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mardi, 23 juin 2015 02:56

Le prophète dans le miroir de Masnavi

Le prophète dans le miroir de Masnavi

L’amour pourfend la voûte céleste
Cent fissures de l’amour lézardent la Terre
De cent fissures
C’est avec Mohammad que va de pair l’amour pur
Etant unique dans l’amour
Il fut le distingué parmi les prophètes


C’est sur la louange du Seigneur et de son Prophète que s’ouvre le
Divan de tout Grand Classique persan. Ouvrons le Golestân de Saadi ou son Bustân, le Divan des ghazals de Hafez, Les sept princesses  de Nezami, Le Shâh-Nâme de Ferdowsi, La conférence des oiseaux de Attar,  le Divan des poètes symboliques dont Saëb, Bidel … et la liste n’en finit, tous et tout commence par la louange de Dieu Tout-puissant et de son Messager, le très vénéré Mohammad – que la paix divine soit à lui et à ses descendants – . Le grand poète et mystique du XIIIe siècle, Molânâ Jalal al-Din n’en fait pas exception à la règle, seul à cette différence que l’évocation du nom des messagers divins et à leur tête, le Sceau des prophètes, est unique dans son genre. Dispersés partout dans les six livres de Masnavi, les anecdotes et les récits sur les messagers divins évoquent l’immensité de la  ferveur de l’auteur envers le Créateur unique et à ses messagers.

 Le Masnavi évoque par métaphores et allégories les enseignements édifiants  divins sur le fonds de la pensée gnostique, ainsi que le respect profond de son auteur aux messagers de Dieu qui tous sont presque cités à travers ce monument de la littérature persane. Les plus belles pages  Masnavi se réalisent dès que le nom du Sceau des prophètes est mentionné. Comme si l’âme de Molavi, tel le cœur d’un oiseau dans la cage, palpite d’impatience pour briser les chaînes et  s’envoler, libre et joyeux dans les cieux. Parfois, le poète est incapable de maîtriser les impulsions de cette ferveur incommensurable et implose, la plume se brise sur le papier et l’encre coule.


La plume qui courait sur le papier
Se brisa dès qu’il arriva au mot amour
Le soleil fut la preuve du soleil
Si tu cherches une preuve
Ne te détourne pas du soleil


L’image que brosse Molavi Rûmî  du vénérable très Mohammad (que) n’exprime pas uniquement le profond respect d’un poète qui loue le prophète de Dieu, c’est la cristallisation de la quintessence d’une ferveur aussi immense que l’océan envers le plus grand enseignant de toute  l’humanité depuis la nuit des Temps. La plus grande fréquence d’un terme dans  le
Masanvi, selon les études faites sur ce thesaurus de la littérature persane voire mondiale, est celle du nom du prophète de l’Islam. Plus de 500 fois et à des occasions les plus variées, le nom du prophète a embaumé l’ambiance du Masnavi de son parfum exquis.

 

Le style de Molana reste unique dans son genre, un style qui ne se remarque ni chez les poètes d’antan de Rumi ni les poètes d’après. La louange du messager de Dieu ouvre toujours les divans et les recueils des Grands Classiques ; elle a sa place bien déterminée, à la tête de l’ouvrage, tandis que chez Molavi, le nom du Prophète est tissé dans la trame et la chaîne du texte. L’imaginaire du poète appelle en toute humilité le Sceau des prophètes là où l’ambiance mystique du poème a besoin de s’embellir. A titre d’exemple, lorsque Molavi parle du total et de la particule, il rappelle que le nom d’Ahmad, un surnom du prophète de l’Islam, est le nom de tous les messagers divins, ce qu’il démontre par l’allégorie des chiffres. 100 sous-tend 90 ou 80.


Le nom d’Ahmad est celui de tous les prophètes
Lorsque 100 arrive, 90 aussi est chez nous

 

L’enfance du prophète de l’Islam est l’un des thèmes préférés de Molana. Tantôt l’auteur décrit en détails les différents épisodes de cette enfance, jalonnée d’événements, surprenants voire miraculeux, tantôt c’est une brève allusion, embellie d’une expression coranique. Parmi ces anecdotes, le récit qui relate l’enfance de Mohammad chez sa nourrice Halima, est l’une des plus belles pages du Masnavi. L’enfance de Mohammad permet à l’auteur de  situer le récit dans son contexte, La Mecque et la famille Qoraiysh, servent de décor dans ce poème. Molana décrit ainsi les conditions de vie des arabes à cette époque et la situation économiques, politiques et sociales de la Mecque. Alors que, loin du tapage de la ville,  le futur Prophète de Dieu, le tout jeune Mohammad, vivait dans ce désert infini et mystérieux de la péninsule arabique, en cet endroit où la terre rejoint le ciel dans la ligne d’horizon. Que cherchait-il cet enfant dans cette immensité ? Qui murmurait à ses oreilles l’invocation du Tout puissant,  dans le silence  pesant du  désert ? Le récit molavien évoque, aussi subtile que sublime, toutes ces questions, conduisant le lecteur dans son univers mystique, l’invitant à la contemplation des signes divins.

 

 

 

 

 

 

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