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mardi, 08 avril 2014 07:32

Kazeroun : le plaisir d’une ballade dans l’histoire

Kazeroun : le plaisir d’une ballade dans l’histoire

Deuxième ville touristique de la province d Fars, après Chiraz, Kazeroun se distingue surtout par ses nombreux sites historiques. Les quatre saisons s’y manifestent au sens littéral du terme. Dès les premiers jours du printemps Kazeroun entière est verte, ce qui lui a valu le surnom de « la ville verte » ; le printemps s’y annonce avec les arbres fleuris et, un point que même rappelle le dictionnaire Dehkhoda lorsqu’il explique le sens de « ville verte », rappelant qu’une sorte de mousse couvre les surfaces rupestres de Kazeroun. Lorsque vous vous trouvez dans cette ville, vous croyez vous promener dans les dédales de l’histoire. Le site historique de Bishapour, la grotte de Shâpûr, le lac Parishan, les plaines de narcisses… ne sont qu’une partie des attraits touristiques de cette belle ville.

 

La grotte de Shâpûr

Elle est située à 5 km à l’est de la cité de Bishâpûr, sur les hauteurs surplombant la vallée de Shâpûr au-delà de la gorge de Chowgan. La grotte de Shâpûr, connue sous le nom de Mudan-e Shâpûr ou Shekaft-e Shâpûr, est à 400 m à l’aplomb du village de Sassan.

La grotte s'ouvre sur une première salle de 13 m de haut. Sur les parois ont été gravées des tablettes, portant des inscriptions aujourd'hui disparues. Au fond de la salle plusieurs couloirs s'enfoncent dans la montagne. La grotte, très profonde, a été aménagée : on y trouve des réservoirs, des salles et des corridors. L'usage de cette grotte n'est pas connu, mais on suppose généralement qu'elle était destinée à servir de sépulture à Shâpûr Ier ; on n'a cependant retrouvé aucune preuve que le souverain y ait été inhumé.

La statue de Shâpûr Ier est un des rares exemples de sculpture sassanide en ronde-bosse, la technique généralement utilisée étant le haut-relief. Elle a été sculptée dans un pilier naturel de la grotte ; elle mesure plus de 7 m de haut et la largeur des épaules est de 2 m.

 

La statue a été gravement endommagée, mais il est difficile de déterminer à quelle occasion. Certaines sources évoquent un tremblement de terre au XXe siècle, qui aurait fait sauter la statue, une partie des jambes et des bras ayant été désintégrée dans sa chute. D'autres estiment qu'elle fut endommagée dès le VIIe siècle.

Elle a été restaurée en 1957, sous la direction des autorités militaires de Chiraz, les parties manquantes étant remplacées par du béton. Elle n'a cependant pas été remise en place à sa position originale au fond de la première salle de la grotte : elle se tient désormais à l'avant de la grotte. Pour réaliser cette opération, l'entrée de la grotte a été élargie pour atteindre 20 m de large sur 5 m de haut ; elle faisait à l'origine 16 m de large.

 

La ville historique de Bishâpûr

Bishâpûr (le seigneur Shâpûr) est une ancienne cité sassanide. Elle est située au sud de la rivière Shâpûr, à une vingtaine de kilomètres au nord de Kazeroun, sa contemporaine en âge, toutes deux très vieilles puisqu’elles portent des marques élamite et parthe. Etendue sur une plaine enclavée de montagnes, elle se termine aux confins d’un désert régional traversé par la rivière Shâpûr qui se jette dans le golfe Persique.

