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lundi, 04 août 2014 04:08

Patrimoine immatériel d'Iran, gloire universelle (4)

Les Perses parvinrent à unifier, par l’empire achéménide toutes les civilisations du plateau iranien. Ils ont fait construire « La Voie royale perse» qui a rendu possible pour la première fois une connexion matérielle et immatérielle des différentes ethnies tout au long de cette route. Cette route fut construite pour faciliter une communication rapide tout au long du vaste empire, de Suse à Sardes, soit environ 2 683 km. « La Voie royale perse» assurait une communication militaire, sécuritaire, commerciale et culturelle entre les ethnies civilisées sur l’échelle mondiale. « La Voie royale perse » est devenue plus tard une partie de la Route de la Soie qui traversait, sous les Parthes, le littoral méditerranéen jusqu’à l’Etat de Sin-Kiang, en Chine. L’Iran fut situé au cœur de cette route. Diverses civilisations, religions et culture se trouvèrent tout au long de la Route de la Soie qui les avait liées les unes aux autres depuis plus de 2.000 ans. Nombreuses furent les civilisations de la Route de la Soie qui portaient les marques de la civilisation de l’Iran antique et de l’Iran islamique. Ce qui fait preuve de l’influence de l’Iran au sein de cette région.

Au contraire de la Chine et de l’Inde qui se trouvaient à l’est et à l’extrême-est du monde, l’Iran se situait au cœur de la géographie planétaire et jouissait des facilités des communications mondiales. Au contraire de la culture chinoise et indienne, la culture iranienne fut toujours en échange avec les cultures étrangères et elle se situa au centre des voies de communication matérielle et immatérielle à l’échelle mondiale. Alors, l’évolution culturelle de l’Iran fut une évolution expansive et elle ne pouvait pas se confiner dans les frontières géographiques de la région. Selon les chercheurs, la culture iranienne ne pouvait pas perdurer si elle ne jouait pas le rôle de médiateur créateur entre les différentes cultures.

Les Parthes portaient une attention toute particulière à la Route de la Soie et les Sassanides en profitèrent beaucoup. Sous les Sassanides, la Route de la Soie eut son centre dans la ville de Ctésiphon, en Mésopotamie, capitale iranienne de l’époque. Les Iraniens faisaient du commerce de la soie brute et produisaient de précieux tissus de soie. Les Iraniens étaient devenus de producteurs professionnels de textile surtout de la soierie. La soie brute de la Chine se transformait en soierie dans les ateliers sassanides à Suse, à Gundishapur et à Shushtar, et était ensuite exporté via la Route de la Soie vers différentes régions du monde. Les motifs et les tissus en soie de cette époque étaient très appréciés partout en Europe, voire en Chine et au Japon. Les tissus en soie de l’ère sassanide au musée royal du Japon viennent en appui de cette affirmation.

Les Sassanides dominaient aussi les voies maritimes de la Route de la Soie et avaient formé une puissante Force navale. Ils avaient une flotte de commerce, qui était une grande rivale de Rome. A cette époque-là, les Iraniens avaient installés des comptoirs sur l'île de Sarandib, nom donné dans les sources géographiques et historiques islamiques médiévales à l'île de Ceylan (l’actuel Sri Lanka actuel), les côtes de la péninsule malaise  et les côtes du sous-continent indien. Cette domination maritime sur les ports commerciaux de l’Océan indien persista même dans l’époque islamique. Une voie connue sous le nom de « La Route des épices », qui ralliait le golfe Persique, la mer d’Oman et l’Océan indien au sous-continent indient,  s’est épanouie grâce à la Force navale des Sassanides et des commerçants iraniens. Les épices indiennes étaient transportées  à la Mésopotamie via la Route des épices avant d’être exportées vers la Méditerranée, Rome et ensuite Byzance. Les commerçants iraniens s’aventuraient jusqu’au sud de la Chine, à Canton, et achetaient directement de la soie aux Chinois. Avant la chute des sassanides et la convertie en Islam des habitants de la Transoxiane, du Khârezm et du Turkestan, le commerce, sure les voies turques de la Route de la Soie, était presque monopolisé par les Iraniens sogdiens de la Transoxiane qui exerçaient une grande influence culturelle tout au long de cette région. A cette époque-là, les navires iraniens avançaient jusqu’au Vietnam notamment à Hanoï. Grâce aux voies de communication qui jalonnaient le plateau iranien, la culture iranienne avait la chance de communiquer avec les cultures d’autres ethnies. C’est grâce à ces routes que la culture et les ethnies iraniennes étaient toujours en rapport avec d’autres peuples.

