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mercredi, 24 décembre 2014 07:11

Ensembles monastiques arméniens de l'Iran

Les Ensembles monastiques arméniens de l’Iran, au nord-ouest du pays comprennent trois ensembles monastiques historiques de la foi chrétienne arménienne : St-Thaddeus, St-Stepanos et la chapelle Ste-Marie de Dzordzor. Ces édifices, dont le plus ancien, St-Thaddeus, date du VIIe siècle, sont des exemples de valeur universelle exceptionnelle des traditions architecturale et décorative arméniennes. Ils montrent également les très importants échanges qui ont eu lieu avec d’autres cultures, notamment byzantine, orthodoxe et perse. Situés aux limites sud-est de la zone principale de la culture arménienne, les monastères ont été un centre majeur de sa diffusion dans la région. Ce sont aujourd’hui les derniers témoignages régionaux de cette culture dans un état d’intégrité et d’authenticité satisfaisants. De plus, en tant que lieux de pèlerinage, les ensembles monastiques apportent un témoignage vivant des traditions religieuses arméniennes à travers les siècles.

Valeur universelle exceptionnelle

Les monastères arméniens de l’Iran représentent, depuis les origines du christianisme et de manière certaine depuis le VIIe siècle, la manifestation permanente de la culture arménienne en direction et au contact des civilisations perse puis iranienne. Ils témoignent d’un panorama très large et raffiné des contenus architecturaux et décoratifs de la culture arménienne, en interaction avec d’autres cultures régionales : byzantine, orthodoxe, assyrienne, perse, musulmane. Les monastères ont survécu à près de 2000 ans. Ils ont été reconstruits à plusieurs reprises dans un esprit conforme aux traditions culturelles arméniennes. Ils sont aujourd’hui les seuls vestiges importants de la culture arménienne dans cette région. Saint-Thaddeus, lieu présumé de la sépulture de l’apôtre du Christ, Saint Thaddée, a toujours été un lieu de haute valeur spirituelle pour les chrétiens et pour les autres habitants de la région. C’est toujours un lieu vivant de pèlerinage de l’Église arménienne. Les monastères arméniens de l’Iran illustrent la valeur universelle exceptionnelle des traditions architecturales et décoratives arméniennes. Ils témoignent d’échanges culturels très importants avec les autres cultures régionales, notamment byzantine, orthodoxe et perse.

Description historique

Parmi les trois ensembles monastiques, le plus ancien est celui de Saint- Thaddeus. La légende voudrait que cet apôtre thaumaturge ait terminé sa vie en ce lieu et y soit enterré (Ier siècle) ; puis que saint Grégoire, père de l'église arménienne, y créa un lieu de culte (IVe siècle). Toutefois, aucun élément historique ou archéologique précis, aucune indication dans les bâtiments eux-mêmes ne confirment à ce jour ce récit fondateur.

Les premières mentions confirment la présence d'un évêque chrétien arménien au VIIe siècle dans la vallée de Maku, puis, plus précisément, du monastère de Saint- Thaddeus lui-même, au Xe siècle, comme siège du diocèse. C'est également au VIIe siècle que fut fondé le monastère de Saint-Stepanos (1ère trace en 649), et une nouvelle église est construite au Xe siècle. Il apparaît comme un centre de la culture et de la foi chrétienne, dans une période d'indépendance et de développement de l'Arménie (885-1079). Saint-Thaddeus est alors l'un des sites majeurs de la spiritualité arménienne.

Les différents conflits régionaux et invasions du Moyen Âge endommagent ensuite gravement ces deux monastères, à plusieurs reprises : celui de Saint-Stepanos lors des guerres entre les Seldjoukides et Byzance (XIe - XIIe siècles) et celui de Saint-Thaddeus lors des invasions mogholes (1231 et 1242).  

 En 1314, la construction d'un vaste ensemble monacal est lancée un peu en amont de Saint-Thaddeus, sur la rivière Makuchay, à Dzordzor. Il prend la suite d'un édifice religieux plus modeste et plus ancien, dont les vestiges archéologiques vont du Xe au XIIe siècles et révèlent une influence byzantine. Saint-Thaddeus est détruit à la même époque par un tremblement de terre (1319). Sa reconstruction est immédiatement entreprise. Les deux ensembles monastiques sont achevés dans les années 1320. Saint-Stepanos connaît ensuite un brillant apogée de son rayonnement culturel et intellectuel (XIVe siècle). De nombreuses œuvres  artistiques et littéraires y sont alors produites sous forme de peintures et de manuscrits enluminés, dont les sujets touchent à la religion, à l'histoire, à la philosophie. Plusieurs des productions iconographiques et littéraires originales de Saint-Stepanos ont été conservées (Erevan, Venise).