Autrefois, cette ville antique était reliée d’une part aux villes de Firûzâbâd et d’Estakhr, deux importantes métropoles antiques, et d’autre part, à la Mésopotamie, à Suse et à la capitale sassanide, Ctésiphon. Cela conjugué à la situation géographique de cette ville, disposant de voies navigables jusqu’à la haute mer, attira l’attention de Shâpûr Ier, empereur sassanide, qui ordonna à l’armée romaine prisonnière de la transformer en une métropole rivalisant avec Antioche. La ville se trouvait sur la route reliant les villes d’Istakhr et Ctésiphon. Le site de Bishâpûr se situe dans une plaine cultivée au bord de la rivière Shâpûr, juste devant la gorge de Chowgan. Cette gorge étroite donne accès à la vallée de Shâpûr, de forme ovoïde, fermée par une seconde gorge et offrant ainsi un abri naturel et facilement contrôlable aux habitants de la ville et des environs, ainsi qu'à leurs troupeaux.

Le site de Bishâpûr est habité depuis fort longtemps, vu les traces d'occupation élamite et parthe dans la plaine. La ville a été fondée par Shâpûr Ier, en même temps que sa voisine Kazeroun. Il y avait fait auparavant réaliser le premier des bas-reliefs de la gorge de Chowgan. Shâpûr est alors au sommet de sa gloire après trois victoires sur l'Empire romain, dont la dernière, et la plus brillante, en 260, voit la capture de l'empereur romain Valérien.

Dans les années qui suivent, Shâpûr dispose donc d'un grand nombre de prisonniers romains, mais également d'artisans romains envoyés par Philippe l'Arabe dans le cadre de la paix signée en 244. C'est une des raisons pour que la ville soit bâtie selon le plan romain, tel qu'on le trouve à Timgad, et non selon le plan parthe circulaire, comme à Gur, et que de nombreuses décorations retrouvées montrent une forte influence romaine : mosaïques, stucs, ainsi que les bas-reliefs de Tang-e Chowgan. Par contre, les techniques de construction et les styles architecturaux sont typiquement iraniens, avec une certaine réminiscence des styles achéménides. Des inscriptions parthes et pehlevi sur deux colonnes au centre de la ville indiquent que le roi a visité la ville en 266 : c'est à cette date qu'on fait généralement remonter l'inauguration de Bishâpûr.

 

On estime la population à son apogée entre 50 000 et 80 000 habitants. Conquise par les Arabes en 637, Bishâpûr commence à perdre de son importance. Au Xe siècle, le voyageur arabe Maqdesi décrit la ville comme une cité en ruine. En 1108, Sultan Mohammad Saljuqi ordonne l'abandon de Bishâpûr, qui est presque entièrement désertée au profit de Kazeroun.

Les premières excavations ont lieu entre 1933 et 1940, par les archéologues Roman Ghirshman et Georges Salles, qui révèlent les palais, un temple et un monument votif. Puis à partir de 1968, les excavations du Service archéologique iranien sous la direction d'Ali Akbar Sarfaraz, sur le nord du site, dégagent les murailles et des bâtiments islamiques.

La majeure partie de Bishâpûr reste encore à exhumer, principalement les quartiers populaires de la ville.

Les principaux éléments de la cité de Bishâpûr sont : le temple, probablement un temple d'Anahita, remarquable par son réseau hydrique, et l’étonnant palais de Shâpûr Ier.

La ville est protégée à l'ouest par la rivière Shâpûr, et au nord par les montagnes entourant la vallée de Shâpûr. Des murailles ont été élevées pour défendre les côtés sud et est. À l'origine, ces murailles comportaient de nombreuses tours rondes, espacées de seulement 40 cm. Les murs étaient enduits de stuc recouvert de plâtre blanc ; l'espace entre les tours était peint en rouge et bleu. Par la suite, on a enlevé une tour sur trois, et les remparts ont été rehaussés, par une façade lisse percée de meurtrières.

Le palais présente en son centre la salle du trône, sur un plan carré à quatre iwans, de 22 m de côté ; les iwans font 7 m de profondeur. Son plan cruciforme est typiquement sassanide, comparable à celui d'un chahar taq (quatre arcs). Certains archéologues pensent qu’elle était recouverte d’un imposant dôme unique de 20 m de diamètre. Toutefois, en l’absence de murs en mesure de soutenir une telle charge, d’autres pensent que le toit se composait de quatre hémi-voûtes et d’une place carrée ouverte.

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