chronologie avestique, tradition qui a duré très longtemps en Iran jusqu’à la période islamique.

Les douze mois du calendrier avestique était constitués chacun de 30 jours. Par conséquent, l’année en comptait 360, tandis qu’il y en a 365 dans une année solaire réelle. A l’époque de l’utilisation du calendrier avestique, ces « cinq jours complémentaires » étaient ajoutés à la fin du huitième mois (Abân). Cette tradition a été respectée jusqu’au VIe siècle de l’Hégire. En effet, c’est après l’élaboration du calendrier Djalâli, sous les Seldjoukides que les cinq jours complémentaires ont été déplacés vers la fin du 12ème mois de l’année.

3- Chronologie achéménide

La chronologie achéménide est également connue sous le nom d’« ancien calendrier perse ». Les meilleurs documents qui nous en restent proviennent de l’inscription de Bisotoun et des documents écrits de Persépolis. Par ailleurs, les archéologues estiment que les bas-reliefs de Persépolis, notamment la scène du combat entre le lion et le taureau (noms de deux signes du zodiaque) indiquent les symboles astronomiques et chronologiques des achéménides.

Il n’y a pourtant aucun document relatif aux 37 années du règne de Cyrus le Grand (559-530 av. J.-C.), de Cambyse II (530-522 av. J.-C.), et des sept mois du règne du "menteur Gaumata". Cependant, plusieurs documents datés existent à partir du règne de Darius le Grand : Darius Ier le Grand (522-486 av. J.-C.), Xerxès Ier (486-465 av. J.-C.) et Artaxerxés Ier (465-425 av. J.-C.). Il est curieux de savoir que le dernier document daté des Achéménides date de 459 av. J.-C., sous le règne d’Artaxerxés Ier. En effet, à partir de cette date jusqu’à la chute de la dynastie achéménide (invasion d’Alexandre) en 334, aucun document daté des Achéménides ne nous est parvenu.

L’inscription rupestre de Bisotoun, appartenant à l’époque de Darius le Grand, n’indique les dates que par le nom du jour et du mois, sans mentionner clairement les années. Ce système de datation est assez courant dans la plupart des documents écrits de l’époque achéménide. L’inscription de Bisotoun évoque également, selon Ralph Norman Sharp, dans son Décrets royaux des Achéménides en persan ancien, les dates seulement en indiquant l’année : « Le Roi Darius dit : Voilà ce que j’ai fait à la deuxième et à la troisième année de mon règne. »

Selon les indices, le système de chronologie le plus répandu dans l’Empire achéménide était le calendrier lunaire-solaire des Babyloniens, devenus très vite des sujets de l’Empire. En effet, aucun document n’a été trouvé prouvant l’usage d’autres systèmes de chronologie chez les Achéménides. Ces derniers ont inventé leur propre calendrier en s’inspirant de celui des Babyloniens. Le calendrier achéménide se renouvelait au couronnement de chaque nouveau roi, d’autant plus que comme le calendrier babylonien, celui des achéménides introduisait des bissextes une fois tous les huit ans ou une fois tous les 19 ans. La dénomination des mois de l’année était pourtant tout à fait différente.

À suivre…

 

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