Protégée par la forteresse de Maku, la région échappe aux guerres de Tamerlan contre la dynastie des Ilkhanides.

Au début XVe siècle, la nouvelle dynastie des Safavides confirme sa protection aux Chrétiens arméniens. La région devient toutefois un enjeu de conquête pour les Ottomans, qui contrôlent l'Arménie centrale et occidentale (1513). Les centres monastiques de la partie orientale entrent alors en déclin (XVIe-XVIIe siècles) ; puis le Chah Abbas décide de dépeupler la zone frontalière en 1604, à des fins stratégiques. 250 à 300 000 arméniens émigrent alors vers le centre de l'Iran ; les monastères sont délaissés. L'ensemble monastique de Dzordzor est partiellement démoli, ne laissant que la chapelle. Toutefois, dans le contexte d'une consolidation du pouvoir des Safavides face aux Ottomans, une réoccupation des monastères et des travaux de restauration sont entrepris à compter de 1650, à Saint- Thaddeus puis à Saint-Stepanos. Vers 1700, le monastère de Saint-Stepanos est décrit par le voyageur français J.-B. Tavernier comme un reliquaire de la culture arménienne ; un ossuaire vient d'être mis au jour par une fouille (2005).

Aujourd'hui, le monastère de Saint-Thaddeus est le centre religieux principal des Arméniens d'Iran. C'est un lieu actif de pèlerinage pour les chrétiens orientaux. Il est défini par l'Iran comme un patrimoine vivant.

Les formes architecturales générales et le plan actuel de l'ensemble monastique de Saint-Thaddeus datent pour l'essentiel de la reconstruction des années 1320, après le tremblement de terre de 1319. Ils ont repris, notamment pour l'église, les éléments antérieurs restants des VIIe et Xe siècles, dans l'esprit d'une reconstruction fidèle aux origines. Des travaux de restaurations sont entrepris dans la seconde moitié du XVIIe siècle. L'église blanche est ajoutée au début du XIXe siècle, elle témoigne d'une reconstruction visant à imiter l'Église patriarcale d'Etchmiadzine (Arménie actuelle).

Saint-Stepanos a été lui aussi reconstruit vers 1330, à partir des éléments antérieurs des VIIe et Xe siècles, puis à nouveau à la fin du XVIIe siècle.

Le tremblement de terre de 1940 affecta à nouveau gravement l'église de Saint-Thaddeus. Un premier programme de restauration a été entrepris en 1972- 1973 avec le soutien de l'UNESCO. Cette première phase de travaux urgents s'est poursuivie jusqu'en 1977, permettant de consolider les murs, de restaurer le dôme et de mettre hors d'eau une partie de l'église.

Une seconde étape d'études et de travaux a eu lieu de 1977 à 1983, par un programme supporté par la Faculté d'Architecture et des Arts de Téhéran et par une équipe d'architectes dépendant du diocèse arménien. Les travaux ont poursuivi l'intervention précédente et ont entrepris de nouveaux travaux de restauration.

Une troisième étape de 1983 à 2001 a repris et complété de nombreux travaux précédents, devant faire face à d'importants problèmes d'étanchéité sur l'ensemble de l'édifice et de conservation, notamment à l'Eglise blanche. En 1992, des travaux de restauration extérieurs ont été entrepris.

Depuis 2001, un programme global de site a été mis en place.

A Saint-Stepanos, un programme de restauration des remparts a été mis en place en 1974, ainsi que d'étude des éléments archéologiques du village de Darresham. Des travaux ont été menés régulièrement dans le monastère à compter de cette date. Un problème général de stabilité des sols alluviaux supportant les bâtiments existe à Saint-Stepanos, et il a nécessité d'importants travaux de consolidation des murs et des voûtes, notamment la reconstruction des deux niveaux supérieurs de la tour de l'horloge.

La chapelle de Dzordzor est le reliquat d'un ensemble monastique beaucoup plus important, qui a disparu au début du XVIIe siècle. 

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