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vendredi, 04 novembre 2011 19:00

Bam, la ville de la soie, sur la Route de la Soie (2)

Après avoir traversé des régions arides et pauvres, le voyageur pouvait s’étonner de trouver cette ville splendide et florissante, en plein cœur du désert. Plus précisément, Bam est située à la lisière sud du haut plateau iranien, dans la province de Kermân. Les origines de Bam remontent à la période achéménide (VIe au IVe siècle avant J.-C.). La ville a longtemps constitué une étape majeure, sur le Sud de la Route de la Soie, mais perdit ce statut avec l’essor du transport mécanisé, au début du XXe siècle. Elle s’est développée, dans une oasis, créée, essentiellement, grâce à un ancien système de gestion des eaux souterraines (qanât), qui demeure toujours en fonction. Le paysage culturel de Bam est un exemple typique de développement d’un peuple marchand où se marient diverses influences, dans l’environnement désertique de l’Asie centrale.


Autrefois, étape de la route de la soie, la citadelle, appelée en persan Arg-e Bam, date, probablement, de 2500 ans, de la période parthe. Cependant, la plupart de ses bâtiments datent de la dynastie Safavide. Les Parthes connurent leur apogée, au Ier siècle av. J.-C., époque de la création de routes par lesquelles passaient les produits orientaux, à destination de la Mésopotamie et de l’Empire Romain. Le commerce assura longtemps la prospérité de la ville, d’abord, sous les Sassanides, (224-642), et plus encore, sous la dynastie des Safavides (1502-1722). Alors peuplée de plus de 5.000 habitants, la principale activité, outre le commerce, y est la manufacture de textile. Après l’effondrement de la dynastie Safavide, l’empire entre dans une période de chaos, durant laquelle, la population iranienne passe de 40 millions à 10 millions d’habitants. Bam souffre, comme le reste du pays, de l’insécurité chronique et de l’instabilité politique. La dynastie des Qadjar, fondée, en 1796, par Agha-Mohammad Khan, régnera, en Iran, jusqu’en 1925. L’inexorable déclin de Bam sera précipité par la malédiction d'Agha-Mohammad Khan, qui se vengera, en 1794, de la protection que la ville a donnée à son rival, le dernier souverain de la dynastie Zend.


À partir du XIXe siècle, la ville s'étendit en dehors des fortifications, et un nouveau peuplement, avec des jardins et des dattiers, fut établi, à, environ, 1 km, au Sud-Ouest de l'Arg. À l'intérieur de la zone fortifiée, les quartiers résidentiels furent réduits, progressivement, à l'état de ruines. En 1881, du fait de l'expansion du contrôle du gouvernement perse central vers les provinces isolées de l'Est (Balûchistân et Makran), Bam perdit son statut de siège du gouverneur, en faveur de Bampur, dans le Sud-Est ; elle demeura, toutefois, sa résidence d'été. La population et les activités commerciales continuèrent de croître. De 6.000 habitants, environ, dans les années 1880, le nombre passa à 13.000, en 1895, et à 30.000, en 1976. À l'époque du tremblement de terre, en 2003, la population frôlait les 100.000 habitants. Arg-e Bam resta, essentiellement, une base militaire, jusque dans les années 1930, époque à laquelle l'armée partit. Le site fut déclaré site protégé, en vertu de la législation nationale, en 1945, et la première restauration eut lieu, en 1948. Les travaux de rénovation de la citadelle, commencés, dans les années 1950, ont, réellement, pris de l'ampleur, dans les années 1980.



En entrant dans la citadelle, le visiteur se retrouvait plongé dans une ambiance tout à fait insolite : l’atmosphère était celle des temps anciens, aucune trace de modernité n’étant perceptible. Arg-e Bam ressemblait à une grande forteresse médiévale de style européen. Sa particularité première résidait dans le fait qu’elle fut bâtie de brique et non de pierre. La citadelle possédait deux grandes tours espacées de presque 40 mètres, construites, il y a, environ, cinq siècles. Elle était entourée, dans sa partie Sud, par quatre murailles. L’une d’entre elles avait une hauteur de 18 mètres, et était destinée à protéger les habitants des bandits de grands chemins. En pénétrant dans la citadelle, les ruines du quartier urbain nous apparaissaient, dans un premier temps : le bazar, une centaine de maisons, le Takiyé (place où s’effectue la commémoration de l’Imam Hossein), la grande mosquée, l’école de Mirza Naeem, le caravansérail, les bains publics, le Zourkhâneh (maison de sport). Chaque partie de ce quartier nous indiquait les mœurs et coutumes de la population urbaine.





Lorsque l’on gravissait les marches vers la partie haute de la citadelle, on arrivait au quartier des gouverneurs. On y trouvait, alors, plusieurs annexes militaires, le palais des quatre saisons (Tchahâr Fasl) et la Maison des Seigneurs, où logeaient les gouverneurs. Le toit de la citadelle offrait une splendide vue sur des paysages de désert qui ravissaient, autrefois, tant les gouverneurs et souverains de la ville. Les ruelles étroites de la citadelle préservaient ses habitants de la chaleur extérieure. Des pièces avaient été construites, de manière à pouvoir conserver la neige tombée, en hiver, à l’utiliser au moment voulu, sous forme d’eau potable, pour les habitants de la ville. Un profond et large fossé entourait la citadelle. En temps de guerre, celui-ci était rempli d’eau, de façon à barrer la route de la forteresse aux ennemis.

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