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mercredi, 04 décembre 2013 08:23

Ces mères qui attendent…

Ces mères qui attendent…

Le récit des mères des martyrs de la guerre imposée, relaté par une photographe. Fatemeh Behboudi, journaliste-photographe iranienne, est entrée sur la scène internationale, il y a quelques temps, avec sa collection de photos « Ces mères qui attendent », concernant les mères des martyrs portés disparus. Elle a déjà à son actif les collections de photos intitulées « les rituels traditionnels », « la vie après le choc » avec pour thème le séisme à Boushehr et à Tabriz, « la vie un hôpital pour enfant », « cette ville sente le poudre » avec pour thème Khorramshahr.

Dans un entretien avec l’Agence de presse Fars, Fatemeh Behboudi, décrit le processus de la réalisation de sa collection de photos « Ces mères qui attendent… »

Fars : Quel était votre objectif par ces photos consacrées aux mères des martyrs portés disparus ?

F. Behboudi : Il y a quelques années j’ai participé aux funérailles des martyrs inconnus pour prendre des photos. C’est là que j’ai vu des mères qui cherchaient leurs fils tombés en martyre. Elles participaient avec une grande émotion aux funérailles des martyrs ; je me suis toujours interrogée pourquoi elles participaient à ces cérémonies de funérailles comme si c’était la première fois ? J’ai réfléchi toute une année sur ce projet de photographie consacré aux mères de martyrs portés disparus. Et cela jusqu’à ce que, grâce à Dieu, j’ai pu obtenir cette année mon premier succès international en participant au World Press Photo avec le projet « Espoir ». Cela me donna plus de motivation pour présenter à l’échelle internationale le projet des « mères qui attendent… ».

F. : Depuis quand vous avez entamé le projet des martyrs portés disparus ?

F.B. : Je l’ai commencé en juin dernier. D’après les chiffres établis, la province de Téhéran avec 30 mille martyrs a le bilan le plus élevé de martyrs, tués au cours de la guerre imposée. J’ai donc mené des recherches à Téhéran en quête des mères des martyrs portés disparus. Or étant donné que des documentaristes avaient déjà travaillé sur ce sujet à Téhéran, le projet perdait son aspect inédit ; je voulais prendre des photos de ces mères dans leur quotidien et de leur sentiment véridique. J’ai donc continué mon travail hors de Téhéran. Je me suis donc rendue dans les villes et les villages de Mazandéran, d’Ilam et de Gorgan ainsi qu’à Kashan et à Varamin. Grâce à Dieu, j’ai pu suivre de près le quotidien des mères des martyrs. En travaillant sur ce projet, j’ai découvert le récit immense de ces personnes, un récit resté méconnu des caméras, des appareils de photographies, et des documentaires. De ces mères dont les fils sont tombés en martyre il y a 30 ans, mais les années n’ont pas réussi à faire perdre même d’une once leur douleur et leur peine. L’être humain m’a toujours été sacré, chaque individu porte en soi l’existence divine, et les mères ont su si bien préserver ce sentiment ; en me rapprochant de chacune de ces mères, je me sentais plus consciente des questions de mon environnement.

F. : Quelles sont les circonstances qui ont mené à faire exposer vos photos à l’échelle internationale ?

F. B. : Lorsque je me suis rendue aux Pays-Bas, j’ai présenté ce projet qui a beaucoup intéressé les gens. J’étais inquiète que ce projet – ces mères qui attendent… - ne soit pas accueilli à l’échelle mondiale, car il s’agissait d’un projet concernant la guerre imposée et on connait l’attitude de l’Occident vis-à-vis de cette guerre ; mais j’avais foi en ce projet, ce qui a fait que ce projet soit exposé.

F. : Comment ces photos ont été accueillies aux Pays-Bas ?

F. B. : Au début, il n’y a pas eu un grand succès ; mais lorsque j’ai raconté l’histoire de ces mères, tout le monde a dit que l’histoire est bonne ; j’ai donc présenté de nouvelles photos et j’ai travaillé de nouveau sur ces photos ; ce qui a assuré le succès du projet.

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