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mardi, 14 avril 2015 02:20

Attar de Neyshâbour

Attar de Neyshâbour

Le 25 farvardin du calendrier iranien (14 avril) est dédié au grand poète mystique Attar de Neyshâbour, ce qui représente une occasion propice pour s’initier davantage à cette figure saillante de la littérature persane.

Figure de proue de la poésie persane, Fereydoun Abou Hâmed Mohammad Attar de Neyshâbour est peut-être un des Grands Classiques avec une aura les plus mystérieuses. Les rares données concernant sa vie et son parcours spirituel et littéraire le laissent encore plus inconnu que Sanâï (poète persan qui vécut un siècle avant lui). Ses parents, sa famille, ses contemporains, ses maîtres et ses voyages font tous partie du côté secret de sa biographie. A ce sujet, tout ce qui a été dit sur lui est ponctué de légendes et de probabilités.

Pourtant, les quelques sources crédibles qui nous sont restées jusqu’à aujourd’hui attestent qu’il est né à Neyshâbour en 1146 et qu’il fut tué en 1221 lors de l’invasion moghole en Perse.  Son père était pharmacien et après sa mort, Attar reprit le commerce familial et devint apothicaire. Apparemment, c’est vers le milieu de sa vie que sa rencontre avec un derviche changea sa vision du monde à jamais. La légende dit qu’un jour, un pauvre derviche entra dans sa boutique d’apothicaire et lui demanda une aumône qu’il refusa. « Mon fils, comment allez-vous mourir ? »lui demanda le derviche. « Je vais mourir comme vous », lui répondit Attar. Le derviche mit son bol en bois de derviche par terre, s’allongea et y posa la tête, puis mourut. En voyant cette scène, Attar sortit de son magasin, se repentit et se consacra désormais au soufisme et à l’ascèse.

Sa ville natale, selon les historiens de son époque fut Kadkan, septième province de l’ancien Neyshâbour. A Kadkan, qui est aujourd’hui un petit village, il existait un tombeau, celui de Pir-e Zarvand, connu comme « le tombeau de Sheikh Ibrahim », que la légende locale considère comme le père d’Attar. 

Quant à ses œuvres, dans le prologue de son ouvrage Mokhtar-Nâme (ensemble de ses quatrains) écrit vers la fin de sa vie et réunissant 2300 quatrains, il évoque lui-même ses livres : « Le règne de Khosrow est apparu dans le monde et mon Asrâr-Nâme est terminé. » Outre les quatrains du Mokhtar-Nâme, il est aussi l’auteur de quatre autres longs poèmes : Asrâr-NâmeMantiq at-Tayr (La conférence des oiseaux), Mossibat-nâme et Elâhi-Nâme. Ce dernier a également été publié sous son vrai nom Khosrow-Nâme, mais plus connu sous le nom d’Elâhi-Nâme puisque le livre s’ouvre sur une prière qui commence par le terme « Elâhi » ("Mon Dieu")D’après les recherches du professeur allemand Helmut Riter, Attar n’a pas eu l’intention de nommer son ouvrage Elâhi-Nâme.

Mantiq at-Tayr, (La Conférence des Oiseaux)  composé en 1177, est l’une des œuvres mystiques les plus brillantes de la gnose persane. Après le Grand Masnavi de Molana Jalal al-Din, cet ouvrage est souvent considéré comme la plus belle œuvre de la poésie mystique. Constitué de 4500 distiques, il était destiné à présenter les différentes étapes de la voie de l’initiation en retraçant les pérégrinations des oiseaux itinérants, voyageant ensemble dans l’espoir de rencontrer le Simorgh. Cette œuvre met en lumière de manière très subtile la relation entre Dieu et les hommes ainsi que les difficultés que ceux-ci doivent affronter pour atteindre la Vérité.

Asrâr-nâme (La lettre des secrets) comprend également des anecdotes mystiques en vers. Le Divan des ghazals d’Attar  fut très apprécié dès le vivant du poète. D’après les spécialistes, environ un tiers des poèmes de ce Divan ne sont pas d’Attar et il n’est pas difficile de distinguer les siens des autres, grâce à l’harmonie et à la grande cohérence qui caractérise son style. 

Outre ses poèmes, Attar est également l’auteur de Tadhkirat al-Owliâ’ (Le mémorial des saints), compilant de nombreux récits hagiographiques. D’autres ouvrages tels que Bolbol-Nâme (La lettre du rossignol), Pesar-Nâme (La lettre du fils), Pand- Nâme (La lettre des conseils)…  ne sont que des écrits anonymes attribués à Attar alors qu’il n’en est sans doute pas l’auteur, même si des orientalistes et chercheurs iraniens les lui ont parfois faussement attribués. 

Attar fut enterré à Neyshâbour et son mausolée attire chaque année de nombreux visiteurs qui viennent se recueillir sur la tombe de ce grand poète mystique.

 

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