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lundi, 10 février 2014 09:17

Stephen Warbeck parle de la résurrection

Stephen Warbeck parle de la résurrection

Le compositeur britannique de musique de film, Stephen Warbeck, parle de son œuvre, le musique du film La résurrection, le dernier long métrage du cinéaste iranien, Ahmad Reza Darvish, un film qui est projeté sur le grand écran du 32e Festival international du Film de Fajr à Téhéran. Stephen Warbeck qui se trouve justement à Téhéran à l’occasion de la projection de La résurrection a eu un entretien avec le journaliste de FarsNews :

FarsNews : Si vous nous racontez comment vous êtes devenu le compositeur de la musique de La résurrection.

Stephen Warbeck : Ce fut par l’intermédiaire de Tariq Anwar le monteur de ce film que je fus choisi pour composer la musique du film La résurrection ; j’avais déjà travaillé avec Anwar dans d’autres projets. Anwar et Darvish avaient décidé,  lors de leurs consultations à propos du compositeur, de me proposer ce projet. J’ai lu le scénario, je me suis aperçu qu’il s’agissait d’un film grandiose et épique. J’ai ensuite rencontré M. Darvish qui me montra une demi-heure du film. Après avoir vu les images du film et rencontré le cinéaste, en tant que compositeur, j’ai décidé d’accepter le projet.

F. : Quel a été votre première impression après avoir vu le film ?

S. W. : Au début, en lisant le scénario je n’ai eu aucune communication au niveau du sentiment ; j’ai plutôt pensé que le scénario est intéressant et très palpitant. Or, lorsque j’ai vu le film j’ai établi une très puissante communication affective avec.

F. : Comme vous le savez d’ailleurs, le film est basé sur un événement réel ; avez-vous déjà entendu parler de l’histoire du film ?

S. W. : Je l’avais déjà entendu mais je l’avais oublié. Cette histoire me rappelle les récits épiques de la Grèce ancienne.

F. : Avec lequel des personnages vous avez pu communiquer le plus ?

S. W. : Boker, le fils de Hor, qui est dans l’armée de Yazid et qui est le message de son armée. Il a été chargé par Yazid de négocier avec l’Imam Hossein et le vénéré Abbas. Lors de ces entretiens, il a connu au fur et à mesure la grande personnalité de l’Imam Hossein et a été marqué par sa foi. A la fin, Boker changea de position, il se rendit chez l’Imam et sa famille et refusa de combattre l’Imam Hossein. Boker se trouve hors de l’événement et vous pouvez voir dans ses yeux, l’Imam Hossein ; c’est pour cette raison que j’ai pu communiquer avec ce personnage dans le film.

F. : Nombreux sont les chercheurs occidentaux qui, lors de leurs recherches sur le chiisme, sont marqués par la personnalité du vénéré Abbas ; quelle en est la raison, à votre avis ?

S. W. : L’attrait de la personnalité du vénéré Abbas pour moi réside dans son dévouement, se sacrifiant pour des femmes et des enfants. Ce qui le rend attrayant c’est qu’il ne se sacrifie pas pour obtenir de la gloire ou d’être connu, c’est ce que tout le monde peut comprendre et saisir.

F. : Laquelle séquence du film vous a marqué le plus ?

S.W. : Deux séquences m’ont profondément touché : la séquence où le vénéré Abbas se trouve près de la rivière tandis que le ciel se reflète dans l’eau. Alors que le vénéré Abbas est conscient qu’il sera tué, il fait un geste plein d’espoir. Une autre séquence est celle où le messager de Yazid, Boker qui a rejoint l’Imam Hossein et ses compagnons, est blessé, il se trouve sur le champ de bataille et est témoin comment la famille de l’Imam Hossein est massacrée.

F. : Quel genre de musique vous avez choisi pour ce film ? Tenant compte de l’ambiance épique du film, vous avez opté pour un grand orchestre ?

