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lundi, 16 juin 2014 03:41

Conte persan : le paon vaniteux

Il était une fois un très beau paon, qui traversait, par un beau jour de Dieu, la forêt. Il s’acheminait sur un sentier qui le conduisait vers un lac, dont l’eau limpide brillait, comme un diamant, sous le soleil matinal. Le paon de notre histoire avançait lentement, sous l’ombre fraîche des arbres qui étendaient généreusement leurs resplendissants feuillages ; et  il regardait, de gauche à droite, les belles fleurs qui embaumaient l’air de leur parfum exquis. Le bel oiseau arriva, enfin, au bord du lac, et il se regarda dans l’eau aussi claire qu’un miroir. Il fut très étonné de l’image qui se reflétait ; il se trouva très beau, il ouvrit les plumes et il fut encore plus surpris de sa queue, qui était un éventail de mille couleurs. Il se pavana un moment et se dit : "C’est magnifique, comme je suis beau ! Quel splendide plumage ! Quelle  couronne admirable ! C’est incontestable : je suis le Sultan des oiseaux. Il faut que tout le monde s’incline devant moi, me respecte et m’obéisse".

Après ces réflexions, loin de toute modestie, le paon reprit son chemin, mais, cette fois-ci, son allure avait changé. Il avançait avec une telle arrogance ; qu’il ne daignait  même pas regarder sous ses pieds – pardon, ses pattes. Soudain une maman poule et toute sa couvée bruyante, occupée à picorer, apparurent sur le chemin. Le paon cria : «Attention, écartez-vous, écartez-vous». L’oiseau vaniteux avançait, sans même faire attention aux petits poussins, qu’il foula de ses pieds. Les pauvres petits poussins poussaient des cris de douleurs ; leur maman les prit doucement sous ses ailes, en essayant de les consoler.

Le paon continuait son chemin et croisa, sur l’autre bord du lac, un pélican, qui, les yeux mi-clos,  debout sur un seul pied, se reposait, après un copieux repas. Le paon, en s’approchant du pélican, le heurta. Le pauvre pélican tomba par terre ; le paon éclata de rire et continua son chemin.

Tout à coup, un bruit très fort se fit entendre. Le paon regarda à droite, puis, à gauche, mais il ne remarqua rien. Le bruit se fit plus fort et même terrible. Le paon regarda le ciel ; les nuages assombrissaient l’horizon et le soleil s’éclipsait dans son zénith. Le paon voulut poursuivre son chemin, mais une force plus puissante le poussait vers l’arrière. Il faisait, maintenant, très froid, et le vent soufflait très fort. La maman poule appela ses petits poussins : «Allez, allez, dépêchez-vous mes enfants, il faut rentrer, le vent est très fort et il va pleuvoir, dans un instant».

Le paon, qui entendait la poule, éclata de rire et dit : «Ha ha ha…Je suis fort et grand, je suis le Sultan des oiseaux, je ne crains pas la tempête ! Je ne me sauverai pas !» Le paon resta, donc, debout, sur le chemin du vent, et le vent soufflait encore plus fort. Soudain, une plume de l’aile du paon se détacha, puis une autre et une autre… ce fut, ensuite, au tour des plumes de sa queue. Le paon voulut s’enfuir, mais le vent ne le permettait pas. Il entendit, au milieu des sifflements du vent, un canard, qui l’appelait, criant : «Viens chez nous, jusqu’à ce que la tempête s’apaise». Le paon lui jeta un regard dédaigneux et dit : «Fi de ces paroles futiles ! Moi, le Sultan des oiseaux, me rendre dans ton nid misérable,  avec ces plumes si longues ! Tu n’es qu’un pauvre et faible canard ; quant à moi, je suis fort. Je continuerai mon chemin, jusqu’à mon nid ; il n’est, d’ailleurs, pas très loin».

Le têtu paon poursuivit, donc, son chemin, mais il perdit, encore, quelques plumes. Il arriva devant le nid de la maman poule, qui l’invita à se mettre à l’abri : «Ô le paon ! Viens ici, tu vas perdre tes plumes, notre nid te protègera du vent et de la pluie». Le vaniteux paon, qui était transi de froid, continua sa route, sans daigner même répondre à la poule. Il avançait d’un pas, mais le vent le poussait en arrière de deux pas ; la tempête ne cessait pas et devenait plus forte, de sorte que tout ce qui restait encore du beau plumage se détacha et le paon ne fut, en quelques instants, qu’un oiseau sans plume. A ce moment-là, un perroquet, qui se trouvait sur une branche d’arbre, éclata de rire et montra du haut de son perchoir, le pauvre oiseau : «Regardez, donc,  le paon, sans plume, ni couronne !» Furieux, le paon accéléra le pas et s’éloigna de l’espiègle perroquet. Harassé, le paon déplumé s’appuya à un arbre, sans se rendre compte qu’il avait détruit une ruche d’abeilles. Très en colère, les laborieux insectes l’attaquèrent et le piquèrent. Le pauvre paon cria de douleur et s’enfuit vers la forêt ; les abeilles le poursuivirent un moment, puis, l’abandonnèrent à son sort et retournèrent vers leur ruche. Le paon déplumé, le corps meurtri par les piqûres, et de surcroît, transi de froid, se laissa tomber à terre. Il gémissait : "Hélas, quel sort ! Si, seulement, j’avais un plumage noir, comme celui du canard ou bien blanc, comme la poule !"

Maintenant, le vent était tombé, les nuages s’étaient dispersés, le ciel se dégageait et le soleil apparut, de nouveau, au beau milieu de la voûte céleste. Le paon s’assit et commença à réfléchir. Il regarda, ensuite, son corps : il croyait rêver, il ne pouvait pas y croire. Son corps était, de nouveau, couvert d’un beau plumage. Il cria de joie et il se dit : "Dieu soit loué, j’ai retrouvé mes plumes. Le Seigneur a exaucé ma prière ; dès lors, je resterai humble, devant les autres oiseaux, et je ne me moquerai jamais de personne". 

 

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