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mardi, 11 novembre 2014 09:44

La poésie contemporaine et l’Achoura (1)

Seul le Seigneur pourrait savoir

Que ce cœur aussi immense que l’océan
Ne se laisserait jamais
Enchevêtrer dans les trames pourries des conseils
Il posait ses lèvres
Sur les berges lointaines du danger
Seul le Seigneur pourrait savoir.
Il prit donc le large
Et la soif
Se déferla.

Religions et écoles de pensée n’ont eu de cesse de louer les vertus que sont la liberté et la noblesse d’âme, et l’Histoire n’a jamais jeté aux oubliettes les hommes à l’esprit large et noble. Hossein fils d’Ali en fut le plus illustre, celui que musulman ou non-musulman le connaît, lui voue un grand respect, lui rend hommage pour sa conduite noble et loyale. Rares sont des hommes que le monde a vu naître, qui ont brillé telle une constellation au front du zénith. Nous le louons puisqu’il incarne à la fois courage et noblesse d’âme, puisqu’il a montré aux hommes comment mourir en martyr sur le sentier divin.

Depuis des siècles, la poésie persane a consacré ses plus pages à l’épopée éternelle de l’Imam Hossein ; dès qu’elle s’est lancé dans l’océan immense de l’Achoura, elle en puisa des perles les plus belles. La thématique d’Achoura, dans tous ses dimensions et aspects, a toujours alimenté la poésie persane, inspiré les poètes, qui ont relaté cet événement aux portées incommensurables, dépassant les portes de l’histoire pour entrer dans le monde du mythe.

La mort, « cette plus véridique vérité de la vie », comme le dirait le chercheur iranien, Gholam Hossein Youssefi, a toujours préoccupé l’esprit de l’homme notamment les poètes. La relecture de l’épopée de Karbala, de la bataille courageuse et la passion de Hossein fils d’Ali rappelle au poète contemporain que la mort est l’union de l’homme avec son origine ; quiconque prend conscience d’une telle vérité, se mettre en sa quête, se détachera de tout et s’immolera sur l’autel de l’Ami.

L’épopée de l’Achoura exhorte le poète contemporain à clamer la mort rouge et lui recommande de s’écarter de la mort noire et humiliante.

Je pense à cet abîme
Qui s’est imbibé de ton sang
Je ne me souviens d’aucun abîme si haut
On peut aussi rester vénéré dans le périgée
Demande à l’abîme
O toi dont la mort sert de l’aune à la Mort
Ta mort a rendu si dérisoire la vie
L’a rendue si insignifiante
Qu’un tel mort fait l’envie des grands
Ton sang
Est le prix du sang de la vérité
Ton sang a scellé la Vérité.

Epopée, message et deuil constituent les trois éléments de cet événement grandiose qui survint à l’Achoura, dixième jour de la lune de moharram de l’an 61 de l’hégire, (680 du calendrier chrétien). Depuis, les poètes, arabes et persans, ne se sont pas taris d’évoquer, de relater cette épopée, de composer des élégies en mémoire de ces hommes preux qui sont tombés en martyrs dans le désert aride de Karbala, à chanter la Passion de l’Imam Hossein – béni soit-il –, à raconter le calvaire de sa famille. Telle a été la lecture des poètes anciens tels que Mohtasham Kashani et Oman Samani ont eu de l’épopée de Karbala et l’ont racontée à travers leurs élégies. Or, le poète moderne y accorde un regard périphérique qui embrasse cet événement dans tous ses aspects. Pour lui l’Achoura n’est pas seulement un événement, il s’agit plutôt de toute une culture, liée étroitement à l’existence de l’homme. Aujourd’hui, c’est à l’aune du soulèvement éternel de l’Imam Hossein que se mesurent le juste et le faux.

L’épée qui a frappé ta gorge
a coupé en deux
tout, tous qui se trouvaient dans les cieux
tout ce qui se convergea vers toi
fut Hossein
et tout ce qui se dirigea vers l’autre
fut de Yazid

Lohûf est un des plus importants ouvrages traitant l’Achoura et l’épopée de Karbala. L’auteur Seyyed ibn Tavous évoque la grandeur de l’Achoura et la place élevée de l’Imam Hossein ; il y fait aussi de la hagiographie, et relate les différentes épisodes de la vie de l’Imam Hossein, depuis la naissance jusqu’à sa mort en martyre.  Le livre raconte également les événements qui ont eu lieu après la mort en martyre de l’Imam dont la captivité des membres de sa famille et leur retour à Médine.

On pourrait dire que Lohûf marque le point de départ des écrivains, des poètes et des artistes qui ont créé des chefs-d’œuvre pour cristalliser ce moment intemporel. Un autre ouvrage dans cette lignée, écrit à l’ère contemporaine, est Midi du 10e jour, un poème du poète contemporain Qeyssar Aminpour. Ce poème est composé pour les enfants, relatant l’événement de l’Achoura dans un langage simple et édifiant. Firouzeh Golmohammadi s’est chargée de son illustration.

C’est en 1985 que le feu Qeyssar Aminpour a composé ce poème. Lorsqu’il décrit l’épisode concernant l’épopée de Qassem, un fils encore très jeune de l’Imam Hassan, qui avait suivi son oncle, l’Imam Hossein à Karbala,  le poète dit :

Un enfant, le cœur empli de la foi en Dieu

dit par sa voix chaleureuse et claire :

Et moi,

Voilà un autre compagnon et aide !

Le ciel pétrifié, la terre désespérée,

Les yeux s’interrogent :

Un enfant et le champ de bataille ?

 

A suivre…

 

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