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lundi, 03 février 2014 06:58

Festival de Fajr : ‘’Les amoureux tombent debout’’

Le journaliste de l’Agence Mehr a eu un entretien avec le cinéaste  Shahram Maslakhi, dont le premier long métrage, Les amoureux tombent debout a été projeté sur le grand écran de la salle de la tour Milad dans la section « Regard neuf » du premier jour du 32e Festival international du Film de Fajr.

Les amoureux tombent debout est un récit différent du cinéma de la guerre où tantôt l’ennemi devient  plus proche que le frère, tantôt le frère semble plus éloigné que l’ennemi. Au fil des événements qui rapprochent deux soldats iranien et irakien, le film passe en revue les impacts de la guerre sur la vie de l’ennemi. Le cinéaste estime son œuvre, une lecture libre d’une histoire vraie.

Mehrnews : comment vous avez trouvé un tel thème pour votre premier long métrage ?

Shahram Maslakhi : le thème principal du film est une lecture de la réalité. Il y a quelque temps je me suis rendu au Kurdistan irakien pour régler une affaire. Au début du voyage, sur la frontière irano-irakienne, au check point un soldat irakien me demanda des nouvelles d’un Iranien ; je lui ai dit comment il se fait qu’il le connaisse. Le soldat irakien m’a répondu qu’à l’époque de la guerre, lors d’une opération tous les effectifs des deux parties ont été tués, sauf lui-même et un Iranien qui se sont accrochés ; ce fut à ce moment-là que le soldat iranien tomba sur une mine ; le soldat irakien raconte qu’il a jeté son arme et a volé à son secours ; à présent je voudrais savoir comment il va.

M : Nous sommes donc le spectateur d’un film de guerre ?

S. M. : Les amoureux tombent debout est un récit vrai mais différent de la guerre. Il se pourrait que jusqu’à présent nous n’ayons vu sur le grand écran de la Défense sacrée que le front iranien et nos héros ; or dans ce film nous entrons pour la première fois dans le front de l’autre, le front de l’ennemi. On ne peut pas classifier ce long métrage dans le genre du cinéma de la guerre, car il n’y a qu’une seule séquence de bataille, c’est-à-dire la séquence initiale ; le film commence des années après la guerre ; un journaliste voit par hasard dans les images sur l’Irak, diffusées dans le journal de la télé ; il décide de le chercher. Il se rend donc au Kurdistan irakien et là il vit le quotidien des Irakiens ainsi que de nouveaux événements.

M : Quel est le motif qui vous a décidé de tourner votre premier long métrage sur la guerre mais avec un regard différent envers ce qui a été réalisé jusqu’ici de la guerre Iran-Irak ?

S. M. : J’ai déjà réalisé un film Les nids brûlés avait pour thème la guerre, qui a été projeté, il y a deux ans, au Festival de la Défense sacrée et a obtenu de nombreux prix dont le meilleur acteur ; par conséquent Les amoureux tombent debout n’est pas donc ma première expérience dans le cinéma de la guerre.

Le Kurdistan irakien et les guerres qui ont eu lieu me sont une nostalgie, car mon père était originaire du Kurdistan irakien ; l’événement que le soldat irakien me raconta sur la frontière était assez marquant pour pouvoir être le thème d’un long métrage qui aurait un regard différent de la guerre.

Au début cela m’était difficile de choisir un tel sujet, mais l’histoire me hantait ; le film raconte comment nous sommes tous des humains ; de sorte que, dans les conditions les plus difficiles même deux ennemis, parlant deux langues différentes et s’affrontant avec haine, il y a des moments où les hommes  préfèrent les sentiments humains à tout et se détachent de tout pour aider les uns les autres. J’insiste encore une fois, ce film n’est du genre du cinéma de guerre, j’espère qu’on lui accorde plutôt un regard humain.

M : Quel était votre critère pour le casting ?

S. M. : J’avais d’autres choix pour le casting mais aucun n’a abouti ;  les actuels acteurs comptent  pourtant parmi les meilleurs. Ils ont une interprétation naturelle et bonne de leur rôle.

M : Pourquoi avoir choisi un journaliste comme protagoniste ?

S. M. : J’ai choisi un journaliste comme protagoniste car je voulais que les événements du film soient croyables et acceptables aux yeux de l’interlocuteur. Dans des conditions où l’Irak était en guerre et ses conditions étaient chaotiques, seuls les journalistes pouvaient franchir facilement les frontières ; en fait, le protagoniste sera aux prises avec des événements que seul un journaliste sera en mesure de régler ; d’autre part j’adore le journalisme, si je n’étais pas un cinéaste, je serais certainement un journaliste.

 

 

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