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samedi, 20 décembre 2014 06:02

Le persan, la clé de la culture iranienne

Quelle est l’origine de la langue persane, quelles sont ses caractéristiques ?

« Demeure de l’être »,  pour reprendre l’expression de Heidegger, la langue est le berceau de l’histoire, sans elle l’homme n’aurait pas d’histoire. Selon le concept heideggérien, langue et culture se complètent l’une et l’autre. Vieille de plusieurs millénaires, la langue persane a vu le jour dans le berceau de la civilisation, sur le plateau iranien et la clé du thesaurus de la culture, de l’éthique et de l’histoire du monde. Les subtilités syntaxiques et la finesse littéraire, qui véhiculent en filigrane une culture riche et un savoir profond, ont fait du persan une langue vivante et dynamique, en perpétuel renouveau. Doux et mélodieux, les mots coulent, caressant l’oreille de leur musicalité suave.

Où l’on parle le persan, on est détenteur d’une culture brillante qui ne cesse de s’embellir, de s’enrichir. L’exemple manifeste se trouve dans les cultures asiatiques qui ont été marquées, d’une manière ou autre, de la langue et de la littérature persane. Le persan ne se confine pas au seul Iran. De l’Asie centrale au  Caucase et en Asie mineure, en passant par le sous-continent indien, le persan occupe dûment une place prépondérante sur les scènes culturelles. Et pour l’heure, il est la langue officielle de trois pays dont l’Iran, bien entendu, l’Afghanistan et le Tadjikistan. Le persan est aussi présent au Pakistan, en Inde, en Irak, dans certains pays du littoral sud du golfe Persique.

La riche littérature que véhicule le persan, est incontournable dans l’identité culturelle de l’Iran islamique. La poésie persane occupe une place de choix dans le patrimoine culturel mondiale, elle s’est consacrée des plus belles pages de ce livre monumental. Une grande partie des études d’iranologie concerne le persan et prouve comment au fil des siècles,  cette langue malléable et dynamique, tel le sphinx renaît de ses cendres,  resplendissante et fraîche ; ce qui est, selon les linguistes,  le facteur majeur de la survivance d’une langue. Le persan assimile les éléments  des autres langues tout les marquant à son tour. Il alimente en termes et syntaxe, l’urdu et le turc. On ne peut pas nier son influence sur l’arabe et les langues européennes dont le français, l’anglais et le russe.

Au niveau national, le persan est ce maillon qui relie cette chaîne de diversité culturelle qu’est la mosaïque iranienne, il se pose en identité des Iraniens ; et  n’oublions pas qu’à l’échelle internationale, elle vient juste après l’arabe, étant la deuxième langue parlée dans le monde de l’Islam. elle véhicule le summum intellectuel et spirituel des valeurs islamiques, de l’est à l’ouest, depuis la Chine jusqu’en Mésopotamie, du nord au sud, du bassin caspien jusqu’au littoral du golfe persique. En feuilletant les annales de l’histoire, on retrouve le persan pour de longs siècles aussi bien dans le sous-continent où il était la langue officielle et de la Cour, qu’en Irak, en Azerbaïdjan jusqu’aux frontières de Byzance et l’Asie mineure.

Le persan véhicule une partie importante du thesaurus mondial. Il a assuré la pérennité de larges segments de l’héritage humain qui comprend un large éventail de la pensée de l’homme, dont la philosophie, la religion, la science, l’éthique, la gnose et la politique. Sans le persan, il serait difficile d’avoir une juste conception de tout ce que les Anciens, dont Hafez, Molana Jalal al-Din, Attar, Saadi, ou Ferdowsi nous ont transmis à travers leurs œuvres. En dernier mot, il serait injuste de parler de la langue persane sans mentionner Ferdowsi. En fait, qui dit persan, dit Ferdowsi. Il va donc de notre devoir de l’évoquer et tout ce que le persan doit à l’auteur du Shâh-Nâme, ce dont le chantre de la poésie épique persane résume en ces quelques vers. Nous nous contenterons donc de vous les rappeler. Ce qui nous permettra aussi de clore ce chapitre.

J’ai tant souffert ces trente ans durant

J’ai fait revivre l’Iran par ce persan

De la poésie j’ai jeté les bases d’un monument

Epargné de la pluie et du vent

Je ne connaîtrai jamais la mort

Puisque j’ai cultivé la semence de la parole

 

 

 

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