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lundi, 09 juillet 2012 19:25

Dans les jardins de Neyshabour (3)

Ces amoureux, au cœur de lion, qui ont réfuté la nuit
Sont partis et la ville endormie ne sut jamais qui étaient-ils.
Leurs cris soulevaient la vague de la vie
Comme l’éclair ils vécurent dans leur parole
Ces oiseaux de la tempête qui, au jour de la mort,
Mer, vague et rocher les ont pleurés
Tu disais : « la terre est stérile »
Regarde que sont-ils devant tes yeux
Matin et soir ils vont conquérir la tempête
Ils ne sont pourtant la dernière anémone de ce jardin

Quatrième recueil de Shafii Kadkani, Dans les jardins de Neichabour a paru en 1971, un recueil de poèmes qui a su attirer le vif intérêt des critiques littéraires envers son auteur. Dans les jardins de Neichabour montrent comment le poète a pu enfin trouver son chemin dans le processus de la perfection. C’est un poète conscient, engagé et virtuose, qui a pris la plume pour remplir la page blanche de ses écrits. Le recueil est le vecteur des efforts que le poète n’a cessé de déployer pour parvenir à une expression épique. Il se sent responsable devant la société et c’est sans crainte qu’il brosse un tableau clair de son époque.

Il lui incombe de proclamer haut et fort son message et d’assumer sa mission. Il a la ferme conviction que la poésie doit prendre son envol et traverser les espaces immenses et s’écartant ainsi de l’individualité du moi assurer les besoins de l’âme humaine. Le poème initial du recueil ouvre le chemin dans lequel Shafii s’est hardiment engagé :

Lis au nom de la rose dans le désert de la nuit

Que les jardins se réveillent et soient féconds

Lis et relis que les colombes blanches

Retournent à leur nid rouge de sang

Dans les jardins de Neichabour illustre le message et la mission de son auteur au sein de la société. Dans sa totalité, le recueil chante, sur un fond de la nature, les liens solides qui unissent l’homme et la société. La nature symbolise pour le poète la vie même, cette même nature dans laquelle il intègre l’homme.

La plage inerte dit quoique j’aie vécu longtemps

Je ne sus jamais qui étais-je, hélas ?

Zélée et rapide une vague se roula et dit

Je suis quoique je parte, je serai néant si je ne pars pas

Shafii déplore l’inertie et l’apathie ; il est désolé du silence et de la monotonie qui sentent la mort ; il souhaite ardemment une vie dynamique et nouvelle. C’est à la lumière du mouvement que l’existence prend une forme authentique et réelle. Le silence est l’autre face de la mort. Printemps, pluie et Tartares constituent les symboles du recueil. Le printemps et la pluie équivalent la vie, le changement et l’effondrement des bases d’un régime périmé et despotique tandis que les Tartares incarnent les tyrans impitoyables du régime pahlavi. Le recueil se forme au rythme de la grande fréquence des ces thématiques.

Shafii fait paraître en 1977 son 5ème recueil : Comme l’arbre dans une nuit pluvieuse. La littérature classique persane surtout le style du Khorasan est l’expression dominante du recueil qui aborde toujours une thématique sociale

Du miracle de la lumière, de la rosée et de la pluie

Les autres amis ont paré de la rose

Leur fenêtre

Il ne reste au bord de cette fenêtre

Que toi et moi

Etre et chanter, un autre recueil de Shafii Khadkani, réunit ses poèmes composés dans le climat étouffant du régime pahlavi. Sang, nuit, foudre, tempête et anémones constituent les grands thèmes du recueil.

Ils fouillent

Ruelle et quartier

Ils sentent

Femme et homme

Ecoute

Ce sont les chiens de chasse qui aboient

Qui le poursuivent maintenant

Et la terre

La terre est assoiffée

Et les gouttes de sang

La thématique épique des poèmes de ce recueil montre bel et bien que Shafii est toujours fidèle à l’authenticité de sa poésie et qu’il ne tolère pas l’isolement et le silence du poète engagé. Il attend toujours le déluge des événements qui fera effondrer les murs endormis et inertes.

Shafii évoque dans Etre et chanter une vie marquée de méfiance. Il se voit une étoile, qui languit dans l’exil des « bleus ». Il préfère plutôt un arbre croissant et parlant quoique sous le fouet de tempête et de tonnerre. Pour le poète, la vie du coquelicot hissant sur son épaule l’étendard du sang et s’immolant sur l’autel de l’amour incarne sa propre vie et de tout homme épris et en quête de liberté

Quel est le récit du coquelicot

L’étendard du sang sur les épaules, à l’aurore

S’immoler sur l’autel de l’amour

 


 

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