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jeudi, 11 décembre 2014 08:11

L’historique du deuil de mohrram en Iran (2)

Une rétrospective des cérémonies de deuil du mois de moharram en Iran depuis la dynastie buyide de nos jours  

Depuis ce 10 moharam de l’an 61 de l’hégire de nos jours les chiites pleurent, au jour anniversaire de la mort en martyre de l’Imam Hossein,  la tragédie de Karbala et la Passion du Prince des martyrs. La vénérable Zeynab, la sœur de l’Imam à Karbala, à Koufa et à Cham, son épouse Om Salmeh à Médine, Jaber ibn Abdallah Ansari à Karbala, les Buyide de Rey ont été les premiers à célébrer les cérémonies de deuil du Prince des martyrs. Dès lors ces cérémonies deuil se déroulent comme si cette tragédie a eu lieu aujourd’hui, et qu’elle n’a pas eu lieu il y a 14 siècles.

Ces cérémonies de deuil se sont  évoluées au fil du temps.  Ce fut à l’époque des Buyides qu’elles eu lieu officiellement pour la première dans les pays islamiques notamment en Iran. Les Buyides étaient d’origine iranienne et ils étaient chiites, habitant la région de Deylaman ; leur ancêtre Abou Shojaa Buyide était le fils de Fana Khosro Deylamide, et leur généalogie remontait au roi sassanide Bahram. Les Buyides ordonnèrent qu’au jour d’Achoura, les bazars soient fermés et que les gens organisent des cérémonies de deuil hors de leur maison. Pour les historiens, les premières processions de deuil dans les rues, la récitation des élégies ont eu lieu officiellement dès cette époque pour se poursuivre dans toute leur faste jusqu’à la fin du règne des bouyides.

Avec l’émergence des Seldjoukides et d’autres dynasties,  ces cérémonies étaient généralement organisées dans les maisons des chiites jusqu’à la montée en puissance des Safavides. Lorsque Shah Ismaïl monta sur le trône en Iran et fonda la dynastie safavide à Tabriz, il annonça le chiisme, la religion officielle de son gouvernement et dès lors les cérémonies de deuil de l’Imam Hossein – béni soit-il - au jour d’Achoura furent reprises de manière officielle. Les Qezelbash qui formaient la force militaire du gouvernement safavide, montés sur leur cheval et équipés d’épée, portant des d’oriflammes et battant le tambour et la cymbale, participaient aux processions mais étant donné qu’ils étaient des militaires, leurs cérémonies prenaient surtout une ambiance épique. Des exemples de ces cérémonies de deuil ont lieu toujours en Azerbaïdjan, des cérémonies qui se distinguent par leur ordre tout particulier ; les participants se mettent en rang, ils brandissent des épées et  chantent des poèmes épiques accompagnés de percussion. Des cérémonies de deuil sous d’autres formes se déroulaient à l’époque safavide dont le Shakh Sin (Shah Hossein) qui est une cérémonie de deuil épique à laquelle on a ajouté la flagellation. Selon un nombre de chercheurs, cette cérémonie a pour origine l’Inde et le Pakistan tandis que d’autres y voient une origine arabe.  La tradition de se battre la poitrine est mise en vogue à l’époque safavide et s’est généralisée ; les processions de deuil descendent dans la rue et chantent des poèmes et des élégies.

Après les safavides, aux époques zand et qajare, les cérémonies de l’Achoura se poursuivaient toujours dans toute leur faste. En l’occurrence à Karim Khan Zand, qui était très pratiquant, il mettait sur pied des processions de deuil. A l’époque qajare les rois qajars aussi étaient très attachés  à ces cérémonies notamment à l’époque de Nasseroddin Shah ; les oulémas chiites y jouaient un rôle remarquable et incontournable.

 

  

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