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lundi, 08 décembre 2014 05:39

Le ciel tout gris de nuage…

Le ciel tout gris de nuage est un recueil de nouvelles de Mahmoud Hosseinizâd, sorti sous la presse des Éditions Zâvosh en 2012. Le recueil comprend 13 nouvelles, partagées en cinq parties. Le  thème principal  est la solitude, l'amertume de la vie quotidienne et parfois un regard sur le passé. Le discours est simple et fluide, avec en filigrane une douleur cachée dans les couches internes du récit.

Mahmoud Hosseinizâd, qui est aussi traducteur, dramaturge et critique, est né le 8 avril 1946 à Fîrûz-Kuh au nord de Téhéran. Au terme de ses études supérieures en Allemagne, dans la discipline des sciences politiques et de la sociologie, il rentre dans les années 70 en Iran. Depuis, il enseigne l’allemand et traduit en persan des œuvres de la littérature contemporaine allemande. Il a à son actif des articles critiques dans différents domaines : littérature, cinéma… Il a reçu la Médaille Goethe 2013.

Le Ciel tout gris de nuage est la troisième partie d’une trilogie dont la première et la deuxième sont L’obscurité visqueuse de la nuit et Quand la neige est tombée. Le discours est le préféré de Hosseinizâd, c’est-à-dire une écriture circoncise et saccadée, parfois poétique et conforme à l’ambiance idyllique de l’histoire. Comme l’explique l’auteur lui-même, les histoires sont une rétrospective du passé, sans fond nostalgique et pour la plupart, les nouvelles sont le récit du protagoniste de son passé.

L'une des meilleures nouvelles du Ciel tout gris de nuage,  qui est insérée dans la première partie, s’intitule Et encore parfois. Le narrateur, Mahmoud, est un jeune homme fragile et craintif, qui a perdu ses parents ; il raconte sa profonde tristesse et sa solitude.

La seconde partie contient cinq nouvelles avec un thème commun: absence des relations humaines et l’incapacité des gens à se communiquer. En d'autres termes, les protagonistes sont incapables de communiquer les uns avec les autres et d'échanger leurs sentiments.

La troisième partie du recueil qui comprend quatre nouvelles, traite la perte de la personne aimée. Le recueil a emprunté son titre d’une des nouvelles de cette partie, « Le ciel tout gris de nuage » ; cette nouvelle date des années 70 ; l’auteur y procède à des jeux de langage. La quatrième partie comprend deux nouvelles à la troisième personne, portant sur la séparation et la perte d'une personne aimée. La dernière partie n’a qu’une seule nouvelle « Vagabondage avec les yeux humides », relatant le récit de l’absence.

En général, les protagonistes des différentes nouvelles du recueil sont en quête de leur passé mais de façons différentes. Le rappel du passé évoque le regret et le repentir. Chaque nouvelle raconte une étape du passé et aussi les souvenirs des personnages, relatés en première ou troisième personne. Il semblerait que chaque personnage essaye  de découvrir une relation entre le passé et le présent. En d'autres termes, on peut remarquer les analepses et prolepses à travers toutes les lignes de ce livre. Dans ce recueil, Hosseinizâd raconte l’histoire des hommes malheureux et leurs douleurs cachées. Il trace le portrait des gens qui essaient de retrouver leur identité en cette ère moderne où les relations humaines se perdent dans les engrenages de la machine.

Pour fermer cet exposé, un extrait d’ « Et encore parfois », la première nouvelle du premier chapitre:

« Et encore parfois, elle m'appelle après ces années, plutôt entre le sommeil et le réveil. Elle m'appelle encore lorsque je suis quelque part ou lorsqu'il pleut. La voix de ma mère m'entoure constamment. Encore parfois, je veux bien décrocher le téléphone, former son numéro, alors elle décroche le téléphone et dit: "Allô!". Puis je  salue et elle me dit: Mon cher Mahmoud ! »

 

 

 

 

 

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