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lundi, 03 décembre 2012 09:15

L’Iran dans l’optique des philosophes français : Montesquieu et Voltaire (1)

 
La littérature persane occupait une place notoire chez les penseurs français des Lumières, en particulier Voltaire et Montesquieu, qui ont retracé une image fascinante de l’Iran à travers leurs œuvres. A leurs yeux, l’Iran incarnait dans l’esprit des autres nations à la fois la sagesse et la curiosité. Ceci étant, Montequieu fait de la "sagesse" persane un support d’une satire sociale profonde et la "curiosité" persane, qu’il tente d’imiter, est pour Voltaire une observation sincère qui puise dans la vérité et la vertu. L’axe principal de cette étude s’inscrit donc dans une littérature exotique à travers laquelle la beauté lointaine apparaît comme le pivot de toute inspiration philosophique et humanitaire. En ce sens, l’Iran en tant que pays phare de la culture et de la civilisation orientales devient le centre de toute anecdote morale. La "sagesse" et la "curiosité" sont deux des termes primordiaux à l’origine de la beauté exotique de l’Iran à laquelle s’attachent Voltaire et Montesquieu dans le cadre d’une quête philosophique. Ainsi, l’intérêt porté par des esprits curieux et ardents tels que Voltaire et Montesquieu, tentant de découvrir et d’idéaliser des traits caractéristiques d’une nation lointaine mérite d’être examiné.

 

Dans le domaine philosophique, l’Iran est ainsi étudié par deux grands philosophes qui ont abordé d’une manière originale les coutumes et les traditions iraniennes. Voltaire et Montesquieu se représentent l’Iran comme un pays où la notion de sagesse, de tolérance demeure le pivot de la pensée philosophique de leur temps. Les Lettres Persanes de Montesquieu ouvrent la voie de la connaissance par un regard lucide qui s’allie à la curiosité de l’esprit : "Tout m’intéresse, tout m’étonne.", écrit Usbek. Quant à Voltaire, son héros du Zadig ou la destinée devient, d’aventure en aventure, un véritable « sage ». Tout au long de l’histoire, on aperçoit que la lutte inévitable des deux rivaux, la « bassesse » et la « sagesse » forme la trame de la philosophie humaine.

Grâce à son courage, Zadig s’impose et grâce à sa curiosité, devient l’éducateur de son temps. Dans Zadig, Voltaire montre que malgré les contraintes de la vie, le destin de l’homme dépend de sa sagacité et de son honnêteté. Voltaire est sûrement le mieux renseigné en ce qui concerne l’Iran. C’est par lui surtout que l’image d’un l’Iran philosophique et humain prend sa place initiale au sein de la littérature occidentale. En outre, Voltaire s’intéresse à la culture et à la littérature iraniennes et c’est par la lecture des principaux voyageurs notamment Chardin qu’il découvre et étudie, de manière relativement profonde, le zoroastrisme et l’histoire iranienne, en particulier lors de la composition de son Essai sur les mœurs.

La sympathie de Voltaire ne se porte pas vers l’Iran uniquement pour ses philosophes, mais aussi et bien plus pour le culte de sociabilité de ce peuple et la passion des dialogues. C’est via la conversation que Voltaire s’enrichit en littérature iranienne. Dans cette perspective, Voltaire admire les poètes iraniens et va même jusqu’à puiser dans l’œuvre de Saadi, dans l’élaboration de sa doctrine pour un meilleur équilibre social, basé sur la justice et la fraternité. C’est pourquoi il existe une analogie certaine entre les conceptions égalitaires des poètes et des moralistes iraniens et celles d’un grand nombre de philosophes français du XVIIIe siècle. Dans son Golestân, Saadi consacre un chapitre à la conduite des rois. Il ne cesse de les interpeller sur leurs actes et de les appeler à la justice sociale et à l’unisson morale avec le peuple. Voltaire suit la même ligne et, tout en étant optimiste, il ne souhaite pas une réforme anticipée de l’ordre social.

A suivre…

 

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