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lundi, 01 août 2011 11:27

La philosophie islamique (1)

La philosophie islamique (1)
Le Coran et les hadiths : les deux sources d’inspiration de la philosophie islamique (1) par : Seyyed Hossein Nasr

Si nous évaluons la philosophie islamique par les critères de la tradition du rationalisme occidental, nous verrons en la philosophie islamique une version arabisée de la philosophie grecque de l’école d’Alexandrie.

De ce point de vue, la philosophie islamique aurait servi de relais, pour la transmission des éléments spécifiques et significatifs de l’héritage de l’Antiquité à la civilisation occidentale du Moyen-âge. Mais si nous examinons la philosophie islamique, par les critères qui sont les siens, à la lumière des traditions philosophiques de l’Islam, nous finirons par admettre que la philosophie islamique est toujours vivante, à l’époque contemporaine, et qu’elle poursuit ses évolutions, qui ont commencé, il y a douze siècles. Par ailleurs, cela nous apprendra que la philosophie islamique puise ses sources profondes, dans le Coran et les hadiths, de toutes les connaissances islamiques.

La philosophie islamique est, donc, essentiellement islamique, non seulement, à cause de son évolution, sur la terre de l’Islam, et par les penseurs musulmans, mais aussi, en raison de son appui sur les principes de la religion musulmane et des sources de la révélation, et le choix de la plupart de ses thèmes majeurs.

 

L’environnement musulman et son impact sur l’évolution de la philosophie

Tous les grands penseurs musulmans, d’Al-Kindi à l’Allameh Tabâtabâï, vécurent, dans un environnement musulman, dominé, par les enseignements du Coran et de la Sunna (tradition qui rapporte les paroles et les actions du Prophète). Ils vécurent dans des sociétés où la Charia (loi religieuse) gérait la vie individuelle et sociale des Musulmans. Dès l’âge de puberté, ils se tournaient, chaque jour, vers la Kaaba, pour faire leurs prières quotidiennes. Les philosophes musulmans les plus célèbres de la civilisation, comme Avicenne ou Averroès, exprimaient, d’ailleurs, un intérêt conscient et responsable, à l’égard de l’Islam. En effet, ils se défendaient, vigoureusement, contre les critiques ou les attaques qui visaient leur foi. Avicenne se rendait, souvent, à la mosquée, pour y prier, chaque fois qu’il affrontait un problème, dans ses études scientifiques ou philosophiques. Averroès était le grand juge de Cordoue. Il fut, donc, une référence de la loi de la Charia, bien que, plus tard, les penseurs européens l’aient considéré comme un pionnier de la révolte de la raison contre la foi. La présence réelle du Coran et de la parole révélée par Dieu à Son messager, dans la pensée musulmane, est à l’origine d’une évolution toute particulière de la philosophie islamique, qui peut être qualifiée, à juste titre, de «philosophie prophétique».

 

Efforts, pour coordonner la raison et la révélation

La vérité pure qu’est le Coran est la parole divine révélée, d’une manière compréhensible, pour l’homme, et elle devient le sujet d’études des penseurs, qui ont fini par fonder des écoles philosophiques, au sein du monde musulman. Dans cette philosophie, le livre révélé est devenu, naturellement, la source suprême de la connaissance. Autrement dit, aux yeux des philosophes musulmans, le Coran n’était pas, seulement, la source de la loi supérieure de la religion, mais aussi, celle de la connaissance de la vraie nature de l’être, voire, la vraie nature de l’existence. En effet, pour les penseurs qui s’efforçaient de connaître la vérités des phénomènes, la connaissance prophétique liée à la source de la révélation resta la source la plus importante de la connaissance. Comment les mécanismes conventionnels de la connaissance humaine se sont-ils, si extraordinairement, associés à la connaissance révélée ? Comment la raison humaine s’est-elle liée à la lumière de la révélation ? Pour répondre à ces questions, il suffirait peut-être de jeter un regard sur les ouvrages des philosophes musulmans, qui avaient accepté, unanimement, que la révélation soit la source de la connaissance. C’est la raison pour laquelle l’exégèse et le commentaire du texte sacré sont restés, jusqu’à nos jours, les principaux axes de la pensée philosophique de l’Islam.

La vérité de la révélation, en Islam, et ses impacts, ont fait, complètement, évoluer le mode de la pensée philosophique des philosophes musulmans. Par conséquent, pour les philosophes musulmans, l’intelligence spéculative n’est pas celle d’Aristote, bien que le lexique de la philosophie aristotélicienne soit traduit et utilisé, couramment, en arabe. En réalité, l’intelligence spéculative est le mécanisme commun de toutes les activités philosophiques, dans le domaine de l’ontologie, mais les penseurs des premiers siècles de la civilisation musulmane surent l’islamiser très habilement. La compréhension de ce processus d’islamisation de la philosophie grecque n’est, parfois, possible qu’au travers d’une analyse très minutieuse des termes et des expressions techniques utilisés par les philosophes musulmans.

 

(A suivre)

 

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