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mardi, 02 décembre 2014 08:35

« Je pense donc je suis » de Descartes, est-il emprunté d’Avicenne ?

Pour le professeur Karim Mojtahedi, Descartes s’est inspiré de la pensée d’Avicenne et de son expression « l’homme suspendu » pour exprimer sa  célébrissime formule « Je pense donc je suis ». Karim Mojtahedi, professeur de la philosophie à l’Université de Téhéran a décrit en ces termes Avicenne, figure de proue des sciences et de la philosophie. Avicenne, explique le professeur Mojtahedi, serait peut-être le plus célèbre philosophe et savant iranien dans le monde de l’Islam. Il a une part incontestable et une contribution majeure dans la promotion de la culture de la pensée dans le sens philosophique du terme. Pour d’aucuns, la formule descartienne « Je pense donc je suis », s’inspire des idées d’Avicenne et de son expression « l’homme suspendu » - l’homme qui s’est détaché de tous les contacts extérieurs afin de préserver son indépendance intellectuelle – et Descartes prend aussi en considération sa raison et sa pensée. Dans notre tradition, c’est plutôt Ghazali qui  parle de doute mais il semblerait que Descartes ait connu plutôt à travers  les œuvres du  scolastique espagnol Francisco Suarez, les idées et la pensée d’Avicenne. Il va de soi que les livres classiques soient en déclin à l’ère moderne. Quoiqu’il en soit, les occidentaux s’attardent toujours sur les ouvrages philosophiques d’Avicenne, car ils doivent étudier ces idées du point de vue diachronique et épistémologique. Le point intéressant que les études sur les ouvrages d’Avicenne ont connu durant ces 50 dernières années un grand essor par rapport au passé. De nombreux livres ont paru en Occident par différents chercheurs dont Gilson, à propos de l’influence d’Avicenne sur l’histoire de l’Occident car ils sont bien conscients que s’ils n’étudient pas les idées d’Avicenne, ils ne pourront pas bien connaître l’Occident. Dans ce sens, il faut évoquer Massignon qui a été très influent ainsi que les recherches de Nicholson, qui a traduit Molana Jalal al-Din, et pour cela il s’était vu obliger d’étudier la philosophie de l’Orient dont  celle d’Avicenne.

La culture iranienne, toujours d’après le professeur Mojtahedi, est profondément nouée à Avicenne et sa philosophie péripatéticienne, qui a également des aspects de la théosophie orientale ; l’initiation aux figures de proue de la philosophie iranienne dont Sohrawardi et Mirdamad qui étaient à l’époque safavide, le maître de Molla Sadra, et profondément chiites et comptaient parmi les philosophes « orientaux » de l’illumination matutinale de l’Orient des Lumières spirituelles, est redevable à l’Avicenne.   

 

 

 

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