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lundi, 06 octobre 2014 05:33

Rûzbehân, le fidèle de l’amour…

Rûzbehân, le fidèle de l’amour…

Tantôt elle est dans les pleurs, tantôt elle est dans les rires ; tantôt ardente de feu, tantôt vibrante de musique ; tantôt la substance même de l’argile humaine est consumée par le feu de l’amour, et tantôt le luth de prééternité accompagne la psalmodie. Tantôt dans l’ivresse mentale, tantôt dans la lucidité, tantôt abolie à soi-même. Tantôt dans l’angoisse, tantôt dans l’exultation ; tantôt dans la crainte, tantôt dans l’espoir ; tantôt dans la séparation, tantôt dans la réunion. Pas d’étape où faire halte, quand elle est séparée ; pas même de séjour à demeure, lors de la réunion. Voilà ce qui est exigé d’un Fidèle d’amour que Dieu mène en ce monde par les degrés de l’amour humain à l’ascension de l’amour divin ; parce que dans le jardin de l’amour, il ne s’agit que d’un seul et même amour, et parce ce que c’est dans le livre de l’amour humain qu’il faut apprendre à lire la règle de l’amour divin. »

 Ainsi parlait, ce qui fut le pendant à Sohrawardi, son contemporain septentrional, Rûzbehân, le grand mystique de Chiraz, de son exceptionnelle expérience, proche du destin de Halladj et de la vision de Dante, dans une prose lyrique d’une suprême beauté, de son ouvrage Le Jasmin des Fidèles de l’amour.

 

Rûzbehân Baqlî Chirazi  est l'une des plus remarquables figures du soufisme iranien au XIIe siècle, qui fut une période très féconde et décisive pour l'essor de la mystique musulmane.  Rûzbehân est contemporain d'Attâr, de Najm Kubrâ et de Sohrawardi.

Abû Mohammad Rûzbehân-i Baklî est né en 1128 à Fasâ (sud de  Chiraz) dans la lignée daylamite. Son nom signifie "jour heureux".

 

En vrai prophète, il dialogue avec les saints, les anges, les autres prophètes et Dieu.

Né en 1128 (522 de l'Hégire) à Fâsâ, son surnom, Baqlî (négociant en légumes), indique ses origines modestes (milieu rural de petits commerçants), dont sont issus nombre d'illustres figures du soufisme. Sa mystique est basée sur l'amour et l'enthousiasme et sa pratique sur le jeûne, la retraite et le dhikr. Très tôt, il décida d'abandonner son milieu d'origine pour se consacrer à la mystique.

 On dispose peu d'éléments biographiques sûrs, sinon qu'il se maria et eut trois enfants. Pour parfaire sa formation il voyagea beaucoup, mais on ignore ses destinations exactes. Il fonda une maison d'étude (khangâh) à Chiraz et exerça la charge de prédicateur à la grande mosquée. Il voua son existence à l'étude et à la méditation, et son œuvre de mystique visionnaire, toute pétrie de la spiritualité de Halladj, représente l'une des meilleures synthèses du soufisme classique persan. Rûzbehân avait un culte à la fois théologique et esthétique des deux aspects de la Divinité, selon l'immanence et la transcendance, à savoir les attributs de Beauté et de Majesté qui orientent toute spiritualité. Artiste et musicien raffiné, il était fervent adepte du samâ' (concert spirituel), dont il parle merveilleusement dans le Traité de l’Esprit saint.

Il mourut en 1209 (606 de l'Hégire), âgé de quatre-vingts ans. Son œuvre, qui comprend plus de vingt volumes, rédigés en arabe et en persan, concerne essentiellement trois domaines : l'exégèse spirituelle, la théologie dogmatique, la théologie mystique. Le Traité de l'Esprit saint, écrit en persan, est un long développement de la sentence chère à de nombreux soufis : « Dieu est beau, et il aime la Beauté ». C'est cette quête du sens de la beauté divine immanente aux êtres qui caractérise sans doute le mieux l'œuvre de Rûzbehân. L'ouvrage s'adresse tout particulièrement à l'« élite de l'élite », c'est-à-dire aux adeptes des plus nobles contemplations et de l'« unio mystica » la plus pure, l'unique souci de ces hommes.

 Le dévoilement des secrets est son journal spirituel ; L’ennuagement du cœur et Les éclosions de lumière sont deux écrits mystiques à la saveur unique, qui placent Rûzbehân parmi les plus grands représentants du soufisme iranien au XIIe siècle. Ces traités offrent de la sainteté une vision ordonnée, didactique, mais également vécue à travers une expérience poétique. L’existence, l'écriture de Rûzbehân forment la trame d'un motif de méditation de la parole du prophète : " en vérité il nuage sur mon cœur, et j'en demande pardon à Dieu soixante-dix fois par jour. " L'ennuagement du cœur  énumère les voiles qui masquent le parcours des stations, de l'itinéraire des états spirituels, et de l'émergence des lumières des attributs divins. Destiné aux " héros des esplanades de la magnificence ", Les éclosions de lumière présente la science des états et étapes, rangs et degrés de l'union spirituelle.

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