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lundi, 18 août 2014 05:57

Patrimoine immatériel d'Iran, gloire universelle (5)

Nous avons déjà parlé de l’étendue géographique de l’Iran aux époques achéménide et des parthes ainsi que du champ de l’influence culturelle de l’Iran qui couvrait plus de la moitié du monde. Aucun changement majeur n’eut lieu dans le territoire dominé par les Iraniens lorsque les Sassanides succédèrent aux Parthes. L’Iran dominait, comme par le passé, la moitié du monde civilisé de l’époque tandis que Rome dominait l’autre moitié. A cette époque-là, les Iraniens de la Transoxiane notamment les Sogdiens, qui vivaient pour la plupart à Samarkand et au Boukhara, dirigeaient les activités commerciales et culturelles au Turkestan, en Chine. En réalité, la majeure partie des activités commerciales qui se déroulaient au Turkestan de la Chine était sous l’influence directe de la civilisation iranienne. Lorsque les Sassanides succédèrent aux Parthes, les Iraniens, qui luttaient auparavant contre les Romains, commencèrent à établir des relations et des interactions culturelles et scientifiques entre les deux civilisations. Les prisonniers de guerre romains furent hébergés dans les villes iraniennes, les ingénieurs romains furent recrutés pour faire construire les installations infrastructurelles et les scientifiques romains notamment les médecins furent employés dans les centres scientifiques dont la grande Université de Gundishapur.

Les musulmans commencèrent à attaquer les frontières occidentales de l’empire sassanide dès la deuxième décennie de l’hégire. Le dernier roi de cette dynastie, Yazdegerd III fut vaincu en l’an 30 de l’hégire, 651 de l’ère chrétienne et l’empire sassanide fut renversé. Dans cette conjoncture, les directives édifiantes de l’Islam, qui promettaient le juste et la justice, étaient si appréciées par les Iraniens qu’ils donnèrent à leurs  agissements partout dans le monde civilisé une plus grande ampleur, après la conquête de l’Iran par les musulmans. Dans le sillage de la religion universelle de l’Islam et de sa propagation dans le monde, les Iraniens, qui se distinguaient par leur dynamique, se rendirent aux régions les plus éloignés du monde. A cette époque où l’empire romain s’effondra en Occident, où les Germains, les Anglo-Saxons et les Vikings de la Scandinavie éloignaient l’Europe de la civilisation mondiale, les ethnies iraniennes, appuyées par la culture islamique, protégeaient la culture et la civilisation de la planète. Grâce aux directives sublimes de l’Islam, les Iraniens ne permettaient pas que l’Orient  bascule aussi à l’instar de l’Occident européen  dans les abysses de l’obscurantisme médiéval. Ils ne permettaient pas que la culture et la civilisation du monde cessent son mouvement en avant et assuraient ainsi son épanouissement.

Les Arabes musulmans projetèrent le plan d’un nouvel empire dans la zone culturelle del’Iran. En coopération avec les Iraniens de haut rang, les Arabes musulmans étendirent la zone de la culture irano-islamique du nord au Turkestan en Transoxiane et de l’ouest à l’Asie mineure jusqu’à l’Espagne. Après s’être convertis à l’Islam, les Iraniens qui étaient du point de vue culturel, dans une plus haute sphère, investirent rapidement  les postes-clés administratifs et culturels dans les hiérarchies de l’empire islamique. Les Iraniens hautement cultivés se répandirent dans les quatre coins de cet empire, qui était aussi vaste que celui des achéménides, détenant les postes décisifs  dans les différents domaines administratifs, scientifiques et religieux. Pendant un millier d’années, les Iraniens avaient eu pour rival l’empire romain. Ils ne pouvaient pas donc faire cavaliers seul dans la moitié du monde de l’époque dominé par Rome. Or, quand l’empire islamique prit les rênes du pouvoir, Rome, qui se limitait à l’Asie mineure et  l’Europe, céda la plupart de ses territoires aux musulmans. L’armée de l’empire islamique arriva même jusqu’aux portes de la capitale de l’empire Byzantin mais elle ne parvint pas les ouvrir en raison des différents obstacles dont l’appareil défensif des Romains.

