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mercredi, 19 novembre 2014 07:10

« Pour les rires de Majid », une note de Rakhshan Bani-Etemad en souvenir de Majid Bahrami

De nombreux artistes iraniens ont prononcé des discours ou publié des messages pour commémorer le souvenir de Majid Bahrami, acteur emporté il y a quelques jours par un cancer. La cinéaste iranienne, Mme Rashkhan Bani-Etemad a publié une note en souvenir du jeune acteur décédé. Elle a qualifié Majid Bahrami d’acteur talentueux, en rappelant que malgré son cancer, personne n’avait jamais vu le visage triste de Bahrami dans le rôle qu’il jouait dans sa vie réelle.

 

Voici la note de Mme Rakhsahn Bani-Etemad :

« Ce n’est pas la peine de dire que Majid fut un acteur puissant et talentueux. Les souvenirs qu’il nous a laissé de sa présence au théâtre et au cinéma suffisent pour nous le rappeler. Ce ne serait peut-être pas nécessaire de rappeler sa présence pendant le tournage de Guilaneh, dans les plaines du village de Norouzabad et à Espili de Deylaman. Mais il faut parler de Majid et de son art de résister. Il faut en parler et en écrire pour apprendre. Il faut nous rappeler comment il se battait corps à corps, avec art et avec courage, contre son sort cruel et fatal. Il faut nous rappeler que pendant la recrudescence de sa maladie, tandis que les effets secondaires des médicaments avaient brisé les lignes de son cher visage, il était maître de soi et gardait espoir pour vaincre son adversaire monstrueux. Il faut se rappeler comment il garda le peu d’énergie qui lui restait après les traitements difficiles de sa maladie pour monter sur la scène, grâce à son amour immense pour le théâtre, et nous permit de garder éternellement dans nos mémoires, sa présence extraordinaire dans Les Monstres.

 

« Je l’ai vu pour la dernière fois pendant l’exposition de ses photographies, avec le même rire et le même éclat dans ses yeux qui m’ont empêchée de verser des larmes. « Soyez la bienvenue, chère Rakhshan », m’a-t-il dit. Je n’avais plus de voix à parler, mais j’ai dit sans qu’un son sort de ma bouche : « Mais qui es-tu, mon enfant ? » Majid continuait à parler et à rire. Je n’avais plus le cœur d’y rester plus longtemps, et je suis repartie sans dire au revoir.

 

« Son rôle dans le film Guilaneh fut court, mais il s’y adonna entièrement. Vinrent ensuite les jours longs du tournage dans l’asile des invalides de guerre, puis son jeu brillant dans la séquence du bus qui nous fit frissonner tous. A minuit, dans le froid et sur le bord de la route, il pleura, pleura et pleura. Ce fut la seul fois que j’ai vu des larmes se verser de ses yeux innocents. »

Source. Iran Theater

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