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lundi, 15 août 2011 11:29

À propos de la langue persane

À propos de la langue persane
«Demeure de l’être», pour reprendre l’expression de Heidegger, la langue est le berceau de l’histoire, sans elle, l’homme n’aurait pas d’histoire.

Selon le concept heideggérien, langue et culture se complètent l’une et l’autre. Vieille de plusieurs millénaires, la langue persane a vu le jour, dans le berceau de la civilisation, sur le plateau iranien, et la clé du thesaurus de la culture, de l’éthique et de l’histoire du monde. Les subtilités syntaxiques et la finesse littéraire, qui véhiculent, en filigrane, une culture riche et un savoir profond, ont fait du persan une langue vivante et dynamique, en perpétuel renouveau. Doux et mélodieux, les mots coulent, caressant l’oreille de leur musicalité suave.

Où l’on parle le persan, on est détenteur d’une culture brillante, qui ne cesse de s’embellir, de s’enrichir. L’exemple manifeste se trouve, dans les cultures asiatiques, qui ont été marquées, d’une manière ou d'une autre, par la langue et la littérature persane. Le persan ne se confine pas au seul Iran. De l’Asie centrale au Caucase et en Asie mineure, en passant par le sous-continent indien, le persan occupe, dûment, une place prépondérante, sur les scènes culturelles. Et pour l’heure, il est la langue officielle de trois pays, dont l’Iran, bien entendu, l’Afghanistan et le Tadjikistan. Le persan est, aussi, présent, au Pakistan, en Inde, en Irak, et dans certains pays du littoral Sud du golfe Persique.

La riche littérature que véhicule le persan, est incontournable, dans l’identité culturelle de l’Iran islamique. La poésie persane occupe une place de choix, dans le patrimoine culturel mondial, et elle s’est consacrée les plus belles pages de ce livre monumental. Une grande partie des études d’iranologie concerne le persan et prouve comment au fil des siècles, cette langue malléable et dynamique, tel le sphinx, renaît de ses cendres, resplendissante et fraîche ; ce qui est, selon les linguistes, le facteur majeur de la survivance d’une langue. Le persan assimile les éléments des autres langues, tout en les marquant à son tour. Il alimente en termes et syntaxe, l’urdu et le turc. On ne peut pas nier son influence sur l’arabe et les langues européennes, dont le français, l’anglais et le russe.



Au niveau national, le persan est ce maillon qui relie cette chaîne de diversité culturelle qu’est la mosaïque iranienne; il se pose en identité des Iraniens ; et n’oublions pas qu’à l’échelle internationale, elle vient juste, après l’arabe, étant la deuxième langue parlée, dans le monde de l’Islam. Elle véhicule le summum intellectuel et spirituel des valeurs islamiques, de l’Est à l’Ouest, depuis la Chine, jusqu’en Mésopotamie, du Nord au Sud, du bassin caspien, jusqu’au littoral du golfe Persique. En feuilletant les annales de l’histoire, on retrouve le persan, pour de longs siècles, aussi bien, dans le sous-continent, où il était la langue officielle et de la Cour, qu’en Irak, en Azerbaïdjan, jusqu’aux frontières de Byzance et de l’Asie mineure.

Le persan véhicule une partie importante du thesaurus mondial. Il a assuré la pérennité de larges segments de l’héritage humain qui comprend un large éventail de la pensée de l’homme, dont la philosophie, la religion, la science, l’éthique, la gnose et la politique. Sans le persan, il serait difficile d’avoir une juste conception de tout ce que les Anciens, dont Hafez, Molana Rumi, Attar, Saadi, ou Ferdowsi nous ont transmis, au travers de leurs œuvres. En dernier mot, il serait injuste de parler de la langue persane, sans mentionner Ferdowsi. En fait, qui dit persan, dit Ferdowsi. Il est, donc, de notre devoir de l’évoquer et tout ce que le persan doit à l’auteur du Shâh-nâme, ce dont le chantre de la poésie épique persane résume, en ces quelques vers. Nous nous contenterons, donc, de vous les rappeler. Ce qui nous permettra, aussi, de clore ce chapitre.

J’ai tant souffert ces trente ans durant

J’ai fait revivre l’Iran par ce persan

De la poésie j’ai jeté les bases d’un monument

Epargné de la pluie et du vent

Je ne connaîtrai jamais la mort

Puisque j’ai cultivé la semence de la parole

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