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jeudi, 18 septembre 2014 07:35

Abolfazl Beiyhaqi : historien ou écrivain ? (2)

Abolfazl Beiyhaqi  : historien ou écrivain ?


Sepehr Yahyavi


 L’Histoire de Massoudi

 

Mahmoud avait désigné son fils aîné Mohammad comme son successeur. Cependant, Massoud, qui avait été nommé gouverneur de Rey après la mort de son père et l’avènement de son frère, retourna au Khorasan pour prendre le pouvoir de son frère Mohammad.

 En réalité, Mahmoud avait envoyé Massoud en exil et l’avait emprisonné pendant une courte période, avant de le mettre sous sa supervision indirecte. Massoud était un homme compétent, doué de grandes capacités d’organisation et adroit au combat. Après la mort de Mahmoud, Mohammad fut intronisé en profitant de l’absence de son frère, qui était à Rey, pour calmer les oppositions et les protestations.

 

C’est avec un mélange d’étonnement et de colère que Massoud apprit l’intronisation de Mohammad après la mort du père. Il décida de rentrer à Balkh (dans l’actuel Afghanistan) en passant par Neyshâbour, où il devait recevoir les représentants du calife de Bagdad ainsi que des promesses d’allégeance de ses fidèles. Il y reçut deux groupes d’envoyés et consolida ses plans. Arrivé à Balkh, il détrôna son frère Mohammad et l’emprisonna dans la citadelle de Kohandej, littéralement la vieille citadelle, et prit les rênes du pouvoir.

 

Massoud n’hésita pas à écrouer et exécuter les agents loyaux à son frère comme par exemple Hassanak le Vizir, dont le récit de sa pendaison constitue un célèbre épisode de l’histoire de Beiyhaqi. Mais ces exécutions et détentions eurent lieu pour la plupart à cause des calomnies et des accusations de Bou Sahl Zouzani, un autre ministre de la cour. Massoud prit la décision de remplacer Hassanak le Vizir par Khâjeh Ahmad Hassan Meymandi, ancien vizir et ministre de Mahmoud qui était un vieil homme sage et savant, et expérimenté pour occuper de telles fonctions.

 Ce dernier accepta ce poste après s’être fait supplié, en faisant signer des engagements réciproques par le roi. Dès le début de son mandat, Khâjeh déploya de grands efforts pour limiter les interventions et interférences de Bou Sahl dans les affaires impériales. Cela ne l’empêcha pas également de commettre toute sorte d’injustices pour asseoir son pouvoir, ainsi que pour consolider son autorité. A ce sujet, nous pouvons citer l’exemple de la punition de Bou Bakr Hassiri, un ancien ministre, et de son fils, évènement décrit par Beiyhaqi  dans un texte traduit en français par Gilbert Lazard.

 C’est finalement après l’échec et la dénonciation du complot de Bou Sahl contre le roi de Khârezm par le roi Massoud que Khâjeh réussit à faire entériner la démission du ministre de la guerre (Bou Sahl) par le roi ghaznavide. Il faut également souligner que les rois de Khârazm étaient dans une condition de demi-dépendance envers les Ghaznavides depuis le règne de Mahmoud.

 Néanmoins, L’Histoire de Beiyhaqi  n’est ni une biographie romanesque de Massoud, ni une chronique de son règne. Elle pourrait être considérée comme un roman historique ou une histoire romanesque.

 Le grand empire ghaznavide s’étendait de la Transoxiane (au-delà de l’Amou-Daria, l’Ouzbékistan actuel), jusqu’aux frontières de la Mésopotamie, à l’ouest, de l’Inde, à l’est, et jusqu’au golfe Persique. Sa superficie était comparable à celle du califat musulman. La prospérité de la dynastie ghaznavide ne se limitait pas à ses pouvoirs matériels, mais aussi aux grands hommes de lettres et de science qui sont apparus à cette époque. Parmi ces grandes personnalités, nous pouvons citer Ferdowsi, grand poète épique persan parfois qualifié de "Homère de l’Iran", ou encore Birouni, grand savant iranien qui maîtrisait au moins cinq langues (dont, outre le persan, l’arabe et l’ancien persan, le sanskrit et le syriaque) à une époque où être polyglotte n’avait pas le sens et l’importance qu’il a acquis de nos jours. Ce dernier peut être considéré comme l’un des premiers culturalistes et anthropologues.

A suivre

Source : Revue de Téhéran, N°75, février 2012

 

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