 S.W. : Ce que M. Darvish évoque dans ce film, ne se limite pas aux seuls Iraniens ; le premier pas donc à franchir dans la composition de la musique de ce film était de m’initier davantage à l’histoire du film. L’événement qui survient dans le film, comprend une géographie très vaste qui embrasse de nombreux pays ; l’islam est une grande religion ; je dois donc travailler dans le genre de grand orchestre. Après avoir consulté M. Darvish, j’ai décidé d’employer des instruments de musique qui tout en véhiculant ce sentiment, transfèrent également les conditions géographiques propres à cette région. J’ai donc opté pour le tombak, le kamantcheh, le duduk, le ney et le luth ; j’ai employé ces instruments dans le cadre de l’orchestre symphonique ; l’ambiance de l’histoire est très vaste ; le ciel et la terre sont immenses ; par conséquent il faut que la musique soit aussi immense pour compléter l’histoire.

F. : Autrement dit c’est une fusion de genres musicaux ?

S.W. : Non, la musique de ce film n’est de fusion. Il se pourrait que les instruments de musique iraniens et occidentaux soient les uns aux côtés des autres mais cela n’a pas changé la structure générale de la musique. Par exemple, lorsque j’emploie le duduk ou la clarinette turque c’était pour obtenir en quelques sortes, de ces instruments, la voix humaine et je n’avais pas l’intention de fusion.

F. : Pour composer la musique ce film vous deviez donc avoir connaître la musique orientale ?

S.W. : Absolument. Pour composer une musique de film il faut savoir de nombreuses choses. J’ai composé de la musique pour un film indien ; je devais donc avoir une connaissance parfaite de ce genre de musique ; j’ai aussi composé pour un film espagnol, pour avoir une meilleure performance, je devais maîtriser cette musique. Par conséquent, avec chaque nouvelle musique de film, il faut apprendre de nouvelles choses. Cependant j’y mets aussi un peu de moi-même.

F. : Vous croyez que la musique de ce film pourra communiquer avec le public non-iranien ?

S.W. : J’espère que cette musique saura communiquer avec tout un chacun là qu’il soit. Il y aura pourtant des gens qui diraient que c’est très moyen-orientale ou très européenne. Lorsque la musique est écrite, les notes sont mises les unes près des autres, elle devra rencontrer sincèrement le film.

F. : Vous avez travaillé avec de nombreux cinéastes ; comment avez-vous trouvé M. Darvish ?

S.W. : Chaque cinéaste a ses propres caractéristiques ; et il se distingue des autres ; j’ai travaillé par exemple avec un cinéaste français qui maîtrisait bien son travail mais il était totalement différent de M. Darvish ; il était toujours stressé, et nous communiqué son stress. Darvish communiquait toujours de l’énergie positive ; son regard positif me permettait de mieux travailler ; son attitude vis-à-vis de moi était comme nous avions entamé ensemble un voyage.

F. : Aviez-vous avant ce projet, une conception du cinéma iranien ?

S.W. : Effectivement non. J’avais vu dans le passé quelques films iraniens mais je ne m’en souviens pas du tout.

F. : Quand vous rentrez en votre pays, que diriez-vous à vos enfants à propos d’Iran ?

S.W. : Je leur dirai : pourvu qu’on aille ensemble en Iran. Mais c’est un projet un peu difficile ; car il nous faut six billets et six visas.

F. : Avez-vous un souvenir de ce voyage pour le raconter à votre famille ?

S.W. : La plus importante chose qui m’est restée dans l’esprit c’est l’effet que ma musique a eu sur M. Darvish ; il en a été très touché. Quant à propos de mon voyage en Iran et la rencontre avec les Iraniens, je parlerai certes de leur accueil sincère et amicale.

La musique de film de La résurrection a remporté le Simorq de cristal de la meilleure musique de film du 32e Festival international du Film de Fajr.

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