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samedi, 20 décembre 2014 04:08

Les enseignements de Molana à l’homme moderne

Les enseignements de Molana à l’homme moderne

Figure de proue de la poésie persane et de la gnose islamique, Jalâl al-Din Mohammad de Balkh, appelle le monde entier à l’amour, à la clémence. Il a relaté, à travers son œuvre monumentale, le récit de l’amour, le récit des effervescences des états mystiques. Chez lui, l’imagination poétique est devenue cet espace universel où l’âme s’élance des tréfonds d’ici-bas vers l’infini de la voûte céleste. Comment se fait-il qu’après huit cents ans, l’œuvre universelle de Molana Jalal al-Din Rûmi soit connue partout dans le monde de l’Islam et, qu’en traversant les siècles, elle nous soit parvenue intacte, et qu’elle connaisse aujourd’hui, cet immense succès international, auprès d’un public sans cesse renouvelé ? En feuilletant l’œuvre intemporelle que Molana Jalal al-Din a laissée en héritage pour l’homme, là où il vit sur la terre, le lecteur trouvera à différents niveaux les grands secrets que le maître a bien voulu lui révéler. Et maintenant, au XXIe siècle, l’œuvre molavienne est  en mesure d’initier même l’homme moderne aux secrets de l’univers, de lui ouvrir de nouveaux horizons. Quels sont donc les enseignements de cet homme universel qu’est Molana pour l’homme moderne ?

 

Tu es allé du palais du fin fond du puits

Quel est donc le tort des mondes immenses

 

Le grand problème de l’homme, aux yeux de Molana réside dans son enlisement dans les désirs charnels, son enchevêtrement dans les trames de son égotisme qui aveugle l’œil de son cœur. Il lui faut donc se détacher des désirs de l’âme charnelle, se dépouiller des contingences du monde ici-bas, pour pouvoir voir l’Au-delà dans toute sa magnificence.

Molana prend la main de son lecteur, l’emmène, à travers ses poèmes, au monde de la spiritualité, lui ouvre une à une les portes des grands secrets de l’existence, lui montre comment habiter la terre en homme, dans le sens littéral du mot.

La vision de Molana envers l’Unique créateur du ciel et de la terre est un précieux enseignement que le maître offre à l’homme désemparé, déboussolé et frustré du monde moderne. Pour Molana, Dieu n’est pas un moyen pour parvenir au jardin paradisiaque ou les autres bienfaits. Magnanime, clément et miséricordieux, le Dieu de Molana comble, au moindre prétexte, l’âme de Sa créature de sérénité, lui fait bondir de joie le cœur dans sa poitrine, Il la gratifie de  Sa mansuétude  infinie :

Il dit : Tu m’as accordé la vie et un grand délai

O Seigneur ! Tu as gratifié une vile épine

Je n’ai accumulé que des péchés durant ces 70 ans

Mais Tu ne me refusas pas Ta grâce

Tu ne me coupas pas le quotidien

Je n’ai rien aujourd’hui, je suis ton hôte

Je m’accroche à Toi, puisque je suis à Toi

 

Molana relate dans son Masnavi, le récit un vieux ménestrel qui avait subvenu à ses besoins en jouant la lyre. Il se rendit un jour à un cimetière pour pleurer à la cour divine. Il gémissait : O Seigneur, il fait maintenant 70 ans que je te désobéis, je suis rebelle à Tes directives, j’ai péché, mais Toi, tu as toujours volé à mon secours, Tu m’as gratifié de Ta mansuétude infinie, Tu m’as accordé mon quotidien. Aujourd’hui, je n’ai pu obtenir le moindre sous et je suis Ton hôte. Encouragé par Ta clémence sans fin, Ta miséricorde immense, j’ose de Te parler sans crainte.

Molana relate que Dieu le Tout miséricordieux entendit les complaintes et les sollicitations du vieux ménestrel. Il ordonna dans le rêve au gouverneur de l’époque d’offrir au vieux les plus précieux cadeaux qu’il avait. Lorsque ce dernier se rendit auprès du vieux ménestrel, il lui dit :

Le Seigneur t’a si loué

Que je me sens, corps et âme, voué à toi

 

Dieu comble l’âme de Ses créatures de douceurs, inonde leur cœur de lumière, réchauffe leur corps, les gratifie de Ses bienfaits.

Es-Tu aussi le regard, le savoir, la lumière

Aussi le sucre dans le sucre du sucre

 

 

Envoûté par les beautés du monde ici-bas, l’homme a perdu la beauté authentique et véridique, qui n’est autre que Dieu. L’homme se sent subjugué par  les beautés éphémères de ce monde, puisqu’il n’a pas rencontré la quintessence de la beauté et la Vérité pure

Hélas ! Que mes larmes soient la mer

Pour l’offrir au beau Bien-aimé

Que chaque étoile soit le prix du sang de cent croissants

Nous avons trouvé le prix et le prix du sang

Nous précipitons vers l’autel pour immoler la vie

 

Dans la vision molavienne, Dieu est beau, l’Etre suprême qui est l’existence absolue, qui insuffle la vie à qui Il veut.

Mon sultan, Tu es mon Seigneur

Dans mon cœur et mon âme Tu es ma foi

Ton souffle me ressuscite

Qu’est-ce qu’une vie

Tu m’es cent vies

 

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