Bien que les musulmans n’aient pas pu l’emporter sur l’empire romain en Asie mineur, ils arrivèrent pourtant à prendre le contrôle de la Syrie et du Liban pour ainsi avoir accès à la mer Méditerranée et à des trajets leur permettant d’attaquer l’Asie mineure. Il s’agissait de la première fois qu’une armée orientale ait eu accès à l’Europe via l’Espagne. L’Afrique du Nord et les côtés africaines de Méditerranée qui étaient longtemps dominées par l’empire romain furent finalement conquises par les musulmans. Cette conquête balisa le terrain à l’extension de la culture et de la civilisation irano-islamiques dans ces régions. Selon les chercheurs, les Iraniens se sont convertis rapidement en Islam parce que la pensée islamique insistait sur l’universalisme et un gouvernement mondial, ce qui allait de pair avec la nature des Iraniens qui avaient toujours une culture cosmopolite et une civilisation étendue. L’étendue du Califat des Omeyyades traversa rapidement le monde civilisé de l’époque et à l’exception de l’Europe profonde et la Chine, elle dominait la plupart des régions importantes du monde. Les Arabes musulmans et les Iraniens qui venaient de se convertir à l’Islam cherchaient à renforcer leur présence sur l’échiquier mondial. Alors, ils propagèrent l’étendue culturelle de l’Iran, marquée cette fois-ci par sa teneur islamique, vers les régions qui n’étaient pas dominées par la culture iranienne préislamique, des  régions comme le Turkestan, l’Asie mineure et l’Espagne. Au deuxième siècle de l’hégire (VIIIe siècle), les Iraniens dirent remplacer les Omeyyades par les Abbassides qu’ils soutenaient militairement et spirituellement. Grâce aux tendances pro-iraniennes du gouvernement abbasside, les élites iraniennes eurent la chance de poursuivre leurs activités culturelles, commerciales et artistiques dans les quatre coins de l’empire islamique et trouvèrent la scène balisée à leur création culturelle. Ceci étant, les Iraniens assumèrent leur rôle historique et universel dans le nouvel empire islamique après une courte intervalle.

L’élite iranienne et les Arabes musulmans commencèrent leur coopération, sporadique au début, depuis la victoire des Arabes et la conquête de Ctésiphon et de Fars. Ces coopérations prirent de l’ampleur sous les Abbassides dans tous les domaines dont administratif, religieux et culturel. En réalité, les ethnies iraniennes renoncèrent à leur religion historique et se convertirent en une religion dynamique et riche tel que l’Islam. Forts de leur riche civilisation, les Iraniens regagnèrent progressivement la plupart de leurs distinctions et privilèges d’avant l’Islam. Issu d’un peuple honorable et riche, les Iraniens, puissants dans certains aspects au sein de l’empire abbasside,  répandirent partout dans le monde, en tant que vizir, savant, faqih, scolastique, artiste et homme de lettre, la culture irano-islamique. Ce fut ainsi qu’ils parvinrent à favoriser à renforcer les fermants de la riche et de l’enrichissante culture iranienne via les échanges culturels avec les différentes ethnies musulmanes et une combinaison créative de ces cultures avec la culture et la civilisation islamo-iraniennes.

Lorsque l’empire Abbasside transféra la capitale de son Califat de Damas à Bagdad, il s’est vu au cœur d’une zone iranienne car la nouvelle capitale fut tout près de Ctésiphon, capitale de l’Iran préislamique. C’est ainsi que l’empire Abbasside perdit en quelque sorte ses relations ethniques avec les Arabes bédouins. A cette époque-là, les Iraniens, qui ne pouvaient pas se rendre en Syrie et au Liban sous les Sassanides, eurent l’occasion de s’y en aller. Le déblocage du trajet vers la Syrie et l’Egypte permit aux Iraniens de renforcer leur présence non seulement en Mésopotamie, foyer politique et démographique des Iraniens, mais aussi au Cham et dans le littoral de la Méditerrané. Les marins iraniens constituaient la majorité de la Force navale des Arabes sous les Omeyyades. En réalité, la Force navale des Arabes n’eut d’autre choix que d’employer les compétences des Iraniens dans la navigation maritime. Alors, les marins iraniens sont restés dans les villes côtières et anciennes du Liban, Sour, Saïda et même Tripoli, dans le littoral sud de la Méditerranée et ils cristallisèrent l’identité iranienne dans ces villes.

Certains pensent que ce sont seulement les Occidentaux qui furent compétents dans le domaine de la navigation maritime tandis que les documents et les preuves écrits comme les ouvrages Mojam Al-Boldan  et Ahsan Al-Taqasim montrent que les Iraniens furent les marins professionnels au début de l’époque islamique. Avant l’émergence de l’Islam, les navigateurs iraniens furent actifs plutôt sur les côtes de l’océan Indien, de la mer Rouge, du golfe Persique et de la mer Oman. Mais les activités maritimes des marins iraniens prirent de l’ampleur après l’avènement de l’Islam si bien que les marins iraniens étaient les maîtres des littoraux sud de la Méditerranée jusqu’au détroit de Gibraltar. Le convertissement à l’Islam des Iraniens n’a non seulement pas réduit leur puissance et grandeur mais il leur a renforcé plus de dignité. Aux époques ultérieures, les Iraniens et la culture iranienne ont renforcé leur repose pied dans la plupart des côtes importantes et stratégiques du monde à l’exception du littoral du nord de la Méditerranée dominées par les Européens.

 

 

 

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