Le plateau iranien a toujours été un des berceaux de  la civilisation, de la religion, de la pensée et de l’art tout au long de l’Histoire. Cette terre abritait les différentes ethnies. C’est là où de grandes immigrations, d’importantes batailles et d’incursions ont eu lieu. C’est en raison de ces vastes communications que l’Iran est arrivé à créer un immense réseau de voies permettant à chaque région de maintenir son contact avec les autres régions. Géographiquement parlant, l’Iran se trouvait au carrefour des civilisations et des cultures du monde de l’Antiquité, c’est-à-dire, la Chine et l’Inde à l’Est, la Mésopotamie, l’Egypte et la Méditerranée gréco-romaine à l’Ouest. C’est la raison pour laquelle l’Iran fit construire des routes qui eurent une importance toute particulière sur le plan régional, ethnique et mondial. Ces routes relièrent, au vrai sens du terme, l’Ouest et l’Est de la planète. Jusqu’il y a cent ans, on pensait que la Route de la Soie se limitait à une région et une époque historique particulière mais maintenant on sait qu’elle a gardé toujours son importance historique et culturelle depuis l’Antiquité et les périodes islamiques, jusqu’à même l’ère contemporaine dominée par la technologie.

Selon les documents qui nous sont arrivés, on peut comprendre que la plupart des écoles idéologiques ou des mouvements culturels et artistiques profitaient de la Route de la Soie pour  présenter leurs objectifs et les propager. Nombreux ont été les missionnaires et les élites religieux ainsi que les mystiques et les poètes musulmans et iraniens qui  avaient utilisé la Route de la Soie pour propager leurs pensées partout dans le monde. A l’époque islamique, les commerçants musulmans, arabes et iraniens parcouraient le monde entier. Les Iraniens musulmans utilisaient des méthodes de navigation maritime très sophistiquées dans les grandes mers et les océans. C’est ainsi que les cultures et les pensées se rencontraient.

Lorsque les Chinois et les Turcs arrivèrent en Iran, ils y emmenèrent aussi avec eux les instances culturelles des peuples d’Asie de l’Est. Les Iraniens achetaient de la soie et du papier aux Chinois et du thé aux Indiens. Après l’émergence de l’Islam et les conquêtes des musulmans à l’Est, les différentes ethnies commencèrent à s’initier aux cultures des unes des autres. Ensuite, les méthodes de communication évoluèrent aussi ; le commerce et le tourisme eurent un nouveau rôle. Les troupes de l’Islam progressaient vers le sud et le centre de l’Iran ainsi qu’au Khorasan et dans l’Est de l’Iran après avoir conquis la Mésopotamie et Ctésiphon. Au premier siècle de l’hégire (VIIe siècle), le Khorasan et la Transoxiane furent conquis par les musulmans.



En l’an 96 de l’hégire lunaire (fin du VIIe siècle), Kashgar, portail de la Chine, fut aussi conquise. Alors, le secteur oriental de la Route de la Soie fut contrôlé par les gouverneurs musulmans. Ensuite, les musulmans, qui avaient conquis également les secteurs de l’ouest de l’Asie au large de la Méditerranée, prirent le contrôle de la majeure partie de la Route de la Soie. La vie économique et civilisationnelle de la Route de la Soie continua jusqu’à l’époque islamique. Cette route, point de jonction des différentes religions, resta puissante jusqu’aux XVe et XVIe siècles. Lorsque les colonialistes européens débarquèrent en Asie et que de nouvelles voies maritimes furent découvertes, les itinéraires changèrent au profit des colonialistes, le réseau historique des anciennes voies d’Asie s’effondra et le quotidien des peuples d’Asie fut bouleversé.

   

           

      

   

 

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