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jeudi, 10 juillet 2014 19:27

Patrimoine immatériel d’Iran, gloire universelle (1)

Aussi riche qu’ancienne, la culture persane, tel un arbre de plurimillénaires, plonge ses racines dans ce terroir fécond qu’est le plateau iranien ; raconter cette culture issue du berceau de la civilisation humaine, ses origines, ses différentes manifestations,  ses innombrables aspects, son passé, son présent ainsi que son devenir, ses répercussions hors des frontières d’Iran, telle est l’ambition du nouveau magazine hebdomadaire que propose la rédaction française de l’IRIB  à ses auditeurs. A chaque édition chaque édition nous vous initierons à un aspect de ce prisme magique, qu’est le paysage culturel iranien. Tantôt nous remontons dans le temps, pour faire escale dans un site historique, visiter un monument, tantôt nous nous promenons dans la roseraie au parfum exquis de la littérature persane.

Tantôt nous vous présenteront les figures de proue de la culture persane  dont l’érudition et les  œuvres ont marqué non seulement l’Iran mais le monde entier. Nous vous parlerons des figures saillantes de différents aspects de la culture iranienne ; en l’occurrence des poètes tel que  Jalal al-Din Molana ou Nizami, des hommes de sciences tels que Nasser al-Din de Tus ou Biruni, des philosophes comme Cheikh Shahab al-Din Sohrawardi…

Les territoires et les pays sont démarqués par les frontières maritimes et terrestres mais les peuples se distinguent par leur culture. Les patrimoines culturels constituent les signes historiques et sociaux de chaque nation. Les protéger contribue à protéger l’histoire de chaque peuple et ses antécédents. La terre d’Iran est fière d’une histoire plurimillénaire, d’une culture riche et d’une civilisation brillante. Cette terre dont les origines sont profondément ancrées dans l’histoire,  est considérée comme le berceau même de la civilisation. Les premiers villages y ont vu le jour. Des centaines d’années voire des milliers d’années se sont écoulées depuis l’ère où le puissant empire perse est né pour être l’un des rares artisans de l’histoire du monde. Les vestiges et les œuvres qui nous sont laissés en héritage de ce temps lointain permettent à mieux connaître la civilisation humaine.

Bien que dévastatrices, les Croisades ont ouvert les portes de l’Orient sur les Européens. C’est à partir du déclenchement de cette guerre que les Européens débarquèrent dans une bande du littoral-est  de la mer Méditerranée. Depuis, les missions et les voyageurs occidentaux prirent le chemin de l’Orient notamment de la Perse. Les missionnaires et les commerçants chrétiens arrivèrent aussi en Iran. L’explorateur vénitien, Marco Polo, traversa au XIIIe siècle l’Iran pour aller en Chine et il reviendra, après 20 ans, en Europe en passant une fois de plus par l’Iran. A l’époque de Hulagu Khan le Moghol, l’Iran, notamment Tabriz, s’était transformé en l’un des plus importants centres de commerce avec l’Europe. Avec l’avènement des safavides, les Iraniens décidèrent d’opter pour une voie indépendante afin d’éloigner la menace des rois ottomans qui se croyaient les califes de tous les Musulmans. Ce fut dans un tel contexte que  les Iraniens, en propageant le chiisme, les Iraniens ont cimenté les bases de l’indépendance culturelle de l’Iran. L’adoption d’une telle politique attira l’intérêt des Européens vers l’Iran qui étaient toujours en conflit avec les Turcs ottomans. Dès lors, les délégations politiques, religieuses et économiques européennes affluèrent vers l’Iran. Le Portugal, l’Espagne, la Grande-Bretagne, les Pays-Bas, la Russie, la France et l’Italie commencèrent à établir des relations avec l’Iran et des récits de voyage furent écrits par les frères Shirley, Pietro Della Valle, Raphael du Mans, Tavernier, Chardin et Adam Olearius.

