This Website is discontinued. We changed to Parstoday French.
samedi, 17 janvier 2015 08:41

Manouchehri : premier poète impressionniste

Un grand classique de la poésie persane,  Manoutchehri Dâmghâni (XIIIe siècle) a connu encore très jeune la gloire que méritait son immense talent poétique. Sa poésie est célèbre par bien des aspects mais surtout par ses descriptions sublimes de la Nature. Né à Dâmghân, il y passa son enfance et adolescence, dans le silence du désert, que seules les cloches des caravanes brisaient, ces mêmes caravanes qui, quelques années plus tard, l’emportèrent pour toujours loin du désert central. Peut-être est-ce ce silence, qui donna à sa poésie cette  profondeur et  cette intériorité contrastant avec l’exubérance de sa plume. Peut-être est-ce l’immensité du désert, des nuits étoilées du ciel et de l’horizon sans fin qui firent de lui  l’aède de la Nature. Très jeune encore, il quitta Dâmghân pour le Tabarestan, au bord de la mer Caspienne (Nord) pour s’attacher à la cour du roi ziaride Qabus Voshmgir. C’est dans les vertes montagnes de cette région, qu’il écrira plus tard, tirant de son sens intime du rythme poétique, les mots sans pareils de son verbe mélodieux, qu’il fit revivre dans ses poèmes la beauté de la Nature et ressusciter la beauté fugitive d’une saison depuis longtemps morte. Chaleureux, bruyant, souvent voyou, hédoniste au plus profond de l’âme, il sut saisir et rendre éternel  les instants fugitifs mais merveilleux de son environnement.

On ne connaît pas la date exacte de sa naissance, mais on sait qu’il naquit aux premières années du XIIIe siècle et qu’il mourut à peine âge d’une quarantaine d’années. Sa poésie ne connaît donc pas la vieillesse, la mort et la perte. Tout est joie pour lui et tout est prétexte au plaisir, un plaisir simple, expression parfaite de la joie de vivre. C’est à la cour des Ghaznavides qu’il connut la gloire. Manouchehri est essentiellement un poète de cour. La cour Ghaznavide était l’un des hauts lieux de la poésie persane de l’époque et Manouchehri n’en était que l’un de ses 500 poètes. C’est en ce lieu qu’il se mesura avec les grands poètes de son époque et affina sa technique poétique.

 Manouchehri est  l’héritier des expériences poétiques de ses prédécesseurs. Sa poésie est l’expression d’un talent et d’une vision tout à fait personnelle ; il a souvent innové, même dans les domaines déjà explorés par ses prédécesseurs. L’un de ces domaines est la description du monde, où Manouchehri, premier poète "impressionniste " fait preuve d’une telle virtuosité et d’une telle précision qu’il est pour tous " Le peintre de la Nature ". La caractéristique importante de ses descriptions est qu’elles ne sont pas figées, il ne décrit pas la Nature morte, mais la nature vivante, vu par l’Homme. La Nature n’est décrite que vue par l’homme qu’il est. Ses descriptions, tellement minutieuses que même la trace de la fuite des heures sur une feuille d’arbre est décrite avec une grande précision, sont des représentations imaginales. Nulle image n’est décrite par sa plume-pinceau  à moins d’avoir passé auparavant son monde intérieur. Un autre trait saillant de Manouchehri est son univers et dans la foulée sa poésie : une palette  avec l’harmonie  des couleurs et de leurs nuances, les clair-obscur et la lumière. Il est le premier à avoir donné aux couleurs une place axiale dans sa poésie. Manouchehri a une vaste terminologie,  il connaît très bien les sciences de son époque, ce qui lui permet d’introduire harmonieusement les termes scientifiques dans sa poésie, des termes sonnent rudes, mais qui, grâce à sa syntaxe fluide, se mettent à chanter, perdant leur lourdeur. De même, sa vaste culture  permet de faire preuve d’une grande témérité et d’une maîtrise sans pareille dans le choix des mots, n’hésitant même pas de faire des innovations et de créer de  nouvelles expressions.

 

C’est Nowrouz !
Le jour pointe dans l’allégresse !
Les nuages sombres  disparaissent
L’herbe est parfumée
L’hiver meurt et le printemps renaît
Et le monde redevient berceau de paix.
Les roses s’attifent
Les haies se coiffent
Et sur les cimes du platane
Les grives chantent à tue-tête.
Les coquelicots fleurissent dans les haies
Et la rosée embellit les fleurs.

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir