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lundi, 21 juillet 2014 04:56

Patrimoine immatériel d'Iran, gloire universelle (2)

Les pays, dotés d’une civilisation ancienne, ont outre leur aire géographique, une aire culturelle. Le sens du territoire géographique est bien clair. Il s’agit des frontières internationales définies et quasiment stables pour tous les pays. Cependant, les frontières géographiques d’un pays ancien comme l’Iran ont été mouvants, et connu des changements majeurs tout au long de l’Histoire. Des parties de l’Iran ont été démembrés au fil des événements. Nous en parlerons plus tard en détail. L’aire culturelle d’un pays, cet espace de culture, est  le champ où une civilisation exerce son influence culturelle. L’Iran compte parmi les pays qui ont depuis la nuit des temps, les deux aires géographique et culturelle.  Depuis l’instauration de l’empire achéménide, le premier empire du monde, il a eu toujours des territoires qui dépendaient de l’Iran. Les bas-reliefs de Bistoun, les transcriptions des rois achéménides, Xerxès ou Darius, confirment cette réalité que d’ailleurs évoque Hérodote et d’autres historiens des temps anciens.

L’Iran était pendant plus de 1100 ans, une de deux grandes puissances dominantes de la planète : les achéménides, les arsacides et les sassanides ont régné sur l’Iran respectivement pendant 220 ans, 476 ans et 428 ans. Chercheurs et historiens sont unanimes à saluer la richesse incommensurable de l’histoire et de la culture d’Iran est si riche et si profonde qu’il est difficile, pour ne pas dire impossible, de les résumer même dans des livres épais. L’Iran est un pays dont la géographie et l’histoire revêtent une importance toute particulière.  Les conditions géographiques ont fait de ce pays un carrefour d’où les échanges culturels avec différents pays. Une telle position stratégique lui a valu d’être un point de connexion entre l’Est, l’Ouest, le Nord et le Sud, et cela sur le fond d’une des plus anciennes civilisations du monde. Le monde doit son premier gouvernement global aux achéménides, qui pensaient à l’époque, à un  gouvernement mondial dont les signes sont aussi bien perceptibles dans la politique de Cyrus et que dans le mysticisme iranien. Au tournant de l’avènement de l’Islam en Iran, les Iraniens ont remplacé l’empire politique par l’empire culturel dont l’étendue allait de la Chine jusqu’en Méditerranée et du sous-continent indien jusqu’au sud de la Russie ; c’est dans cette aire culturelle que des plus grandes œuvres intellectuelles et littéraires ont vu le jour pour enrichir la culture mondial.

Un trait saillant des ethnies iraniennes étaient leur déplacement géographique en permanence. Elles n’ont jamais restées, dans aucune période historique, dans une région avec des frontières géographiques définies. Elles se déplaçaient dans une vaste étendue géographique, autrement dit dans les quatre coins du monde civilisé de l’époque. Ce dynamisme leur avait valu une certaine vivacité. Le territoire des ethnies iraniennes s’étendait  depuis le sud-sibérien jusqu’en Mésopotamie d’une part et de l’autre allait de l’Asie mineure à l’Inde et la Chine. Jusqu’au XVIIIsiècle, les ethnies iraniennes vivaient partout sur cette vaste étendue. Elles considéraient toutes ces régions, autrement dit toutes les régions situées sur l’axe de la civilisation, comme étant leur territoire. L’ethnie iranienne ou les Aryens, branche des ethnies indo-iraniennes, quitta, à la fin du deuxième millénaire avant  Jésus-Christ, son principal territoire, situé dans l’extrême-nord de l’Asie centrale, pour descendre vers les régions plus chaudes. Les Aryens arrivèrent sur le plateau d’Iran via le nord, l’est et l’ouest de la mer Caspienne. L’archéologue français, Roman Ghirihman, était d’avis que cette immigration n’était pas volontaire et tout comme celle des autres ethnies d’Asie centrale, elle avait eu lieu pour fuir le froid et la pression d’autres ethnies. Les Aryens arrivèrent d’abord en Sogdiane, autrement dit  Samarkand et Boukhara, et en Margiane dans l’actuelle Turkménistan, appelée Merv depuis le Moyen-Âge. Là, ils furent attaqués par les sauterelles et les tribus ennemies ; ils reprirent donc leur chemin pour aller plus au Sud, c’est-à-dire Balkh et puis le Khorasan. De là, les Aryens se dispersèrent partout en Iran.  