Les relations Iran-Europe s’élargirent à l’époque qadjare ; malheureusement les Etats occidentaux cherchaient à coloniser l’Iran et à faire main basse sur ses ressources. Les ambassades des pays européens s’ouvraient les unes après les autres à Téhéran. Tandis que les touristes et les commerçants européens ne cessaient de voyager en Iran. Après quelques temps, les Européens se rendirent compte que les attractions de l’Iran ne se résumaient pas aux seules chaînes de montagnes d’Alborz et de Zagros, aux belles côtes de la mer Caspienne et du golfe Persique et des lieux de culte divers. Ils découvrirent très tôt les immenses richesses et les trésors fabuleux qui dormaient dans les profondeurs de la terre d’Iran. Les commerçants européens furent d’abords séduits par le patrimoine archéologique de l’Iran. En l’occurrence la coupe en or, découverte à  Hassanlou, près de la ville de Naqadeh, à l’Ouest de l’Iran, une coupe datant de 6.000 ans avant Jésus-Christ ou bien la coupe en or de trois millénaires, représentant deux taureaux ailés découvert à Marlik, près de Roudbar, au nord de l’Iran.  C’est ainsi qu’a commencé le récit amer du pillage des richesses et du patrimoine culturel de l’Iran. Le « Trésor de Shayegan » fut découvert à l’époque du roi qajar,  Muzaffareddin Chah à Nahavand. Ce trésor était une collection inouïe de sculptures et de milliers de précieux objets d’art parthe et sassanide mais ce trésor fut sorti de l’Iran sous forme de lingots  d’or et d’argent.

Pendant les premières années du XIXe siècle, en cette période du règne des Qajars, les explorateurs européens commencèrent à connaître une grande partie de l’histoire et du patrimoine culturel de l’Iran. William Kennett Loftus, archéologue britannique, fit des fouilles, pour la première fois, en 1888, dans les ruines de Suse. Il y trouva des objets antiques dont il en emporta certains en Grande-Bretagne. C’est ensuite le Français Marcel Dieulafoy qui fut autorisé par  Nassereddin Chah de faire des fouilles à Suse. Jacques de Morgan, un autre Français, mena aussi des fouilles dans les différentes régions de l’Iran. Ce dernier faisait travailler quelque 1.200 ouvriers dans les chantiers des sites archéologiques de  Suse et il faisait sortir, tous les 18 mois, de l’Iran, une partie des objets antiques découverts dans ses sites. De Morgan organisa, plus tard à Paris, une exposition des objets antiques qu’il avait pillés en Iran. L’un des documents les plus glorieux de l’Histoire du monde et la preuve de la victoire des Iraniens dans leur attaque contre la  Babylonie, c’est-à-dire « la stèle du Code de Hammurabi », qui compte aujourd’hui parmi les objets les plus précieux du  musée du Louvre à Paris.

Mais les Français ne furent pas seuls à piller les objets antiques et les richesses de l’Iran. Les Britanniques et les Américains les ont aussi rejoints dans ce pillage d’envergure. Cette tragédie a atteint son paroxysme sous les Pahlavis mais elle a quasiment pris fin en 1979, après la victoire de la Révolution islamique, grâce à l’adoption des lois concernant le patrimoine culturel. Une fois mis en place l’Ordre de la République islamique d’Iran, le Conseil de la Révolution interdit toute excavation commerciale et il n’a permis qu’au gouvernement de faire des fouilles archéologiques. Conformément à cette loi, les équipes étrangères ont mis fin à leurs activités en Iran et la sortie des objets antiques constituant le patrimoine culturel des Iraniens fut entièrement interdite. Or, des cas de pillage des objets antiques iraniens se voient de temps à autre.

De nos jours le pillage du patrimoine de la civilisation iranienne se fait sous une autre forme. A présent  ce sont les patrimoines  immatériels des Iraniens, autrement dit les figures de proue de la culture iranienne, qui font l’objet du pillage. Malheureusement, certains pays tentent de se faire une identité en pillant le patrimoine immatériel iranien, ce patrimoine dont l’identité iranienne n’est cachée à personne conformément aux documents valides. Ce thesaurus inégalable de penseurs, de savants et d’hommes de lettres dont l’œuvre suffit de prouver qu’ils sont iraniens,  même s’ils sont enterrés hors des frontières géographiques de l’Iran actuel.

Le magazine « Patrimoine immatériel d’Iran, gloire universelle » a pour ambition de présenter ces grandes figures de la culture iranienne, sur le fond de l’histoire plurimillénaire de l’Iran et ses antécédents.

 

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