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mercredi, 21 septembre 2011 06:13

Entretien avec Charles-Henri de Fouchécour

Comptant parmi les plus éminents spécialistes européens de la langue et de la littérature persane classique, Charles-Henri de Fouchécour a enseigné à l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales (INALCO) et est, actuellement, professeur émérite, à Paris-III-Sorbonne Nouvelle. On lui est aussi redevable de la traduction intégrale du Divan de Hafez de Chiraz.

C'est le thème principal de cet entretien :

Revue de Téhéran: Pour commencer, pourriez-vous nous dire quelles sont, à votre avis, les principales sources qui auraient pu inspirer les œuvres de Hâfez ?

Ch.-H. de Fouchécour: A mon avis, les œuvres de ’Attâr pourraient bien être l’une des sources de Hâfez. J’étudie actuellement ses œuvres et sa pensée et j’y retrouve certaines des influences que l’on remarque chez Hâfez. Je pense également que Nezâmi a inspiré Hâfez.

R: Que pensez-vous du rapport entre la raison, la foi et l’amour chez Hâfez ?

F: J’ai récemment approfondi mes recherches sur Hâfez et je suis arrivé au résultat suivant : dans sa pensée, l’amour est si important qu’il tire, après lui, la raison et la foi. Il les éclipse. Ainsi, l’amour est l’un des traits de l’être humain qui éclipse la raison et la foi.



R: Dans quelle mesure la pluralité de sens des poèmes de Hâfez peut aider le lecteur à découvrir des horizons sémantiques différents ?

F: Chaque persanophone peut consulter le sort, à travers le recueil de poèmes de Hâfez, et recevoir la réponse qu’il attendait dans les vers de son Divân, qu’il pourra interpréter de façon très personnelle. Cependant, l’ambiguïté et la pluralité de sens des poèmes de Hâfez ne va pas jusqu’à permettre n’importe quel décodage. Derrière tous les vers de Hâfez, il y a une structure identique qui persiste.

R: Quelle est cette structure selon vous ?

F: Le noyau original de la pensée de Hâfez repose sur cette idée qu’aux premiers temps de l’être, un pacte a été conclu entre l’homme et l’Aimé (yâr) ; l’homme a répondu à Dieu : "J’accepte que tu sois mon Ami et mon Bien-Aimé". Par conséquent, l’homme doit respecter cet accord et vivre, selon ce pacte. Ensuite, après sa mort, il rendra sa vie à l’Ami. Quoi qu’il en soit, le Divân de Hâfez n’est pas très long, pourtant, ses écrits sont tellement denses que personne ne peut prétendre avoir compris toute l’amplitude et la profondeur de sa pensée.

R: Quel accueil fait-on, actuellement, à l’œuvre de Hâfez, en France, et comment voyez-vous l’avenir des recherches et des études hâféziennes, dans ce pays ?

F: Il est encore trop tôt pour répondre. La traduction française du Divân de Hâfez vient à peine d’être publiée, donc, je ne peux pas en juger. Les exemplaires de la première édition de cette traduction sont presque épuisés; il semble, dès lors, avoir été très bien accueilli. Cependant, il faut dire qu’en général, les Français préfèrent Sa’adi à Hâfez. Hâfez est difficile, pour les Français, tandis qu’en Allemagne, c’est le contraire : les Allemands s’intéressent davantage à Hâfez.

R: Merci beaucoup de nous avoir accordé votre temps.

F:Je vous remercie également.

(source Revue de Téhéran)

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