Les Aryens se répartissaient en deux groupes : le premier  immigra au plateau iranien  et le second formait les Scythes. Les tribus nomades scythes étaient source de panique, de pillage et de destruction des territoires plus civilisés et plus sédentaires du Sud et de l’Ouest. La culture des Scythes a été celle du nomadisme, de la guerre et du pillage. Quant aux Aryens migrants, après la rencontre avec les cultures semi-agriculture et plus sédentaire du plateau iranien, ils choisirent la vie civilisée et sédentaire, optant  pour la coopération, la solidarité et l’échange culturel avec les indigènes. C’est ainsi qu’ils eurent un sort bien différent de celui des Scythes semi-barbares et pilleurs. Les Mèdes furent la première partie des Aryens qui arrivèrent au plateau de l’Iran. Les Mèdes habitaient les régions du Nord-Ouest de l'actuel Iran, dans le Zagros occidental, autour de leur capitale Ecbatane (l’actuel Hamadan), communiquant ainsi avec les élamites, issus d’une civilisation plurimillénaire de citadine, basée sur l’agriculture avec des installations d’irrigation. La principale population des Mèdes s’intégra dès le début, avec les indigènes et au lieu de les combattre, elle les attira.

Selon The Cambridge History of Iran, la civilisation et la vie citadine sur le plateau iranien remontait  jusqu’au 8e millénaire avant Jésus-Christ. Les signes en sont l’apprivoisement des animaux et l’agriculture notamment la culture des céréales. Les découvertes archéologiques à Shahr-e Soukhteh, littéralement « la Ville brûlée », prouvent qu’une grande ville existait il y a 4000 ans, dans cette région du plateau iranien. Cette ville était dotée d’un système de canalisation d’eau grâce aux tuyaux en céramique ;  à la Ville brûlée les métiers s’étaient distingués. Pour un certain nombre d’archéologues, dont Arthur Pop, le plateau iranien est le berceau de l’agriculture et des industries qui leur dépendent, c’est-à-dire la poterie et le tissage. La civilisation sur le plateau iranien a vu  le jour 500 ans avant celle de l’Egypte, 1000 ans avant celle de l’Inde et 2000 ans avant celle de la Chine. Beaucoup de régions  comme le Lorestan par lesquelles passent actuellement les tribus nomades, ont été,  il y a 2000 ans avant Jésus-Christ le foyer de la vie citadine. Dans de nombreuses régions iraniennes, dont les zones semi-désertes, la vie citadine a été plus vaste qu’aujourd’hui. Les textes en écriture cunéiforme montrent que le développement de la vie citadine et celui d’une économie basée sur l’élevage et l’agriculture ont été à l’origine de la création des cité-Etat dans les territoires de l’Ouest de l’Iran. Les cité-Etat de cette région avaient été formées à partir d’une zone agricole. Elles avaient dépassé l’identité tribale et faisaient preuve d’une identité extra-tribale, voire de celle d’un pays.

Les Perses, qui ont instauré plus tard le premier et le plus grand empire du premier millénaire avant Jésus-Christ, choisirent d’abord les alentours du lac d’Ouroumieh, dans le nord-ouest de l’Iran, pour s’installer ; pour des raisons encore inconnues, ils immigrèrent ensuite au Fars, dans le sud du plateau iranien où ils formèrent un gouvernement vassal des Mèdes. Les Perses avaient, du point de vue de race et de culture, des liens de parenté avec les Mèdes. Ils partagèrent de nombreuses affinités avec les Mèdes si bien que pour  la plupart des historiens, les époques des Perses et des Mèdes ne font qu’une. Lorsque les Mèdes et les Perses arrivèrent au plateau iranien, ils n’avaient pas cherché à anéantir les civilisations du plateau iranien, contrairement à la méthode qui était très en vogue à cette époque. En revanche, ils établirent des relations avec lesdites civilisations. Les élamites et les mèdes étaient, même à l’apogée de l’empire perse achéménide, un partenaire proche des Perses.

    

       

         

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