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mardi, 21 octobre 2014 07:41

Proverbe persan : Le malade a avalé un âne

Il s’agit d’un autre bon vieux dicton. Mais qui l’a dit pour la première fois et pourquoi ?

Il est relaté que dans les temps pas trop lointain vivait un vieil homme qui se prenait pour le disciple d’Hippocrate et, sans avoir une once de la science du respectable  praticien, pratiquait la médecine en se fondant sur ce qu’il avait ouïe dire des plus âgés que lui-même. Il se rendait même parfois à la campagne, ramasser des plantes sans avoir la moindre idée de leurs vertus officinales. Il se contentait d’en donner une poignée aux proches du malade pour en faire une tisane. Le pauvre malade se guérissait au fil du temps et le pseudo-toubib mettait le rétablissement du patient sur son propre compte et ses plantes. Quant aux villageois, n’ayant d’autre médecin que lui, n’avaient d’autre choix que de lui demander de les soigner. Et lorsque le pauvre malade avait la mauvaise idée de ne pas se rétablir,  le toubib,   outré de tant d’ingratitude, avançait mille et un prétexte pour se justifier : le malade n’a pas suivi mon ordonnance ; le malade a fait ceci, il a fait cela…

Le temps s’écoulait ainsi lorsqu’un beau jour, ce fut au tour du toubib lui-même de tomber malade. Il savait que s’il se reposait deux ou trois jours, son état s’améliorerait. Or, il ne s’était pas encore installé dans son lit qu’on frappa à sa porte. C’était un des villageois, il demanda la permission d’entrer. « Docteur ! Vous êtes au courant de la maladie de ma mère ; vous vous êtes dérangé à deux reprises, vous l’avez visitée et lui avez prescrit des médicaments mais malheureusement l’état de ma mère ne fait qu’empirer. Que doit-on faire à présent ? », dit le villageois. Le toubib répliqua : Mais voyons, comme tu peux le constater, je suis moi-même malade et je ne peux pas me rendre chez vous. Pars maintenant et reviens dans une heure, je demanderai à  mon fils  de t’accompagner chez toi et guérir ta mère. Le villageois n’eut d’autre choix que d’accepter et rentra chez lui.

Quant au fils du toubib, qui n’avait même pas le peu de savoir et d’intelligence du père, s’écria : Mon père ! Mais qu’est-ce que cela veut dire ? vous savez mieux que quiconque que j’ignore même l’abc de la médecine. En outre, vos médicaments n’ont pas pu guérir la mère du villageois, que pourrais-je donc faire, moi ?

Le père ne lui laissa pas finir sa phrase et lui dit : Tu t’imagines que je suis vraiment un médecin ? Je demande à mes patients de se reposer un peu et de suivre un régime ; je leur prescrits ces herbes sans distinction, pour qu’ils ne disent pas derrière mon dos que le toubib n’a pas donné de remède. Je reçois un peu d’argent pour mon diagnostic et quelques pièces pour mes remèdes. Toi aussi, tu peux très bien faire la même chose, après tant d’années que tu travailles avec moi.

Le toubib eut beau parler mais ses arguments ne parvenait pas à persuader son fils, qui rétorqua : mais il a dit que l’état de sa mère s’empirait et que vos remèdes restaient inefficaces. Que dois-je dire moi ?

Le toubib de répliquer : rien de plus facile. Lorsque tu arrives chez lui, tu n’as qu’à regarder attentivement les alentours. Cherche par exemple les restes des repas ou des fruits. Tu pourras ensuite hausser avec dédain le ton et dire que le patient n’est pas guéri parce qu’il n’a pas suivi son régime et qu’il a pris  tel ou tel fruit ou repas,  que tu ne pourrais désormais rien faire et qu’il n’a qu’à attendre l’ange de la mort.

Une heure plus tard, le villageois revint chez le toubib pour conduire le fils de ce dernier, chez la femme malade.  Dès l’instant qu’il franchit la porte jusqu’à ce qu’il mit  pied dans la chambre de la malade, le médecin malgré lui, scruta en vain les alentours pour trouver la moindre trace d’un repas ou d’un fruit pour justifier l’aggravation de l’état de la patiente, il ne put rien trouver pour l’aider ; l’unique chose qu’il trouva sur son chemin fut un bât d’un âne, qui traînait dans un coin. Le fils du toubib ne perdit pas la face, et imitant son père, il demanda à la patiente de sortir sa langue, il dit : ouvre ta bouche, dit Aaaa… Tout en auscultant la vieille femme, il ne cessait de tourner les yeux par ci par là pour trouver une piste, mais en vain. Les proches de la malade le fixaient, comme pendus à ses lèvres attendant le diagnostic du fils du toubib. Ce dernier sentait sa gorge toute sèche, il se racla la voix et dit enfin : Que peut-on donc attendre du malade qui ne suit pas son régime ? Il est évident que son état s’empire. Le fils de la malade protesta : mais elle n’a rien mangé. Le fils de toubib répliqua : elle a sûrement pris quelque chose. Il se souvient du bât de l’âne qu’il avait aperçu dans un coin et lança : le malade a avalé un âne ! Le fils de la patiente s’exclama : Quelle sottise ! elle a avalé un âne ! Et il jeta d’un coup de pied le fils du toubib dehors. Dès lors lorsqu’un ignorant essaie d’arriver à une conclusion inappropriée fondée sur des donnés et arguments absurdes, on dit : le malade a avalé un âne !

 

 

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