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mercredi, 03 septembre 2014 09:08

"Les Leçons du Père" de Tolouei

"Les Leçons du Père" de Tolouei

Une approche critique : Les Leçons du Père de Mohammad Tolouei

Samirâ Fâzel

 Mohammad Tolouei, le nouvelliste iranien qui a remporté la 12e édition du prix littéraire Golshiri 2011 pour son premier recueil de nouvelles  Je ne suis pas Jeannette, a fait paraître le second  Les leçons du père en mai 2014, best-seller de l’année. Ce recueil comprend six nouvelles dont L’été 63, Le sauvetage du cousin Kouli, Made in Danemark, La cousine Faranguis, Un inopportun brossage de dents et La bague de diamant ; ce sont des histoires attachantes, racontées dans un discours fluide et assorti, et ponctuées d’événements bien structurés, que l’auteur a vécues lui-même. Il s’agit de consigner des mémoires autobiographiques comme si l’on jetait un regard furtif aux souvenirs plus privés de l’auteur ; et cela en filigrane les événements de l’histoire contemporaine iranienne ; la famille du narrateur est directement touchée par ces événements et l’ambiance du pays de ce temps-là ; le lecteur se sent donc proche des personnages des récits. Tolouei a su décrire, dans un discours qui lui est propre,  les différentes péripéties des récits qu’il a puisés dans le contexte social. Ce livre ponctué de disputes familiales s’échafaude sur les relations très tendues du protagoniste du récit, qui n’est que l’auteur lui-même, avec son père. Il est toujours en train de fuir son père ; en revanche il trouve un refuge  sûr chez sa mère. Car les caractéristiques du comportement paternel ne sont pas du tout conformes  aux critères du fils. Or,  plus le garçon s’écarte de son père, plus il se sent attiré vers lui au fil du récit ; en d’autres termes une force irrésistible le pousse vers lui :

 J’éteins les lampes. Je m’assis et dans la pénombre je fixe les flammes bleues de la cuisinière à gaz sur laquelle mijotait la sauce à céleri dans une casserole en fonte. Ziâ qui était devant l’ordinateur, se lèvre allume l’interrupteur mais la lampe ne s’allume pas. Il reste là-bas et me dit : « Pourquoi tu t’es assis dans le noir ? »

Il s’est assis, lui-même, dans la lumière mais baigné dans une ambiance aussi vague et incertaine qui m’avait entouré. Mon père savait que j’y étais, car j’y étais assis et moi, je savais qu’il est là-bas dans la lumière car il était là assis… [1]

Cette relation réciproque oscille toujours entre lumière et obscurité. Ces deux personnages, le fils et le père, ne sont pas capables de se voir et de se connaître nettement. Il semblerait qu’ils se soient assis dans un même endroit tandis que la lumière les éclaire tour à tour. C’est ainsi que le lecteur peut les apercevoir par alternance et les connaître.

Le paradoxe est présent dans  toutes les nouvelles de l’ouvrage ; il y a aussi  des disputes familiales ou des divergences doctrinales avec des scènes parfois exagérées. En ces termes, bien qu’il existe toujours des querelles entre le fils et son père, le lecteur remarque parfois une grande vivacité chez les protagonistes, qui les fait rapprocher les uns des autres.

 

 



[1]  « Un inopportun brossage de dents », Les leçons du père, p.68.

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