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jeudi, 30 octobre 2014 05:38

Dans la lignée des poètes de l’Achoura : Hassan Hosseini (1)

 

Tu es ce vaillant secret

Qui approcha l’Euphrate
De tes lèvres
Qui, un moment plus tard,
fut révélé
mutilé
Dans la pluie continue de l’acier

Et le vent
Parla de toi
Avec le parfum de la tente
Et l’attente se prolongea
Dans la stupéfaction enfantine
De la famille de l’imam

Tu es ce vaillant secret
Qui approcha l’Euphrate
de tes lèvres
et en s’efforçant de te comprendre
La montagne se brisa l’échine.

 

Pour le chiite fervent qu’est Hassan Hosseini, que signifierait la vie sans amour pour son Imam, le Prince des martyres de Karbala ; celui dont le courage et le dévouement pour la sauvegarde des valeurs islamiques marquèrent l’histoire du chiisme ? Hosseini est en effet le grand héritier de cette tradition poétique iranienne qui glorifie, depuis le Xe siècle, le prophète de l’Islam et sa Demeure, son "Ahl-ul-Beit", et particulièrement le troisième imam chiite. La plus ancienne élégie célébrant le deuil de l’Imam Hossein  en Iran est signée de la main de Kassaï de Merv, poète du Xe siècle. Vient ensuite le poète de Qobâd, Nasser Khosrô, lequel chanta pareillement et avec passion l’épopée de Karbala. Beaucoup d’autres poètes trouvèrent également leur source d’inspiration dans cette tragédie, mais c’est surtout avec la montée de la dynastie safavide que cette forme poétique s’épanouit véritablement. Mohtasham Kashani passait à l’époque pour l’un des plus habiles poètes en la matière. Il faut également signaler d’autres grands noms dont les œuvres ont trait au martyre de l’Imam Hossein : Vessâl, Soroush, Qaani, Cheikh Bahaï et Sâëb Tabrizi, l’un des maîtres du style indien. Elle se développa encore avec l’arrivée au pouvoir des Zends, et devint désormais, et ce jusqu’à la Révolution islamique, omniprésente dans l’œuvre de différents poètes. Elle trouva alors un nouveau support dans l’héroïsme révolutionnaire d’un peuple, qui brandit l’étendard du troisième Imam chiite face à l’oppression ambiante.

L’Achoura est en effet considérée comme le symbole de la dénonciation de l’injustice et de l’esclavage, et l’on considère qu’il donna spirituellement naissance à la Révolution islamique. Mais le goût de la liberté se manifesta surtout dans la poésie de guerre ; (celle qui éclata entre l’Iran et l’Iraq en 1980). Le poète n’était plus le passif chanteur d’un deuil ancien, mais il s’installait en plein milieu de la tragédie ; il voyait de ses propres yeux le dévouement, le courage, et l’amour pour la patrie de ses "frères", dont la gorge se gonflait d’un sang rose tandis qu’ils se remémoraient le "jardin perdu au milieu d’une haie vive." Il considérait la guerre comme une grâce accordée par Dieu qui s’adonnait pour lors à cueillir "les plus belles fleurs de son jardin". C’était comme si les portes du ciel s’étaient ouvertes aux plus louables des humains. Voilà comment vont les choses pour les poètes militant, pour les Qeysar Aminpour, Salmân Harâti, Ali-Reza Ghazveh et pour Hassan Hosseini.

 

Témoin de la mort tragique du printemps, que dois-je faire

Nuage mélancolique, que dois-je faire sinon pleurer

Point d’issue dans la nuit sombre

Les ténèbres m’envahissent de partout

Descendants de la tribu amoureuse, que dois-je faire

Si attaché à ma tribu nomade

Ce fut à Téhéran que naquit en 1956, Seyyed Hassan Hosseini. Lorsqu’il entama ses études supérieures dans la discipline de diététique, le régime despotique pahlavi vivait ses dernières années. Le jeune Hosseini embrassa donc les activités politiques, mais une politique de touche religieuse, marquant naturellement de cette même couleur sa poésie. Nous reviendrons sur ce sujet. Hassan Hosseini termina brillamment ses études qui furent couronnées d’un doctorat en langue et littérature persanes.

Ses premiers poèmes datent de 1973. C’était une époque d’exercices et de formation pour ce jeune poète de 19 ans. Avec le déclenchement du mouvement révolutionnaire du peuple iranien contre le régime despotique, Hassan Hosseini adhéra  au mouvement estudiantin. Et après l’avènement de la Révolution islamique, il figurait parmi ces jeunes artistes et poètes militants qui ont jeté, en 1979, les bases du Centre de la pensée et de l’art islamiques, un centre consacré aux différentes branches d’Art dont la littérature, les arts plastiques, le cinéma et le théâtre. Hassan Hosseini se chargea du département de la littérature du Centre.

Ce fut une époque prolixe pour le poète pleine de verve qu’était Hassan Hosseini. Il composait, s’adonnait à des recherches sur la poésie et la critique, peaufinait son style, travaillait sur son langage poétique. Sa vaste culture poétique, soudée à une lucidité aiguisée et à un humour naturel, et sur le fond de sa maîtrise incontestable de la poésie classique et moderne, l’avait fait une des bases sur lesquelles reposait la poésie postrévolutionnaire. Ce fut à cette même époque qu’il commença à traduire des œuvres littéraires arabes, initiant le public persanophone à la poésie contemporaine arabe.

 Au lendemain du déclenchement de la guerre imposée par l’ex-régime baathiste irakien, Hassan Hosseini se rendit, tout comme de nombreux autres artistes, cinéastes et poètes, aux champs de bataille. Entre temps, il collaborait avec la radiodiffusion iranienne et réalisait des émissions radiophoniques sur la guerre. Revenu des fronts de la guerre, au terme du conflit, il s’adonna à l’enseignement dans les universités. Il continua aussi sa collaboration avec la Radio, cette fois-ci dans le domaine littéraire.

A suivre…

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