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lundi, 07 avril 2014 05:21

Guen Ichi Tsuké : mon tar est plus heureux en Iran

Sont rares ceux les amateurs de la musique persane et mêmes les étudiants de la musique iranienne, qui savent pourquoi et quand la Faculté de la musique a été lancée à l’Université de Téhéran. Mais Guen Ichi Tsuké, le musicologue japonais est le mieux placé pour savoir pourquoi et quand cette faculté a été ouverte ; un point encore plus extraordinaire à propos de ce musicologue : à un moment où la République d’Azerbaïdjan a fait inscrire en son nom le tar iranien au Patrimoine culturel du  monde, M. Guen Ichi Tsuké a offert son précieux tar à cinq cordes au musée de la musique d’Iran. Pendant les vacances de Nowrouz (Nouvel An iranien), M. Guen Ichi Tsuké s’est rendu en Iran en vue de compléter ses recherches sur la musique persane. Ce qui a offert une occasion pour un entretien avec ce musicologue toujours souriant.


* Quand vous vous êtes rendu pour la première fois en Iran et dans quelles circonstances vous avez appris la musique iranienne ?

-Il fait plus de cinquante ans, que je me suis rendu pour la première fois en Iran pour apprendre la langue persane et la musique traditionnelle iranienne. A cette époque-là l’Université de Téhéran n’avait pas de faculté de musique. Ce fut en 1964 que la discipline de la musique a été lancée par le professeur Barkeshli à la Faculté des Beaux-arts de l’Université de Téhéran pour moi et j’étais son unique étudiant.

*Cela ne vous a pas paru étrange qu’en Iran, on fonde la Faculté de la musique pour une seule personne ?

-C’était étrange mais j’étais très heureux que la Faculté de la musique soit lancée en Iran pour moi. Bien entendu, le professeur Barkeshli était d’avis que cette faculté devrait être lancée en Iran pour des études académiques sur la musicologie. En1965, une vingtaine d’étudiants iraniens ont commencé leurs études à la faculté de la musique, ce qui me rendit très content. En cette année j'ai appris le radif de la musique persane chez le professeur Nour Ali Khan Boroumand. En Turquie aussi, il n’y avait pas de Faculté de la musique et c’était au conservatoire que l’on suivait les cours de la musique ; je pense que la faculté de la musique a été lancée en 1975 en Turquie.

*Combien de temps vous avez suivi des cours à la Faculté de la musique à l’Université de Téhéran.

-Je suis venu en 1964 en Iran et en 1966 je me suis rendu aux Etats-Unis pour le doctorat.

*Quelle était votre motivation pour vous initier à la musique persane ?

-Je suis musicologue, j’étudie non seulement la musique de différents pays mais aussi la musique dans le monde entier. J’ai surtout étudié la musique en Asie et en particulier la musique de l’aire géographique de la Route de la Soie. A l’Ecole supérieure de la musique nationale en Iran j’ai appris le tar chez le maestro Zarrinpanjeh. Le maestro me proposa un temps d’acheter le tar d’un de ses amis qui avait décédé. Ce tar à cinq cordes coûtait à l’époque trois mille tomans, une somme énorme qui valait la bourse que j’avais obtenue de l’Université. Ce tar était fabriqué par le maître Farajollah au XIXe siècle ; il avait plus de cent ans. J’étais très heureux d’avoir ce tar si rare ; à l’époque un tar à cinq cordes était très rare. Rouhollah Khaleqi raconte dans son ouvrage « L’histoire de la musique persane » que le tar persan avait cinq cordes jusqu’à l’époque qajare ; le célèbre musicien Darvish Khan ajouta à une sixième corde au tar iranien, autrement dit tous les tars à cinq cordes ont eu une sixième corde, même les anciens. Le son produit par le tar à six cordes est plus volumineux ; les Iraniens préfèrent le son de ce tar, quant à moi je préfère le tar à cinq cordes non pas pour son aspect acoustique mais pour son ancienneté. J’ai donc emporté mon tar au Japon ; mais ce tar n’était pas heureux au Japon, car les Japonais ne sont pas conscients de sa valeur. Lorsque je me suis rendu en Iran, il y a quatre mois, pour une intervention à l’Académie de l’Art à l’Université de l’Art, j’ai eu l’occasion de visiter le musée de la musique de Téhéran ; je n’y ai rencontré aucun tar à cinq cordes, tous les tars conservés au musée étaient à six cordes ; c’était dommage que le musée de musique de l’Iran n’ait pas dans ses vitrines un tar à cinq cordes ; ce qui m’a poussé à offrir mon tar au musée. 

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